Le chapeau de Napoléon vendu 1,8 million d'euros

En 15 ans de règne, Napoléon a usé... (PHOTO DOMINIQUE FAGET, AFP)

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En 15 ans de règne, Napoléon a usé environ 120 chapeaux, presque tous fabriqués par la maison Poupard à Paris.

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Antoine FROIDEFOND
Agence France-Presse
PARIS

Le chapeau de Napoléon s'est envolé: un industriel sud-coréen a déboursé plus de 1,8 million d'euros dimanche pour l'un des 19 bicornes authentifiés de l'Empereur, au cours d'une vente aux enchères près de Paris.

Il s'agit d'un record pour un chapeau de Napoléon, selon Jean-Claude Dey, expert de la vente. Celle-ci atteint au total les 10 millions d'euros frais compris, selon l'étude Osenat.

M. Lee Tae Kyun, dirigeant du groupe agro-alimentaire Harim, a payé 1,884 million d'euros (plus de 2,6 millions de dollars) avec les frais pour le chapeau «de forme traditionnelle, en feutre dit en castor noir», porté par l'un des personnages historiques français les plus connus dans le monde.

«Je suis venu pour mon chef, le patron de l'entreprise. Il voulait l'acheter car on a un nouveau bâtiment et ce chapeau a du sens là-bas, pour la nouvelle génération. Nous voulons montrer ce chapeau pour faire venir les gens... Et parce que les employés de notre entreprise sont pareils (à Napoléon), nous sommes des pionniers en Corée», a déclaré l'enchérisseur, qui a personnellement requis l'anonymat.

Estimé entre 300 000 et 400 000 euros, le chapeau a appartenu à Joseph Giraud, vétérinaire de la Maison de l'empereur. Il faisait partie des 1000 pièces réunies en son temps par Louis II de Monaco (1870-1949), arrière-grand-père du prince Albert qui a décidé de les disperser.

En 15 ans de règne, Napoléon a usé environ 120 chapeaux, presque tous fabriqués par la maison Poupard à Paris.

Dans une salle bondée à Fontainebleau, le représentant de Lee Tae Kyun s'est porté acquéreur d'autres pièces parmi les objets proposés par les maisons Osenat, Binoche et Giquello.

La vente était attendue fébrilement tant en France qu'à l'étranger par les nombreux passionnés de l'ancien empereur. Beaucoup d'étrangers avaient fait le déplacement, notamment des Américains, et de nombreux ordres ont été donnés par téléphone.

Un autre objet personnel du souverain, un foulard en madras rouge (estimé 6000 à 8000 euros) qu'il portait sur le sommet du crâne à la fin de sa vie à Sainte-Hélène, comme en témoigne un tableau d'époque, a été vendu 32 200 euros.

Un buste monumental de l'atelier du sculpteur Canova a été vendu 700 000 euros et un célèbre portrait par Paul Delaroche 460 000 euros. Une rare assiette du service dit «des quartiers généraux» a été acquise pour 528 000 euros et un berceau, offert par Napoléon à sa fille adoptive Stéphanie de Beauharnais, est parti à 267 600 euros.

Couteau de cuisine 

Étaient également vendus les «trophées» saisis par les troupes prussiennes à Waterloo dans les berlines de l'empereur (gants, argenterie, épée, ordres de chevalerie....), les chaussons de baptême du fils de l'empereur, le roi de Rome, brodés aux armes impériales, une montre entièrement en ivoire donnée par Napoléon au général Drouot, et de très nombreux souvenirs de la Grande Armée et de l'entourage du souverain.

Pièce particulière, le couteau de cuisine trouvé sur l'étudiant Frédéric Staps qui voulait assassiner Napoléon à Schoenbrunn (Autriche) en octobre 1809 a été acheté 32 200 euros.

Deux musées français ont exercé leur droit de préemption, le Château de Malmaison pour un dessin exécuté par l'impératrice Joséphine (vendu 25 760 euros) et le Musée Maison Bonaparte d'Ajaccio pour un angelot en ivoire offert par l'empereur (8750 euros) Napoléon «reste l'un des personnages historiques les plus populaires, a expliqué à l'AFP le directeur de la Fondation Napoléon,  Thierry Lentz. Dans les sondages, il est toujours cité avec De Gaulle et Louis XIV et nos conférences ne désemplissent pas».

La principale association française, le Souvenir napoléonien, compte quelque 4000 membres.

L'empereur est aussi un mythe à l'étranger: «il y a une sorte de respect pour l'histoire napoléonienne», y compris dans les pays conquis, dit ce spécialiste. Deux grands colloques sur Napoléon ont été organisés l'an dernier aux États-Unis. Il y a même une société napoléonienne et un grand musée à Cuba.

«Les premières donations à la souscription pour sauver le domaine de Sainte-Hélène sont venues d'Australie et une exposition que nous avions organisée à Melbourne il y deux ans a attiré 200 000 personnes», a souligné M. Lentz.

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