Dernier jour de campagne en Grande-Bretagne

Plus de 45 millions de Britanniques sont appelés aux urnes jeudi pour des... (PHOTO NEIL HALL, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

PHOTO NEIL HALL, ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jessica BERTHEREAU, Jacques KLOPP
Agence France-Presse
LONDRES

Plus de 45 millions de Britanniques sont appelés aux urnes jeudi pour des élections législatives terriblement indécises et susceptibles de façonner l'avenir même du Royaume-Uni, entre sortie de l'Union européenne et perte de l'Écosse.

La campagne a été frileuse et sans éclat, mais le suspense est total, alors que le pays doit choisir entre le conservateur David Cameron, qui brigue un second mandat, et son challenger travailliste Ed Miliband pour conduire le gouvernement les cinq prochaines années.

Dessinant des courbes désespérément plates depuis des mois, les sondages prévoient des résultats tellement serrés qu'il faudra sans doute attendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour connaître le vainqueur et la composition du nouveau gouvernement.

«Je n'ai pas la moindre idée de qui sera premier ministre dans un mois. Aucun sondeur, aucun devin politique ne peut prédire ce qui va se passer jeudi», résume Peter Kellner, le président de l'Institut YouGov.

Mercredi, lors des dernières heures de campagne, plus de 3900 candidats dans 650 circonscriptions se sont livrés à une surenchère de déclarations, insistant sur les conséquences du scrutin.

Si les Conservateurs l'emportent, ils organiseront un référendum sur le maintien ou non du pays dans l'Union européenne (UE) tandis que la victoire annoncée des nationalistes écossais du SNP dans la région septentrionale pourrait les encourager à revendiquer à terme un nouveau référendum d'indépendance, après le rendez-vous manqué de septembre.

«Les Britanniques prennent la décision la plus importante d'une génération», a martelé M. Cameron mercredi, en campagne dans le nord de l'Angleterre et en Écosse.

«Vous prenez la décision politique la plus importante de votre vie», a quant à lui dramatisé Nick Clegg, le leader des Libéraux-démocrates qui ont gouverné en coalition avec les Tories ces cinq dernières années.

«Je suis optimiste, je sais que les gens vont faire le bon choix», a souligné de son côté le leader travailliste Ed Miliband.

Les 50 000 bureaux de vote à travers le pays, dont certains sont installés dans des pubs, sur un terrain de football ou dans une église, seront ouverts de 7 h (2 h au Québec) à 22 h (17h au Québec), heure à laquelle un sondage de sortie des urnes sera disponible.

Le SNP et les Lib-Dems en arbitres

Les premiers résultats sont attendus aux alentours de minuit, notamment en Écosse et à Londres. Dans le reste du pays, la tenue en parallèle d'élections locales ralentira le dépouillement et il faudra sans doute attendre vendredi après-midi pour avoir le résultat définitif.

Celui-ci devrait confirmer l'éclatement croissant du paysage politique britannique: les derniers sondages ont placé les conservateurs de centre-droit et les travaillistes de centre-gauche peu ou prou au même niveau qu'au début de l'année, soit à environ un tiers des votes chacun, ce qui ne leur permettra pas de décrocher la majorité absolue de 326 sièges à la Chambre des Communes.

Dans un tel scénario, les deux principaux partis seront contraints de nouer des alliances avec les plus petites formations.

Le Scottish National Party, qui ne comptait que six députés entre 2010 et 2015, espère cette fois rafler une cinquantaine des 59 sièges écossais et administrer ainsi une cuisante défaite au Labour, ancien maître des terres du Nord.

David Cameron et la presse majoritairement de droite n'ont cessé d'insister sur le danger que constituerait, selon eux, un mariage de raison entre les indépendantistes et «Mc Miliband».

Au départ assez flou sur l'éventualité d'une alliance avec le SNP, Ed Miliband a promis en fin de campagne qu'il ne passerait «pas de marché» avec les nationalistes écossais, sans pour autant exclure qu'ils le soutiennent au Parlement.

Les partenaires de coalition les moins controversés restent donc les Libéraux-démocrates. Ils sont prêts à faire alliance avec le parti remportant le plus de sièges au Parlement, quel qu'il soit. Et ont brandi le risque d'un «deuxième scrutin avant Noël» en cas de gouvernement minoritaire qui ne les inclurait pas.

Reste à savoir si les Lib-dems sauveront suffisamment de députés pour permettre à l'un ou l'autre parti d'atteindre la majorité requise de 326 sièges.

Tonitruant vainqueur des Européennes, le parti europhobe Ukip, toujours crédité de 14% dans les sondages, ne devrait rafler qu'une poignée de sièges, entre 1 et 5 estiment les experts.

Théoriquement, les négociations pour une coalition devraient être terminées pour le 27 mai, date à laquelle est prévu le discours de la reine, qui lit aux députés le programme du gouvernement et est suivi d'un vote de confiance.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer