Grèce: choix crucial pour l'avenir du pays

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La manière de décrire l'arrivée du parti Syriza d'Alexis Tsipras comme un risque majeur, même si la période n'est pas forcément propice aux grands bouleversements.

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Odile DUPERRY
Agence France-Presse
ATHÈNES

Les députés grecs ont en main lundi un choix crucial, élire ou pas le candidat proposé par le gouvernement à la Présidence de la République: si c'est non, ils favorisent l'arrivée au pouvoir du parti anti-austérité Syriza, une perspective qui inquiète les créanciers du pays.

À midi heure locale, les 300 députés se lèveront chacun à son tour à l'appel de leur nom pour dire au choix «Stavros Dimas», ou simplement «présent».

Dans le premier cas, ils manifesteront leur accord avec le choix de cet ancien Commissaire européen pour succéder en mars à Carolos Papoulias, au poste honorifique de Président de la République.

Dans le second, ils signifieront leur opposition, moins à M. Dimas qu'à la poursuite de la politique d'austérité qui pèse depuis quatre ans sur les Grecs, sous l'égide du gouvernement de coalition droite-socialistes du conservateur Antonis Samaras.

Au vu des deux premiers tours, les 17 et 23 décembre, il semble quasi-impossible que M. Dimas réunisse sur son nom les 180 voix nécessaires. Il en a obtenu 160 au premier tour, et 168 au deuxième après que M. Samaras  eut promis d'avancer à fin 2015 les législatives programmées pour juin 2016 si M. Dimas était élu.

En cas d'échec, le Parlement sera dissous dans les dix jours, et des élections législatives auront lieu, sans doute le 25 janvier ou le 1er février.

M. Samaras est apparu samedi à la télévision publique NERIT, semblant résigné à cette perspective, même s'il a assuré «avoir fait et faire encore tout ce qui est en son pouvoir» pour éviter de telles élections. Il a morigéné par avance les petits partis qui s'allieraient objectivement à Syriza, favori des sondages, pour «lancer la Grèce dans une nouvelle aventure».

Le ministre des Finances Guikas Hardouvelis a même brandi dimanche le spectre de la ruine des petits épargnants, sous couvert de rassurer: le gouvernement «se prépare à affronter tous les remous», a-t-il dit, il est bien armé grâce «à ses lois sauvegardant l'épargne» des Grecs, à «ses relations constantes avec les autres états membres de l'UE», et sa manière de rester «en alerte et vigilant».

Risque majeur

La manière de décrire l'arrivée du parti Syriza d'Alexis Tsipras comme un risque majeur, même si la période n'est pas forcément propice aux grands bouleversements: la  Grèce, qui espérait en finir cette fin d'année avec la troïka de ses créanciers (UE, FMI et BCE), engagés depuis 2010 à lui fournir 240 milliards d'euros de prêts en échange de réformes drastiques, a dû en effet accepter un allongement jusqu'en février des programmes d'aide.

Les discussions achoppent en effet sur plusieurs points. Or de leur issue dépend notamment le  versement crucial de 7,2 milliards d'euros.

Samedi, dans une interview au quotidien Bild, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prévenu que «de nouvelles élections ne changent rien à la dette grecque (175% du PIB, ndlr). Chaque nouveau gouvernement doit respecter les accords pris par ses prédécesseurs», a-t-il lancé à l'adresse de Syriza qui souhaite en effet une réduction de cette dette.

L'économiste Jésus Castillo, de Natixis, pense cependant que les «propos d'estrade» de M. Tsipras feront place au «réalisme» s'il est élu. Le leader de Syriza vient d'ailleurs de s'engager à ne pas agir de manière «unilatérale» sur la dette.

Quant à M. Samaras, il peut encore compter sur les hésitations des électeurs, en cas de législatives anticipées.

Ainsi, même si les sondages donnent toujours une avance d'au moins trois points à Syriza sur le parti Nouvelle Démocratie du premier ministre, une enquête de Kapa Research a montré ce week-end que les Grecs, dans cette période incertaine, pensent à 44,1% que M. Samaras est le meilleur pour diriger le pays, contre 34,4% seulement pour M. Tsipras.

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