Une première femme évêque pour l'Église anglicane

C'est la révérende Libby Lane - de son... (PHOTO PAUL ELLIS, AFP)

Agrandir

C'est la révérende Libby Lane - de son nom complet Elizabeth Jane Holden Lane - qui a été propulsée sous les projecteurs en devenant le nouvel évêque de Stockport, un poste vacant depuis le mois de mai.

PHOTO PAUL ELLIS, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
STOCKPORT, Grande-Bretagne

L'Église anglicane d'Angleterre a procédé mercredi à la nomination historique de sa première femme évêque, qui sera ordonnée fin janvier et exercera son ministère à Stockport, une ville désindustrialisée du Grand-Manchester.

Cette désignation, qui intervient un mois jour pour jour après un dernier feu vert du synode, met fin à des siècles de prédominance masculine dans la hiérarchie cléricale.

Elle a lieu vingt ans après les premières ordinations de femmes prêtres en Angleterre, où elles représentent aujourd'hui près d'un tiers du clergé.

C'est la révérende Libby Lane - de son nom complet Elizabeth Jane Holden Lane - qui a été propulsée sous les projecteurs en devenant le nouvel évêque de Stockport, un poste vacant depuis le mois de mai.

«C'est un jour remarquable pour moi et historique pour l'Église», a déclaré la pionnière dans une brève allocution devant les journalistes.

Elle s'est déclarée «enthousiaste, bien qu'un peu intimidée», après avoir appelé la salle à avoir une pensée pour les dizaines d'écoliers pakistanais tués la veille par des talibans.

Depuis 2007, cette femme âgée, de 48 ans et mariée à un prêtre avec lequel elle a deux enfants, officiait comme vicaire dans le diocèse de Chester, dans la même région de Manchester.

Elle avait été ordonnée diacre - fonction rendue accessible aux femmes en 1985 - en 1993 et prêtre en 1994, devenant l'une des premières femmes du pays à occuper cette fonction.

Le site internet de son église mentionne qu'elle est une partisane du club de soccer Manchester United et qu'elle prend des cours de saxophone.

«Canon 33»

Sa désignation, qui devrait être rapidement suivie d'autres, a été saluée par le premier ministre David Cameron. «C'est une nomination historique et un pas important pour l'Église vers une plus grande parité au sein de sa hiérarchie», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a ajouté que le gouvernement allait présenter une loi dès jeudi pour permettre aux femmes évêques de siéger à la chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique.

Actuellement, 26 évêques sont autorisés à y siéger, parmi lesquels les archevêques de Canterbury et d'York, et les évêques de Londres, de Durham et de Winchester sont membres de droit, tandis que les 21 autres sont les plus anciens dans leur charge. Mais la loi présentée devrait permettre à une femme d'y entrer rapidement, sans respecter cette règle d'ancienneté.

Libby Lane, dont l'ordination est prévue le 26 janvier à la cathédrale d'York, ne devrait toutefois pas bénéficier d'une telle priorité, car le diocèse dont elle hérite est secondaire, ont souligné les médias britanniques. L'entrée à la chambre des Lords de la première femme évêque est attendue en début d'année prochaine, avec le renouvellement des évêques de Southwell, de Nottingham, de Gloucester, d'Oxford et de Newcastle.

Après des années de querelles, le synode général de l'Église anglicane avait définitivement approuvé le 17 novembre la réforme ouvrant la voie à l'ordination de femmes évêques.

L'amendement baptisé «Canon 33» établit désormais qu'«un homme ou une femme peut être consacré à la fonction d'évêque».

Un précédent vote, en novembre 2012, avait échoué de seulement six voix. Un échec qui avait ravivé des divisions profondes au sein de cette Église, qui dispose d'un statut officiel en Angleterre puisque sa gouverneure suprême est la reine Élisabeth II.

Elle s'était vu reprocher une approche rétrograde contrastant avec l'attitude plus progressiste d'autres Églises anglicanes, comme celles du Pays de Galles, d'Australie, du Canada ou du Swaziland, qui autorisaient déjà l'ordination des femmes évêques.

L'anglicanisme est né d'une scission avec l'Église catholique au XVIe siècle, après le refus du pape d'accorder au roi Henri VIII l'annulation de son mariage.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer