Des soldats rejouent le match de la trêve de Noël de 1914

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Les capitaines des équipes allemande et britannique, Alfred Hes (à gauche) et Keith Emmerson, se serrent la main avant le match.

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Agence France-Presse
Aldershot

Des soldats britanniques et allemands se sont retrouvés pour une rencontre de football historique mercredi soir au sud-ouest de Londres où ils ont rejoué, un siècle après, le match de la trêve de Noël 1914.

Le match, censé reconstituer cet épisode mythique de la Première guerre mondiale, a eu lieu dans la ville-garnison d'Aldershot, à soixante kilomètres de la capitale, et s'inscrit dans le cadre des célébrations du centenaire de la Grande guerre.

Il y a 100 ans, au lieu-dit Saint-Yvon, à Ploegsteert en Belgique, non loin de la frontière française, Allemands et Britanniques avaient cessé les hostilités alors que les combats sanglants duraient depuis des mois.

Ils avaient quitté leurs tranchées pour disputer un match de football qui, pour l'anecdote, avait été remporté 3 à 2 par les Allemands, selon les carnets de Kurt Zehmisch, soldat du 134e régiment saxon.

Alors que des experts s'interrogent sur les conditions dans lesquelles le match de la trêve de Noël a pu avoir lieu, Keith Emmerson, 31 ans, capitaine d'un soir mercredi de l'équipe de sa Majesté, a estimé que le plus important était de croire en sa «magie».

«C'est un grand honneur» de jouer ce match, a ajouté le soldat. Mais il a reconnu qu'il se verrait mal organiser une partie similaire avec les insurgés talibans qu'il a combattus lorsqu'il était en Afghanistan. «L'ennemi reste l'ennemi», a-t-il dit.

«J'espère que ce sera une occasion de se souvenir et de faire un bon match», avait déclaré en amont Alexander Hess, 27 ans, capitaine de l'équipe allemande.

La Grande-Bretagne a pris sa revanche par rapport à 1914 en s'imposant 1 à 0.

Le soldat de première classe, Calum Wilkinson, a ouvert le jeu dès la troisième minute en profitant d'une largesse du gardien allemand. L'égalisation n'est jamais venue malgré un tir allemand sur la barre à la dernière minute.

2.547 spectateurs ont assisté à la rencontre dont les recettes sont reversées à des oeuvres de charité.

Jason Bate, 43 ans, qui sert dans la Royal Navy est venu avec sa femme et son fils John, âgé de 13 ans. «Nous sommes là car cela fait partie de l'histoire. Mon arrière-grand-oncle a été tué lors de la Bataille de la Somme. Mon fils va garder le programme du match pour le montrer plus tard à ses enfants et ses petits-enfants», a-t-il commenté sous une pluie fine.

Le match, venu clore les commémorations de la Grande guerre au Royaume-Uni, a été précédé d'une minute de silence et du chant de Marilena Gant qui a entonné «Douce nuit, sainte nuit». Les deux équipes ont fait leur entrée sur la pelouse derrière deux porte-drapeaux en uniforme d'époque.

Le terrain était entouré de coquelicots géants, une fleur devenue le symbole des soldats du Commonwealth tombés au combat.

Légendaire, la trêve de Noël de 1914 était d'abord l'occasion de panser ses plaies et enterrer ses morts plutôt que de jouer au foot, rappelle cependant Matt Brosnan, commissaire d'exposition au Imperial War Museum de London.

Les matches de football furent «un phénomène très isolé. Des échanges de cadeaux entre soldats ont été plus fréquents», a-t-il ajouté à l'AFP.

Une lettre réapparue récemment envoyée du front par un général britannique à sa femme offre aussi un autre aperçu de la situation.

Le général Walter Congreve raconte qu'il n'a pas voulu sortir des tranchées de peur d'offrir une trop belle cible à l'ennemi.

Il explique ensuite qu'il a profité de l'occasion pour noter l'emplacement du meilleur sniper allemand qu'il espérait abattre dès le lendemain.

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