Le viol et le meurtre d'une fillette émeuvent la France

La petite victime, Chloé, âgée de 9 ans,... (PHOTO PHILIPPE HUGUEN, AFP)

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La petite victime, Chloé, âgée de 9 ans, a été kidnappée devant témoins en milieu d'après-midi mercredi à Calais (nord), alors qu'elle jouait dehors avec une amie.

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Baptiste BECQUART
Agence France-Presse
BOULOGNE-SUR-MER, France

L'enlèvement, le viol et le meurtre d'une fillette de 9 ans dans le nord de la France suscitaient jeudi une vague d'émotion avivée par le parcours de son meurtrier présumé, un Polonais récemment sorti de prison et revenu en France après son expulsion.

Le premier ministre socialiste Manuel Valls est monté au créneau pour assurer que «toute la vérité sera faite pour comprendre l'itinéraire» du suspect, interpellé peu après les faits mercredi et passé aux aveux au cours de sa garde à vue.

«C'est à la justice maintenant de mener l'enquête et ce que nous devons, nous, à la famille, c'est toute la vérité. Toute cette vérité sera faite pour comprendre l'itinéraire de cet individu», a-t-il déclaré à Paris.

Il a précisé que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve était «en contact notamment avec son homologue polonais» à ce sujet.

La petite victime, Chloé, âgée de 9 ans, a été kidnappée devant témoins en milieu d'après-midi mercredi à Calais (nord), alors qu'elle jouait dehors avec une amie. Son corps dénudé a été retrouvé au bout de deux heures dans un bois de la ville, à proximité d'une voiture rouge immatriculée en Pologne qui avait été aperçue sur les lieux du rapt.

Interpellé peu après et interrogé pendant la nuit, le suspect, un Polonais de 38 ans dont l'identité n'a pas été communiquée, a «immédiatement reconnu son implication dans le décès de l'enfant», a déclaré le procureur de Boulogne-sur-Mer, Jean-Pierre Valensi, chargé de l'affaire.

«Il a reconnu le viol et l'assassinat», a précisé à l'AFP une source proche de l'enquête.

Selon le parquet, l'homme avait été condamné à deux reprises en France, en 2004 à quatre ans de prison et en 2010 à six ans, pour des extorsions avec violence, vols aggravés et une séquestration ou tentative de séquestration.

Il avait été remis le 27 mars aux autorités polonaises, qui avaient émis un mandat d'arrêt européen «délivré par un juge d'instruction polonais pour des faits de vol et d'extorsion», a rapporté le procureur Valensi.

«Discussions en cours» avec Varsovie

«L'individu avait fait l'objet d'une interdiction du territoire français (...) et à sa sortie de prison, il avait fait l'objet d'une expulsion du territoire national vers son pays d'origine, la Pologne», a indiqué Bernard Cazeneuve.

Une «discussion est en cours avec les autorités polonaises de manière à établir les conditions dans lesquelles cette interdiction du territoire a été enfreinte par le criminel en question», a-t-il ajouté.

Selon le procureur de Boulogne, le suspect a raconté aux enquêteurs être arrivé sans passeport mercredi matin à Calais, avec pour objectif de traverser la Manche pour aller voir sa soeur à Southampton en Angleterre.

Son chemin croise Chloé lorsque, pour aller boire une bière, il gare sa voiture dans la rue où joue la fillette, qui s'approche alors de lui et «l'arrose à l'aide d'un pistolet à eau», a rapporté le magistrat.

Tout se passe alors très vite: il empoigne la fillette et la fait monter de force à l'arrière de sa voiture avant de gagner un bois voisin, où l'agression sexuelle et la mort de la fillette auraient eu lieu, selon la même source.

À Calais, les drapeaux ont été mis en berne jeudi sur les bâtiments municipaux et une marche blanche à la mémoire de Chloé a été organisée en fin d'après-midi.

«C'est une famille, des proches, une population qui sont profondément choqués», a souligné Manuel Valls en exprimant sa «plus profonde compassion» aux parents de la fillette.

À quelques mètres des lieux du rapt, à l'entrée de l'école où était scolarisée Chloé, de nombreux parents accompagnant leurs enfants exprimaient leur «horreur».

«La petite allait dans cette école, mon fils la connaissait. Il n'a pas dormi de la nuit, il sait qu'il ne la verra plus. Je n'imagine même pas la souffrance des parents», témoignait ainsi la mère de deux garçonnets.

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