France: des bancs publics «anti-marginaux» font scandale

Ces «grillages anti-marginaux» visent selon plusieurs observateurs à... (PHOTO JOEL SAGET, ARCHIVES AFP)

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Ces «grillages anti-marginaux» visent selon plusieurs observateurs à décourager les sans-abri à prendre place sur ces bancs installés dans le secteur commercial de la ville.

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Étienne Fortin-Gauthier
La Presse Canadienne

Après les pics anti-itinérants à Montréal, ce sont maintenant des grillages installés sur des bancs publics, qui font scandale dans l'Hexagone.

La municipalité d'Angoulême, située dans la région de la Charente au Sud-Ouest de la France, a installé neuf cages de métal sur tout autant de bancs publics, ont rapporté plusieurs médias français, jeudi.

Ces «grillages anti-marginaux» visent selon plusieurs observateurs à décourager les sans-abri à prendre place sur ces bancs installés dans le secteur commercial de la ville.

Ces installations sont en place depuis le 24 décembre, à la demande des commerçants, a indiqué Joël Guitton, adjoint au maire d'Angoulême, à plusieurs médias. Il a ajouté que ce mobilier urbain était quasi-exclusivement utilisé par des personnes «qui se livrent à une alcoolisation récurrente, tous les jours».

La mesure a été saluée par le Front national de la Charente, une instance régionale du parti d'extrême-droite, qui a soutenu qu'elle était «pleine de bon sens».

Elle vise à «stopper les graves troubles à l'ordre public perpétrés chaque jour par des marginaux. Ils pourrissent la vie des commerçants et des riverains», a soutenu le parti.

Mais en France et ailleurs en Europe, la mesure fait polémique. La pose des grillages, à la veille de Noël de surcroît, est un acte «inhumain», selon plusieurs internautes. Sur Twitter, le dispositif est qualifié de «bancs de la honte». Les organismes de défense des sans-abri ont aussi fait grand bruit de la mesure.

Vendredi matin, le quotidien français Charente Libre a révélé que les grillages avaient été retirés «provisoirement» pendant la nuit. La mairie se défend d'avoir plié face à la controverse, affirmant qu'il s'agit d'un retrait «provisoire» en réponse à l'introduction de deux adolescents dans la structure.

La Ville estime que le dispositif n'est pas parfaitement sécuritaire, alors que les jeunes manifestants ont pu pénétrer à l'intérieur, jeudi. Il devrait néanmoins être réintroduit prochainement.

Jeudi en fin de journée, le maire de la ville, Xavier Bonnefont, est sorti de son mutisme affirmant qu'à terme les grilles seront remplies de galets et deviendront des «installations paysagères».

Cette mesure, a-t-il soutenu sur sa page Facebook, ne vise pas directement les sans-abri, mais les «marginaux qui se livrent à une alcoolisation récurrente et les trafiquants de stupéfiants qui squattaient ces bancs».

Une explication qui n'a pas convaincu bon nombre d'internautes qui ont réagi sur sa page en affirmant que le problème de l'itinérance exige des réponses concertées pour s'attaquer au problème de manière durable.

Au Québec, en juin dernier, des Montréalais ont dénoncé l'installation par des propriétaires de commerces et d'immeubles de «pointes anti-itinérants». Ces pics, installés le long d'immeubles, visaient à empêcher des sans-abri de s'installer devant leurs vitrines.

Après la levée de boucliers de plusieurs intervenants sociaux, il n'aura fallu que quelques heures pour qu'ils soient retirés devant le magasin Archambault, situé sur la rue Sainte-Catherine, au centre-ville de Montréal.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, avait réagi en affirmant que ces pics n'étaient pas conformes et devaient obligatoirement être retirés.

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