Vol 4U9525: la 2e boîte noire montre que le pilote a accéléré la descente

Des photos de la seconde boîte noire.... (PHOTO CLAUDE PARIS, ASSOCIATED PRESS)

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Des photos de la seconde boîte noire.

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Djallal MALTI
Agence France-Presse
Paris

L'analyse de la deuxième boîte noire de l'A320 de la Germanwings, retrouvée jeudi par les gendarmes, confirme l'action volontaire du copilote et appuie la thèse selon laquelle il a précipité l'appareil à sa perte, selon les derniers éléments de l'enquête.

«Une première lecture fait apparaître que le pilote présent dans le cockpit a utilisé le pilote automatique pour engager l'avion en descente vers une altitude de 100 ft» (pieds, soit environ 30 m, NDLR), a annoncé vendredi le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA).

«Puis, à plusieurs reprises au cours de la descente, le pilote a modifié le réglage du pilote automatique pour augmenter la vitesse de l'avion en descente», a ajouté le BEA, en charge de l'enquête de sécurité autour de cet écrasement.

Ces éléments viennent appuyer la thèse selon laquelle le copilote Andreas Lubitz, 27 ans, a précipité l'avion vers sa perte, causant la mort des 150 passagers et membres d'équipage présents à bord.

Le BEA n'a pas apporté de précisions supplémentaires, indiquant simplement que ses «travaux continuent pour établir le déroulement factuel précis du vol».

Baptisée Flight Data Recorder (FDR), cette seconde boite noire est une pièce essentielle à l'enquête, car elle permet d'ôter tout doute sur les circonstances de l'accident.

Elle contient les données relatives au vol de l'appareil (vitesse, altitude, actions des pilotes sur les commandes, etc.) et permet de savoir précisément ce qui s'est passé depuis son décollage de Barcelone (Espagne) à destination de Düsseldorf (Allemagne) le 24 mars dernier.

Elle a été retrouvée jeudi par une femme gendarme du peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Chamonix, enfouie à environ 20 cm sous terre dans une zone qui avait déjà été fouillée par des enquêteurs.

Cazeneuve sur place

«C'est en recherchant [des] vêtements que je l'ai trouvée», a rapporté Alice Coldefy, seule femme membre du PGHM de Chamonix.

«On avait une photo de boîte noire sous plusieurs angles, on l'a sortie et on l'a comparée avec ce qu'on avait trouvé et c'était ça. Tout le monde était content, c'était un soulagement. [...] Un soulagement pour tous les gens qui travaillent là depuis une semaine et demie sans relâche», a-t-elle poursuivi.

Jusque-là, seuls les éléments contenus dans l'autre boite noire, le Cockpit Voice Recorder (CVR), retrouvé le jour même du drame, qui enregistre les conversations à l'intérieur de la cabine de pilotage, étaient connus.

L'analyse du CVR avait révélé qu'Andreas Lubitz était seul dans le cockpit avant l'écrasement et établi qu'il avait «volontairement permis la chute de l'avion», selon le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, en charge de l'enquête judiciaire.

Sur les lieux de l'écrasement, les recherches ont repris vers 9 h 30 vendredi. Une quarantaine de gendarmes étaient sur la zone avec pour mission de retrouver un maximum d'effets personnels (vêtements, appareils photo, téléphones, etc.) en vue de les restituer aux familles des victimes après identification.

Ils sont équipés de crampons, piolets, baudriers et masque pour la poussière.

La gendarmerie avait indiqué mardi soir qu'il n'y avait «plus de corps sur la zone de l'écrasement».

Selon Brice Robin, «150 profils ADN ont été isolés» grâce aux recherches. Mais, a-t-il précisé jeudi, «il reste à effectuer la comparaison des ADN post mortem avec les ADN ante mortem», fournis par les familles.

La remise des corps aux familles aura lieu après «validation» des identifications, a-t-il ajouté en évaluant à «trois à cinq» semaines le délai nécessaire pour identifier les victimes.

Sur place, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est rendu vendredi au Vernet, le village le plus proche du lieu du drame, où il a déposé une gerbe devant la stèle érigée en mémoire des victimes de l'écrasement.

Il a également rendu hommage, dans la chapelle ardente de Seyne devant 250 personnes, «à toutes celles et ceux qui se sont mobilisés avec force», évoquant les pompiers, gendarmes, policiers, médecins et simples habitants qui se sont mobilisés depuis plus de dix jours. «Un immense merci pour tout ce que vous avez fait», a-t-il ajouté.

En Allemagne, dont 72 ressortissants ont péri dans l'écrasement, l'enquête s'est rapidement orientée vers la personnalité du copilote. La justice allemande a découvert que M. Lubitz avait «été en traitement psychothérapeutique pour des tendances suicidaires il y a de nombreuses années», avant l'obtention de son brevet de pilote.

Sur sa tablette électronique, les enquêteurs ont pu constater qu'il avait fait des recherches «sur les manières de se suicider» ainsi que sur «les portes de cockpit et leurs mesures de sécurité», a indiqué jeudi le parquet de Düsseldorf, en charge de la partie allemande de l'enquête.

L'écrasement a conduit plusieurs compagnies aériennes européennes à revoir les mesures de sécurité en vol, avec la présence désormais obligatoire de deux personnes en permanence dans le cockpit.

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