Vol 4U9525: «Ouvre cette foutue porte!», a hurlé le commandant

Une équipe de secouristes fouille au travers des... (PHOTO LAURENT CIPRIANI, AP)

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Une équipe de secouristes fouille au travers des débris pour récupérer les corps des 150 passagers décédés lors de l'écrasement du Airbus A320.

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Raphaëlle Logerot, Damien Stroka
Agence France-Presse
BERLIN

«Ouvre cette foutue porte» a supplié le commandant de l'Airbus A320 de Germanwings à son copilote, enfermé dans le cockpit de l'appareil qu'il précipitait sur les Alpes alors que les passagers hurlaient, une poignée de minutes avant la catastrophe.

Ces éléments, issus de la boîte noire qui enregistrait les sons à l'intérieur du cockpit, ont été dévoilés par Bild am Sonntag, l'édition dominicale du quotidien allemand à gros tirage Bild.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le New York Times avait le premier évoqué ces enregistrements, affirmant que le pilote était sorti du cockpit et n'avait pu y revenir. Le procureur de Marseille avait ensuite confirmé que ces enregistrements montraient que le copilote, Andreas Lubitz, avait verrouillé la porte du cockpit après la sortie momentanée du commandant de bord, puis déclenché la descente de l'avion.

Andreas Lubitz semblait souffrir de problèmes psychiatriques et s'inquiétait des conséquences de ses problèmes de santé pour sa carrière, selon des révélations de plusieurs médias. Les enquêteurs privilégient la piste d'un acte volontaire du copilote qui n'aurait pas dû voler le jour du drame en raison d'un arrêt maladie.

Bild détaille pour la première fois dimanche les échanges entre Lubitz et le commandant de l'appareil.

Selon le journal, les 20 premières minutes du vol sont l'occasion d'échanges banals et techniques entre le pilote, Patrick S., et Andreas Lubitz. Le commandant explique notamment à ce dernier qu'il n'a pas eu le temps d'aller aux toilettes au départ, à Barcelone.

À 10h27, le pilote demande à Lubitz de préparer l'atterrissage à Düsseldorf (ouest de l'Allemagne). Ce dernier prononce quelques mots: «J'espère», «On verra».

Le commandant sort ensuite pour aller aux toilettes. Peu après, l'appareil amorce la descente vers le massif montagneux.

Quelques minutes plus tard, on entend un «claquement fort», comme si quelqu'un essayait de rentrer dans le cockpit, rapporte Bild. Puis la voix du pilote: «Pour l'amour de Dieu, ouvre la porte!»

En arrière-fond, les passagers commencent à crier. Le pilote essaie ensuite d'attaquer la porte à la hache. Puis il crie: «Ouvre cette foutue porte!»

Vers 10h40, l'Airbus touche une montagne alors qu'on entend les cris des passagers. Ce sont les derniers bruits sur l'enregistrement, relate Bild. L'appareil percute de plein fouet un versant à 700 km/h et est instantanément pulvérisé avec ses 150 occupants.

Compagne enceinte?

Bild affirme aussi que la compagne du copilote, avec laquelle il vivait près de Düsseldorf, serait enceinte de lui : enseignante d'anglais et de mathématiques, déjà entendue par la police, elle aurait partagé cette nouvelle avec ses élèves, croit savoir le journal populaire, qui ne cite pas de sources.

Samedi, Bild avait publié une interview d'une hôtesse de l'air présentée comme une ex-petite amie de Lubitz, qui renforçait la piste de troubles psychiatriques sévères chez le jeune homme.

La jeune femme affirmait que lorsqu'elle a appris le drame, une phrase du copilote lui est «revenue en mémoire: "Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s'en souviendra"». Si Andreas Lubitz «a fait ça», «c'est parce qu'il a compris qu'à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d'un emploi à la Lufthansa, comme commandant de bord et pilote de long courrier était pratiquement impossible», selon elle.

Dimanche, Bild rapporte également qu'Andreas Lubitz aurait souffert d'un décollement de la rétine, une affection oculaire guérissable, mais qui, si elle n'est pas prise à temps, peut définitivement empêcher un pilote de voler.

Un autre journal allemand, Welt am Sonntag, affirme que les enquêteurs ont découvert au domicile de Lubitz «de très nombreux médicaments» destinés à soigner des «maladies psychiques». Le jeune homme, «gravement dépressif», aurait souffert d'un stress important et avait été pris en charge par «plusieurs neurologues et psychiatres».

Vendredi, le parquet de Düsseldorf avait indiqué que des attestations d'arrêt maladie avaient été retrouvées déchirées chez Andreas Lubitz. Aucune lettre d'adieu dévoilant un acte prémédité à l'origine de la catastrophe n'a été retrouvée.

Bild am Sonntag affirme que les enquêteurs ont trouvé dans son appartement des ordonnances pour des médicaments prescrits aux maniaco-dépressifs, ainsi que de grandes quantités de somnifères.

Samedi, le général de gendarmerie Jean-Pierre Michel, présent à Düsseldorf parmi une délégation française de trois personnes venue collaborer avec les enquêteurs allemands, a confirmé que la «personnalité» d'Andreas Lubitz était «une piste sérieuse».

Dimanche matin, sur les lieux de l'écrasement, dans les Alpes de Haute-Provence (sud-est de la France), où quatre gendarmes ont passé la nuit pour sécuriser la zone, une trentaine de véhicules étaient présents. Au sixième jour des recherches, les rotations d'hélicoptères ont repris à 09H30 pour localiser des restes de victimes et la deuxième boîte noire, a constaté l'AFP.

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