Le refus de Kiev de livrer du gaz aux régions rebelles qualifié de «génocide»

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Moscou estime que ces livraisons de gaz entrent dans le contrat conclu en octobre entre Gazprom et le groupe Naftogaz, et donc que Kiev doit les payer.

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Agence France-Presse
Moscou

Le refus des autorités ukrainiennes de livrer du gaz aux régions de l'est rebelle de l'Ukraine ressemble à un «génocide», a affirmé mercredi le président russe Vladimir Poutine.

«Non seulement il y a la famine là-bas, non seulement l'OSCE a constaté une catastrophe humanitaire, mais en plus on leur coupe le gaz (...). Cela ressemble déjà à un génocide», a déclaré M. Poutine, lors d'une conférence de presse avec son homologue chypriote, Nicos Anastasiades, retransmise à la télévision publique russe.

«Il semble que certains responsables de l'Ukraine actuelle ignorent ce que c'est, les questions humanitaires et l'humanisme», a-t-il estimé, en soulignant qu'environ quatre millions de personnes habitaient les régions rebelles de Donetsk et de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine.

Le ton est monté entre la Russie et l'Ukraine depuis que le géant gazier russe Gazprom a commencé la semaine dernière à approvisionner directement les zones sous contrôle des rebelles, au motif que Kiev avait cessé de le faire.

Moscou estime que ces livraisons de gaz entrent dans le contrat conclu en octobre entre Gazprom et le groupe Naftogaz, et donc que Kiev doit les payer. La compagnie ukrainienne refuse cependant, expliquant n'avoir aucun moyen de contrôler ni les volumes concernés ni leur utilisation.

Kiev refuse également de verser un nouveau paiement pour acheter du gaz au-delà de ce qu'elle a déjà réglé, ce qui ne suffira que pour les «trois ou quatre» prochains jours, selon M. Poutine.

Or, en vertu de l'accord provisoire signé en octobre pour résoudre le conflit gazier entre Moscou et Kiev, l'Ukraine doit payer  à l'avance tout volume qu'elle souhaite consommer, d'où des livraisons au coup par coup. Une fois le dernier règlement épuisé, les livraisons russes s'arrêteront donc.

M. Poutine a toutefois dit espérer que «de telles mesures extrêmes ne seront pas appliquées et que les livraisons ne seront pas interrompues».

Conformément aux accords de Minsk de 12 février sur le règlement du conflit ukrainien, les autorités ukrainiennes sont censées rétablir l'économie des régions rebelles de l'est et donc «doivent assurer l'approvisionnement en ressources énergétiques de ces régions», a rappelé le président russe.

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