En quatre mots: le Danemark à la conquête de l'Arctique

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Le Danemark a déposé hier à l'ONU des revendications territoriales sur un territoire de 900 000 km2 en Arctique, au nord du Groenland.

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Le Danemark est le premier pays à réclamer officiellement le pôle Nord. Le pays scandinave a déposé hier à l'ONU des revendications territoriales sur un territoire de 900 000 km2 en Arctique, au nord du Groenland. Une bonne partie de cette zone empiète sur les sections que devraient réclamer le Canada et la Russie. Nos explications.

Dorsale de Lomonossov

C'est le nerf de la guerre. Il s'agit d'une bande sous-marine surélevée longue de 1800 kilomètres, d'une largeur maximale de 200 kilomètres, qui s'élève à plus de trois kilomètres sous les fonds marins. Le pôle Nord s'y trouve actuellement. La dorsale de Lomonossov, découverte par les Soviétiques en 1948, va de la Sibérie à l'Amérique du Nord, se terminant entre le Groenland et l'île canadienne d'Ellesmere. Les géologues danois ont conclu que la dorsale est le prolongement du Groenland plutôt que de l'île d'Ellesmere, et donc qu'ils ont le droit de réclamer l'exploitation exclusive des fonds marins tout au long de la dorsale.

Pétrole

L'Arctique est le dernier Klondike d'hydrocarbures. Près du tiers des gisements de pétrole et 13% de ceux de gaz s'y trouveraient, selon une étude de 2008 de la Commission géologique des États-Unis. D'autres estimations sont encore plus élevées. Entre 2010 et 2013, la firme écossaise Cairn Energy, en partenariat avec la norvégienne Statoil, avait dépensé près de 3 milliards pour explorer les eaux du Groenland, à l'ouest de l'île danoise. Au Canada, 240 millions de barils ont été découverts dans la mer de Beaufort en 2005-2006, mais aucun projet d'exploitation n'est prévu. L'Office national de l'énergie est en train de préparer une réglementation sur la sécurité en cas de déversement ou d'accident sur une plateforme pétrolière. D'autres explorations en mer de Beaufort et au nord de l'île de Baffin sont aussi prévues d'ici 2020.

Île de Hans

«En 1940, l'Allemagne nazie a envahi le Danemark. En 2005, le Canada impérialiste a envahi le Danemark.» La comparaison proposée par le site internet Free Hans Island, géré par des Danois, montre bien le symbole qu'est devenue la dispute territoriale entre les deux pays autour d'un îlot rocheux inhabité d'à peine un kilomètre de large, situé entre le Groenland et l'île d'Ellesmere. Visitée à tour de rôle par des navires canadiens et danois, l'île de Hans a connu une histoire plus mouvementée depuis 1988, quand des navires danois, à plusieurs reprises, puis un navire canadien, en 2005, y ont hissé leur drapeau national respectif. Le ministre canadien de la Défense, Bill Graham, s'y est même rendu en 2005. En 2008, toutefois, des scientifiques danois, canadiens et d'autres pays se sont entendus pour installer une station météorologique commune dans l'île de Hans.

Harper

Stephen Harper, qui a fait de l'Arctique un haut lieu de la souveraineté canadienne avec des tournées annuelles et des annonces de nouvelles bases aériennes et militaires, n'a pas directement commenté le document danois. L'an dernier, une revendication préliminaire avait été déposée à l'ONU, qui incluait seulement une partie de la dorsale de Lomonossov. «On s'attend à ce que le Canada, le Danemark, la Russie et les États-Unis réclament de grands plateaux continentaux dans l'océan Arctique», a dit un porte-parole du gouvernement Harper, John Babcock, à La Presse Canadienne. «L'objectif de notre gouvernement a été d'obtenir le plateau continental le plus étendu pour le Canada.»

60
millions
Coût des recherches ayant mené aux revendications danoises

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