France: le PM Valls veut «en finir avec la gauche passéiste»

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Manuel Valls s'est aussi dit favorable à un changement de nom du Parti socialiste.

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Martine NOUAILLE
Agence France-Presse
PARIS

Le torchon brûle chez les socialistes au pouvoir en France, où la «fronde» de la gauche du parti contre l'orientation sociale libérale du gouvernement a mis en fureur mercredi l'exécutif, le premier ministre Manuel Valls appelan.

Latent depuis la nomination de M. Valls au printemps, le conflit a viré à l'aigre après l'abstention mardi de 39 députés du Parti socialiste (PS), dont trois anciens ministres, qui ont refusé d'avaliser la partie recettes du budget 2015, adopté à une courte majorité.

«Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s'attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste», s'est insurgé le chef du gouvernement dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur. Défendant une gauche «pragmatique, réformiste et républicaine», Manuel Valls a lancé l'idée d'une «maison commune» rassemblant «toutes les forces progressistes».

Il s'est aussi dit favorable à un changement de nom du Parti socialiste, une éventualité aussitôt rejetée par le chef de la formation, Jean-Christophe Cambadélis.

Le ralliement mardi aux «frondeurs» de l'aile gauche du PS des anciens ministres Benoît Hamon (Éducation), Aurélie Filipetti (Culture) et Delphine Batho (Écologie) a mis le feu aux poudres. «Il y a des devoirs quand on est dans une majorité. La question budgétaire est essentielle. Donc il y a un manquement au devoir», a dénoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

Jean-Christophe Cambadélis est allé plus loin en jugeant «déplorable» et «pas loyale» l'attitude d'Aurélie Filippetti et Benoît Hamon, qui «avaient accepté les arbitrages (budgétaires) au mois de juillet» alors qu'ils étaient encore en fonctions.

Aurélie Filippetti et Benoît Hamon ont quitté le gouvernement de Manuel Valls le 25 août, par solidarité avec Arnaud Montebourg, le ministre de l'Économie limogé pour avoir critiqué l'orientation sociale libérale de l'exécutif. Delphine Batho, quant à elle, avait été remerciée en juillet 2013 pour avoir jugé ses crédits insuffisants.

«Je n'ai aucune leçon à recevoir de qui que ce soit», a répliqué Aurélie Filippetti. «Je dois des comptes à mes électeurs et aux Français», a-t-elle ajouté.

À la moitié du quinquennat du président François Hollande, dont la popularité stagne au plus bas, le budget 2015 a été élaboré sous tension, entre une croissance atone et la menace de voir Bruxelles recaler la France pour le nouveau dérapage de ses déficits.

«Prophète de malheur»

Le projet prévoit 21 milliards d'euros (près de 30 milliards de dollars) d'économies, dont 3,7 milliards (près de 5,3 milliards de dollars) de baisse de dotations aux collectivités locales.

Construit sur l'hypothèse d'une croissance de 1 % l'an prochain, jugée «fausse» par l'opposition de droite, le texte table sur un déficit public en légère baisse à 4,3 % du PIB, repoussant de deux ans à 2017 le retour au plafond de 3 % fixé par les traités européens.

Le président Hollande a assuré mercredi que le programme d'économies «ne nuisait pas à l'objectif de croissance et que le rythme de réduction des déficits publics n'entamait pas le potentiel de notre économie».

Les «frondeurs» critiquent des coupes faites «à l'aveugle» au détriment des plus modestes.

La politique de l'exécutif «menace la République», car «elle réduit les capacités d'intervention de la puissance publique», a lancé mercredi Benoît Hamon.

Visiblement pessimiste, l'ancien ministre a prédit «un immense désastre démocratique» pour la prochaine élection présidentielle de 2017, avec la menace d'une victoire de la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen, placée en tête des intentions de vote au premier tour dans plusieurs sondages récents.

«C'est grotesque», a rétorqué en le qualifiant de «prophète de malheur» un autre dirigeant socialiste, le secrétaire d'État à la Réforme de l'État, Thierry Mandon.

Les «frondeurs», dont l'acte de naissance a été le refus de voter la confiance à Manuel Valls le 8 avril, ont été confortés par le retour récent sur scène de l'ancienne numéro un du Parti socialiste Martine Aubry, qui a demandé une réorientation de la politique économique du gouvernement.

Plutôt discrète depuis le début du quinquennat du président Hollande, la maire socialiste de Lille (nord) a plaidé dimanche en faveur d'«une nouvelle social-démocratie», un projet qui n'est «ni le libéralisme économique, ni le social-libéralisme».

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