Le Vatican, cible d'un complot terroriste?

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Des policiers montent la garde devant la basilique Saint-Pierre, au Vatican, le 27 mars.

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Agence France-Presse
CAGLIARI, Italie

La police italienne a démantelé vendredi un réseau d'islamistes basé en Sardaigne, dont deux anciens gardes du corps de ben Laden, soupçonnés d'avoir évoqué un projet d'attentat contre le Vatican, mais aussi participé à l'une des attaques les plus meurtrières au Pakistan, en 2009.

«Il n'y a aucune preuve, mais une forte présomption», a indiqué à la presse Mario Carta, responsable des services de renseignement à Cagliari en Sardaigne.

Ce dernier a précisé que des écoutes téléphoniques avaient conduit les enquêteurs à prendre au sérieux ce projet d'attentat sur la base de conversations évoquant la «via della Conciliazione», la principale avenue qui conduit au Vatican, et en raison de propos «ironiques» tenus sur le pape.

Les faits remontent à 2010 (époque où Benoît XVI était pape), avec l'arrivée à Rome de deux ressortissants pakistanais, soupçonnés par les enquêteurs d'être prêts à commettre des attentats-suicides.

«Tenez-vous prêts, les bombes vont exploser» ou encore «le djihad part d'Italie», auraient notamment dit des suspects alors sur écoute.

Le projet aurait avorté, les islamistes se sachant surveillés, selon les enquêteurs.

Le procureur de Cagliari, Mauro Mura, a précisé devant la presse que ce chef d'accusation n'avait pas été retenu à l'encontre des islamistes identifiés, faute de preuve.

Le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, s'est montré rassurant dans une déclaration à la presse. «Il s'agit de faits remontant à 2010, qui ne se sont pas produits. Il ne s'agit donc pas de quelque chose de pertinent et ce n'est pas un sujet de préoccupation», a-t-il affirmé

Ces 18 personnes, dont certaines pourraient avoir participé à des activités terroristes au Pakistan, et dont neuf ont été arrêtées dans toute l'Italie, y compris trois en Sardaigne, sont accusées d'appartenance à «une organisation dédiée aux activités criminelles transnationales s'inspirant d'Al-Qaïda et à d'autres organisations radicales prônant la lutte armée contre l'Occident et l'insurrection contre l'actuel gouvernement du Pakistan», selon le mandat d'arrêt lancé contre elles.

Parmi eux se trouvaient deux anciens gardes du corps de l'ex-chef et fondateur d'Al-Qaïda tué en 2011 au Pakistan, Oussama ben Laden, selon les enquêteurs.

«Armes en abondance»

Le principal suspect est un commerçant de longue date résidant à Olbia dans le nord de l'île de Sardaigne, Khan Sultan Wali, arrêté jeudi soir.

Certains sont accusés d'avoir planifié, financé et même participé à des actes terroristes au Pakistan, dont l'attentat sur le marché Meena Bazar de Peshawar en octobre 2009 qui avait fait plus de 100 morts.

Ils sont aussi soupçonnés d'être impliqués dans un trafic d'immigrants clandestins, et auraient fait passer illégalement, dans certains cas, des Afghans et des Pakistanais de l'Italie vers des pays d'Europe du Nord.

Ce trafic servait à financer des activités terroristes au Pakistan, selon le procureur de Cagliari.

L'enquête a démarré en 2005 sur le port d'Olbia après la fouille des bagages d'un Pakistanais, soupçonné d'avoir transporté des explosifs, et non en 2009 comme indiqué précédemment.

Les enquêteurs ont fait état de nombreux voyages destinés à transporter de l'argent au Pakistan, avec en moyenne quelque 20 000 euros (plus de 26 000 $) par voyage.

L'organisation aurait eu en Italie comme chef principal un imam, du mouvement «Tabligh Eddawa», installé en Lombardie (nord), qui se servait de son autorité religieuse et de son prestige pour récolter des fonds.

Ce réseau, selon les enquêteurs, disposait «d'armes en abondance» et «de nombreux affiliés prêts à mener des actes terroristes au Pakistan et en Afghanistan, avant de se replier ensuite en Italie».

Les membres du réseau avaient pu s'implanter en Italie grâce à des entrepreneurs complices qui leur fournissaient des contrats de travail, ou en présentant des demandes d'asile grâce à de faux certificats assurant qu'ils avaient été persécutés.

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