Russie: l'UE doit avoir une stratégie «de long terme»

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Le nouveau président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk

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Jean-Luc BARDET
Agence France-Presse
BRUXELLES

L'Union européenne doit adopter une stratégie «de long terme» face à Moscou, au-delà des sanctions qui ont durement frappé l'économie russe, a prévenu jeudi son nouveau président.

Les chefs d'État et de gouvernement, réunis en sommet à Bruxelles, ont aussi approuvé le lancement du plan d'investissement proposé par la Commission européenne. Mais les États membres n'ont pas à ce stade pris d'engagements pour abonder, au-delà de l'argent européen, le fonds destiné à mobiliser 315 milliards d'euros.

Concernant l'Ukraine, «nous avons besoin d'une stratégie de long terme», a déclaré le nouveau président du Conseil européen, l'ancien premier ministre polonais Donald Tusk, à l'issue du sommet européen. «Cela nécessitera des plans pour des années, pas seulement des semaines ou des mois».

Estimant que l'Ukraine était «victime d'une sorte d'invasion», M. Tusk a affirmé que les Européens devaient «aller au-delà d'une réponse réactive et défensive». «Notre approche doit être conforme à nos ambitions et à notre potentiel. (...) Nous devons retrouver notre confiance en nous en tant qu'Européens et prendre conscience de notre propre force», a-t-il insisté.

«Le président Poutine et les dirigeants russes doivent réfléchir sérieusement à (...) un changement radical d'attitude envers le reste du monde», a affirmé de son côté la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Les dirigeants européens n'ont décidé aucune nouvelle sanction contre la Russie, qui subit depuis quelques jours une sévère crise financière. L'UE a cependant approuvé jeudi un nouveau train de mesures décidées il y a un mois visant la Crimée. Tous les investissements européens y sont désormais interdits, pour bien marquer l'opposition de l'Europe à «l'annexion illégale» de la péninsule ukrainienne par la Russie. Moscou a aussitôt réagi en affirmant que la Crimée était une «partie inaliénable» de la Russie. Mais l'UE doit réfléchir à la suite à donner aux lourdes sanctions décidées cet été, qui arriveront à échéance en juin 2015.

«Tout doit être précisé»

«Les sanctions ne sont pas un but en soi. Elles sont imposées quand il y a des raisons de le faire, mais elles peuvent aussi être levées s'il n'y a plus de raison de les appliquer», a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel. «Cela signifie qu'il faudra examiner si des progrès ont été faits» concernant le rétablissement de «l'intégrité territoriale» de l'Ukraine. «Ce sera le critère».

Le président français, François Hollande, a évoqué une «désescalade» des sanctions «si les gestes sont envoyés par la Russie».

Les 28 ont confirmé qu'ils étaient prêts à aider financièrement l'Ukraine, en soulignant la nécessité de «réformes». «Il faut voir quel montant peut encore être mobilisé, mais l'UE a atteint ses limites en terme de budget», a nuancé le président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

Ce dernier n'a pas obtenu ce qu'il avait demandé avec insistance pour son plan d'investissement afin de relancer la croissance et l'emploi en Europe, à savoir que les chefs d'État et de gouvernement «mettent la main au portefeuille» dès maintenant pour abonder le fonds de garantie qui doit être mis en place dans les prochains mois.

Les États veulent d'abord savoir comment fonctionnera le programme, pour quels projets et avec quels retours pour leurs pays. «Nous n'avons pas eu de débat sur les contributions nationales. (...) Ce sera fait en janvier et février», a-t-il été forcé de constater à l'issue du sommet.

«La Commission devra être très claire sur la gouvernance et les règles de fonctionnement du fonds. À la lumière de cela, nous allons décider si et de combien nous allons contribuer», a prévenu le ministre italien des Affaires européennes, Sandro Gozi. «Nous avons souligné que maintenant tout doit être précisé», a résumé Mme Merkel.

Les 28 ont bouclé leurs travaux dès jeudi soir et ne se retrouveront donc pas pour une deuxième journée vendredi, une première voulue par M. Tusk pour marquer une rupture de style. «Une nouvelle façon de faire des sommets: trois pages de conclusions, le travail bouclé en un jour au lieu de deux. Efficacité», a twitté une porte-parole de la Commission.

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