France: nouvelle démission au sein du gouvernement Hollande

Kader Arif (à gauche) était secrétaire d'État aux... (PHOTO ALAIN JOCARD, ARCHIVES AFP)

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Kader Arif (à gauche) était secrétaire d'État aux Anciens combattants, mais il était un fidèle de François Hollande, qu'il avait accompagné dans sa campagne pour conquérir l'Élysée en 2012.

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Bertrand PINON
Agence France-Presse
PARIS

Un nouveau coup dur a frappé vendredi les socialistes au pouvoir en France, avec la démission de Kader Arif, un fidèle du président, François Hollande, contraint de quitter le gouvernement sur fond d'affaires impliquant ses proches.

Ce départ est le deuxième en moins de trois mois d'un exécutif remanié fin août pour éradiquer une fronde de ministres opposés au cap réformiste de M. Hollande et son premier ministre, Manuel Valls, qui espéraient alors la fin de couacs en série.

Début septembre, l'éphémère secrétaire d'État au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, avait été évincé pour n'avoir pas payé ses impôts.

Kader Arif, secrétaire d'État aux Anciens combattants, n'occupait qu'un strapontin au gouvernement. Mais il était un fidèle du chef de l'État, qu'il avait accompagné dans sa campagne pour conquérir l'Élysée en 2012.

Il a été poussé à la sortie par l'ouverture d'une enquête judiciaire sur des soupçons de favoritisme dont auraient pu bénéficier deux sociétés dirigées par son frère puis ses neveux pour décrocher plusieurs millions d'euros en marchés publics dans la région de Toulouse, sa terre d'élection dans le sud-ouest de la France.

M. Arif «a présenté sa démission afin d'apporter toutes les précisions visant à l'établissement de la vérité dans le cadre de l'enquête (...) dans laquelle son nom est cité», a déclaré l'Élysée dans un communiqué annonçant, en début d'après-midi, son remplacement express par Jean-Marc Todeschini, sénateur socialiste de Moselle (est).

Le chef de l'État a «remercié pour son action» le partant, selon ce communiqué. Mais d'après une source bien informée, l'entretien entre les deux hommes vendredi matin s'est «très mal passé».

Une source judiciaire avait révélé la veille qu'une perquisition liée à l'affaire avait été menée le 6 novembre au ministère français de la Défense.

Kader Arif a pour sa part affirmé à l'AFP avoir démissionné «par respect pour la fonction ministérielle» et assuré François Hollande et Manuel Valls de sa «loyauté totale».

«Ça commence à faire beaucoup»

Un peu plus de deux mois après l'éviction éclair de Thomas Thévenoud et un an et demi après le scandale du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, banni de la vie politique pour avoir caché des comptes bancaires en Suisse, l'extrême droite s'est immédiatement emparée de la nouvelle affaire.

«Ca commence à faire beaucoup dans un même gouvernement», a jugé sa chef de file, Marine Le Pen, en dénonçant «une déliquescence éthique et morale de la vie politique française».

«C'est à se poser la question de savoir s'il ne faut pas faire une grande opération mains propres», a lancé la présidente du Front national, dont la position dans les sondages pour la présidentielle de 2017 fait planer sur la gauche la menace d'une élimination au premier tour.

L'affaire Arif éclate dans un contexte de faiblesse extrême du président Hollande. Plombée par l'absence de résultats économiques et les promesses non tenues depuis son élection, sa cote de popularité campe depuis la rentrée sous les 20%.

Le gouvernement de Manuel Valls ne dispose plus que d'une majorité étriquée au Parlement, depuis le remaniement de la fin de l'été qui a consacré un tournant social-libéral contesté par l'aile gauche du Parti socialiste.

Le départ du gouvernement voici quelques mois du bouillant ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, et de deux autres de ses collègues, critiques de ce virage, n'a pas apporté au couple exécutif la fin espérée des bourdes et autres dissonances.

Début novembre, le bras droit de François Hollande, le secrétaire général de l'Élysée Jean-Pierre Jouyet, s'est retrouvé sur la sellette, mis en cause dans une affaire impliquant aussi l'ex-premier ministre de droite, François Fillon.

Jeudi, le président a dû rappeler à l'ordre son gouvernement contre tout débat prématuré sur la prochaine présidentielle, après qu'un autre secrétaire d'Etat, Thierry Mandon, a suggéré qu'il ne serait pas un candidat incontournable du PS en 2017.

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