Fin des travaux communautaires pour Berlusconi

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Berlusconi a passé vendredi sa dernière journée au centre social Cesano Boscone. Ci-dessus, le «cavaliere» quitte le centre pour personnes âgées, près de Milan.

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Charlène PELE
Agence France-Presse
MILAN

L'ancien chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, s'est présenté vendredi pour la dernière fois à Milan au centre social où il effectuait depuis mai 2014 sa peine de travaux communautaires, mais il n'en a pour autant pas fini avec la justice.

Dès mardi, ou dans les jours qui suivent, il saura si la Cour de cassation confirme ou non son acquittement en appel dans le procès «Rubygate» où il était accusé de prostitution de mineure et d'abus de pouvoir.

Le 18 juillet 2014, l'ex-président du Conseil, 78 ans, avait été acquitté en appel, après avoir pourtant été condamné l'année précédente en première instance à sept ans de prison et une interdiction à vie de mandat public dans ce procès retentissant.

Malgré ses démentis, il avait été reconnu coupable d'avoir versé de l'argent en échange de rapports intimes avec la jeune Marocaine Karima El-Mahgroub, dite Ruby, alors que celle-ci était mineure.

Il avait également été reconnu coupable d'avoir fait pression sur la préfecture de Milan (nord) afin qu'elle soit relâchée après un larcin, en affirmant qu'elle était la petite-fille de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, renversé en 2011.

Il y a eu entre les deux «des actes rétribués de nature sexuelle», a assuré la Cour d'appel de Milan dans ses attendus. Mais le fait que Silvio Berlusconi savait qu'elle était mineure «n'a pas été démontré de manière adéquate» par le tribunal de première instance, selon la Cour d'appel.

Pas un point final

La Cour de cassation pourrait dès mardi confirmer cette sentence ou l'annuler totalement et renvoyer à nouveau Silvio Berlusconi devant un tribunal. Elle pourrait aussi décider d'invalider partiellement ce jugement en ne confirmant l'acquittement que pour les faits de prostitution de mineure ou pour ceux d'abus de pouvoir.

La décision de la Cour de cassation ne constituera pas non plus un point final dans l'interminable saga des démêlés judiciaires du magnat des médias italien.

L'ancien premier ministre est également jugé pour corruption d'un sénateur à qui il est accusé d'avoir versé en 2006 3 millions d'euros (environ 4 millions de dollars) pour rejoindre son camp et faire tomber le gouvernement alors en place.

Enfin, l'ancien premier ministre et deux de ses avocats font l'objet d'une enquête sous l'accusation d'avoir payé des jeunes femmes afin qu'elles fassent de faux témoignages lors du procès «Rubygate».

En attendant, l'ex-«cavaliere» a passé vendredi sa dernière journée au centre social Cesano Boscone, spécialisé dans l'accueil de personnes âgées, notamment atteintes de la maladie d'Alzheimer, où depuis le 9 mai 2014 il se rendait chaque vendredi pour y travailler.

La Cour de cassation, confirmant définitivement une condamnation de prison pour fraude fiscale en août 2013, avait accepté qu'elle soit commuée en une peine de travaux communautaires pour une durée d'un an. Silvio Berlusconi avait ensuite obtenu une réduction de peine de 45 jours, ce qui lui permet d'être désormais libre de ses mouvements à partir de dimanche. Il était assigné à résidence à Milan chaque weekend depuis mai dernier.

Ponctuel, comme chaque vendredi, Silvio Berlusconi a fait son entrée au centre Boscone en voiture, sous les acclamations de quelques admirateurs irréductibles, qui, comme chaque vendredi, l'accueillent sous les bravos.

Dans une déclaration écrite, l'ancien premier ministre a promis d'y retourner, même s'il n'est plus légalement contraint de le faire, pour poursuivre une «expérience émouvante et qui a représenté un moment de sérénité», a-t-il dit.

«Notre Silvio est un grand homme. C'est Berlusconi le président, nous ne l'avons jamais trahi», a chanté Noelle Joyce, l'une de ses plus ferventes admiratrices.

«Il y a eu beaucoup de moments émouvants, toutes les fois où le président s'est arrêté, il m'a souri, il m'a parlé et il m'a dit merci, merci d'être là», a-t-elle confié à l'AFP.

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