France: 5 sites internet bloqués pour apologie du terrorisme

L'accès à cinq sites internet accusés «de faire l'apologie du terrorisme» a été... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Rémy BELLON
Agence France-Presse
PARIS

L'accès à cinq sites internet accusés «de faire l'apologie du terrorisme» a été bloqué en fin de semaine dernière par le gouvernement, première application de cette mesure phare de la loi antiterroriste de novembre 2014.

«Pour la première fois», a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur, a été mise en place la possibilité de bloquer des sites «se livrant à l'apologie du terrorisme». Ce point avait fait débat à l'époque notamment de la part des défenseurs de la liberté d'expression.

À l'appui de cette mesure administrative, le gouvernement a invoqué le décret entré en vigueur le 6 février dernier qui en fixe les modalités. Il vise également d'autres sites: cinq autres qualifiés de «pédopornographiques» ont ainsi été bloqués dans le même temps, selon l'Intérieur.

Parmi les cinq premiers sites internet soupçonnés d'apologie du terrorisme figure celui d'al Hayat Media Center, une branche du groupe État islamique (EI) chargée de sa communication, le site Mujahadia 89 ou encore le site islamic-news.info, selon la place Beauvau. Tous sont catalogués par la place Beauvau comme «se livrant à l'apologie du terrorisme» et diffusant des images de décapitation et relayant la propagande et les discours d'EI.

L'ordre de blocage a été émis par l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC), chargé de la lutte contre la cybercriminalité à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Les fournisseurs d'accès, auparavant identifiés par les services de renseignement, ont ensuite eu 24 heures pour appliquer la décision.

«Nous sommes en phase d'évaluation et de rodage», a insisté un représentant du ministère de l'Intérieur devant la presse, «nous allons voir comment cela va répondre en face». Il a reconnu que l'ordre de blocage a été donné au fournisseur, mais pas à l'hébergeur ou l'éditeur des sites -ce qui serait plus efficace- «qui n'ont pas été identifiés».

«Aucune ambiguïté»

En dépit de cette faiblesse dans le dispositif, Beauvau a précisé que d'autres opérations de même type allaient viser d'autres sites, «plusieurs dizaines» étant potentiellement concernés.

«Ce ne sont pas des sites d'opinion», dit-on à l'Intérieur afin d'anticiper d'éventuelles critiques sur la liberté d'expression sur internet. «L'apologie est un délit, il n'y a aucune ambiguïté possible sur ces sites-là».

«C'est la déclinaison concrète de la loi antiterroriste de novembre 2014», a déclaré à l'AFP le député socialiste Sébastien Pietransanta, un spécialiste de ces questions récemment chargé par le premier ministre Manuel Valls de travailler, auprès du «patron» de la place Beauvau Bernard Cazeneuve, sur les phénomènes de radicalisation islamiste. «Il faut continuer dans cette voie», a-t-il dit.

C'est la seconde application, sur le terrain, de cette loi qui a fait l'unanimité politique.

Il y a moins d'un mois, six Français qui s'apprêtaient à partir en Syrie ont vu leurs passeports confisqués, une autre mesure inscrite dans la loi de novembre et qui doit aussi «monter en puissance», avait assuré Bernard Cazeneuve.

Une «quarantaine» d'autres interdictions sont d'ailleurs déjà «en préparation», avait-il ajouté lors d'un point presse à Beauvau le 23 février.

Les six hommes et femmes, âgés de 23 à 28 ans, dont le départ vers la Syrie apparaissait imminent aux yeux des services de renseignement, s'étaient vu notifier leur interdiction de sortie du territoire. En échange de leurs papiers d'identité, qui leur ont été confisqués pour une durée de six mois renouvelables pendant 2 ans, ils ont reçu un récépissé.

Mercredi en Conseil des ministres sera présentée une loi sur le renseignement, conséquence directe des attentats survenus en janvier en France et qui ont fait 17 morts.

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