La Belgique rend hommage à la reine Fabiola

Une fillette dépose des fleurs en face du palais... (PHOTO ERIC VIDAL, REUTERS)

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Une fillette dépose des fleurs en face du palais royal, le 6 décembre à Bruxelles.

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Jean-Luc BARDET
Agence France-Presse
BRUXELLES

La Belgique commençait à rendre hommage samedi à la reine Fabiola, la «reine de coeur» décédée la veille à l'âge de 86 ans, dont les funérailles nationales auront lieu vendredi prochain à Bruxelles.

Elle sera ensuite inhumée au côté du roi Baudouin, son époux décédé en 1993 auprès duquel elle avait régné pendant 33 ans et auquel elle reste étroitement associée. «Fabiola a rejoint Baudouin», titraient samedi plusieurs quotidiens.

Un deuil national d'une semaine a été décrété du samedi 6 au vendredi 12 décembre. Les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments publics. Celui qui flotte au-dessus du palais royal, dans le centre de la capitale belge, avait été mis à mi-mât dès vendredi soir, après l'annonce du décès de la 5e reine des Belges.

Depuis, des anonymes se succèdent devant les grilles du palais pour déposer des fleurs ou des bougies. «À Son Altesse Royale la Reine Fabiola, plus qu'une Reine, une grande Dame», a écrit un admirateur. «À la reine des Belges la plus drôle», dit un autre sur un ours en peluche habillé aux couleurs de la Belgique, noir, jaune et rouge.

Des scènes identiques ont lieu au château du Stuyvenberg, où Fabiola s'est éteinte. «C'était quelqu'un de marquant, elle avait des étoiles dans les yeux», confie un homme d'une quarantaine d'années, en référence à la spontanéité et à l'humour de Fabiola.

Coiffure bouffante

Pour permettre à la population de lui rendre un dernier hommage, sa dépouille mortelle sera conduite mardi au palais royal, où les Belges pourront venir se recueillir mercredi et jeudi.

Les détails de l'organisation des funérailles n'étaient pas encore connus samedi après-midi. De nombreuses têtes couronnées européennes devraient y assister, de même que des représentants d'autres pays. «Ce sera une cérémonie plutôt joyeuse. Je m'attends à des choses qui ne soient pas tout à fait conventionnelles», a déclaré le porte-parole des évêques de Belgique, Tommy Scholtès, en rappelant sa passion pour la musique.

La Libre Belgique titrait sobrement «1928-2014» samedi sous une photo en noir et blanc de Fabiola jeune, lors du mariage de la jeune aristocrate espagnole avec le roi Baudouin en 1960. Elle n'avait pas encore adopté cette coiffure bouffante en forme de cloche défiant la gravité.

«La Belgique perd une grande Reine, une Reine d'amour, une Reine blanche, une Reine de coeur», écrivait le quotidien francophone. Très catholique, Fabiola avait choisi le blanc pour les obsèques de Baudouin, une image qui avait frappé le monde entier.

Le président français, François Hollande, a salué «une grande dame de coeur qui, aux côtés de son époux le roi Baudouin, n'aura eu de cesse de se consacrer aux plus faibles et aux plus démunis».

Fondation contestée

«La reine passion», a titré Le Soir, avec une photo du couple souriant, resté très soudé tout au long de leur union. «Avec le décès de Fabiola, c'est l'ère Baudouin qui s'éteint», souligne le quotidien, un règne marqué par la transformation de la Belgique d'un État unitaire en un pays fédéral.

Elle «avait contribué par son mariage à la consolidation inespérée de notre pays déchiré et à la maturité d'un monarque timide, triste et très seul», estime aussi Le Soir, en rappelant cependant que son «image s'était abîmée ces dernières années après les révélations sur l'argent de sa fondation».

Début 2013, la presse avait révélé que Fabiola avait créé une fondation afin d'aider ses neveux et nièces, ainsi que des oeuvres religieuses, dans le but selon ses détracteurs d'éviter les droits de succession. Les dernières apparitions publiques de la reine, à la santé de plus en plus fragile, remontaient à juillet 2013.

La presse flamande, la région néerlandophone du nord du pays, a souligné la personnalité vive et pleine d'humour de Fabiola. De Morgen affichait une des photos les plus célèbres de la reine, une pomme verte dans la main, le regard espiègle sous un chapeau mauve. C'était le 21 juillet 2009, jour de Fête nationale. Sur la tribune officielle, elle avait exhibé une pomme, défiant l'auteur d'une lettre anonyme la menaçant de l'assassiner avec une arbalète.

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