La Belgique paralysée par une grève «historique»

Les syndicats contestent le plan d'austérité décidé par... (PHOTO THIERRY ROGE, AFP)

Agrandir

Les syndicats contestent le plan d'austérité décidé par le nouveau gouvernement de Charles Michel, formé début octobre, qui entend notamment économiser 11 milliards d'euros en cinq ans.

PHOTO THIERRY ROGE, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Philippe SIUBERSKI
Agence France-Presse
BRUXELLES

La Belgique était paralysée lundi par une grève générale contre l'austérité qualifiée «d'historique» par les syndicats, qui reprochent au gouvernement de droite et au patronat leur «autisme».

«Il n'y a jamais eu de grève aussi forte, en front commun syndical, du nord au sud et de l'est à l'ouest» du pays, s'est réjouie la secrétaire générale du premier syndicat belge, la centrale chrétienne CSC, Marie-Hélène Ska.

«Nous allons chercher les voies pour relancer la concertation, mais si l'on devait encore constater la même logique d'autisme que celle que l'on connaît de la part du gouvernement et des patrons, alors nous n'aurons pas d'autre alternative que de définir un plan d'action à partir de janvier», a prévenu son homologue du syndicat socialiste FGTB, Marc Goblet.

Comme en Italie, paralysée vendredi par une grève générale contre les réformes économiques et sociales du premier ministre Matteo Renzi, et alors que la grogne contre l'austérité monte en Europe, les syndicats belges contestent le plan d'austérité décidé par le nouveau gouvernement de Charles Michel, formé début octobre, qui entend notamment économiser 11 milliards d'euros en cinq ans.

La coalition de Charles Michel, intégrant - c'est une première dans l'histoire du royaume - les nationalistes flamands de la N-VA, prévoit également de porter de 65 à 67 ans l'âge légal de départ à la retraite, en 2030.

Aucune manifestation d'ampleur n'est organisée, mais les «piquets», formant dès l'aube des barrages à l'entrée des entreprises, ont donné des aspects de «ville fantôme» à de nombreuses zones industrielles ou commerciales.

Aucun avion, aucun train 

Les transports étaient comme prévu les plus touchés.

En raison de l'arrêt de travail des contrôleurs aériens, plus aucun avion n'a décollé ni atterri dans les aéroports depuis dimanche à 22 h (16 h, heure de l'Est), ce qui représente 600 vols supprimés pour le seul aéroport international de Bruxelles. À l'aéroport de Charleroi (sud), également déserté, une trentaine de passagers mal informés attendaient en vain un avion, selon le directeur de l'aéroport, Jean-Jacques Cloquet.

Les trains ont cessé de rouler dimanche soir et aucun Thalys, TGV ou Eurostar (pour Londres) transitant par la Belgique n'est prévu lundi. La navigation commerciale vers et depuis les grands ports de Zeebruges et d'Anvers était également stoppée.

Aucun autobus, tramway ou métro ne circulait en Flandre (nord) et à Bruxelles. En Wallonie (sud), seuls quelques bus roulaient.

Deux «opérations escargots» ont été menées en début de matinée sur les axes menant au Luxembourg, mais la circulation était pour le reste exceptionnellement fluide.

Les écoles, crèches, prisons, administrations, mais aussi les hôpitaux, où toutes les consultations et opérations non urgentes ont été annulées, sont également solidaires de la grève. De nombreuses grandes surfaces étaient fermées.

Le mouvement de 24 heures est le point d'orgue, sans doute provisoire, d'une série de grèves régionales qui avaient déjà fortement freiné l'activité du pays ces trois dernières semaines.

Premiers signes de dissension

Les syndicats, qui avaient réuni environ 120 000 personnes lors d'une manifestation à Bruxelles le 6 novembre, sont extrêmement remontés contre les coupes dans les services publics, la culture ou les transports décidées le gouvernement, qui prévoit également de geler en 2015 l'«indexation automatique», qui permet de revaloriser les salaires en fonction de l'inflation.

Considéré par beaucoup comme le véritable homme fort de la coalition, le chef de la N-VA et maire d'Anvers Bart De Wever n'a pas mâché ses mots contre les syndicats. Il a dénoncé une «grève politique», fomentée selon lui par le Parti socialiste au travers de la FGTB.

La volonté des syndicats n'est «absolument pas» de faire tomber le gouvernement, a répliqué lundi le patron de la FGTB Marc Goblet, en pointant les premiers signes de «dissensions internes» au sein du gouvernement.

L'un des partis de la coalition, la formation démocrate-chrétienne flamande CD & V, affiche sa nervosité. Le vice-premier ministre CD & V Kris Peeters a critiqué lundi les dernières sorties de Bart De Wever. «En faisant des déclarations aussi dures, on ne rassemble pas les partenaires sociaux autour de la table», a-t-il regretté.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer