Après la mort de son patron, un duo à la tête de Total

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Thierry Desmarest sera atteint en décembre 2015 par une limite d'âge qui le contraindra alors à quitter ses nouvelles fonctions de président.

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Marie HEUCLIN
Agence France-Presse
PARIS

Deux jours après le décès accidentel de son patron Christophe de Margerie, le géant pétrolier français Total s'est doté mercredi d'un nouvel exécutif tandis qu'à Moscou les boîtes noires de son avion accidenté étaient en cours d'analyse.

Au cours d'un conseil d'administration extraordinaire au siège du groupe près de Paris, Patrick Pouyanné, 51 ans, actuel directeur général de la branche Raffinage-Chimie, a été nommé nouveau directeur général, selon un communiqué du groupe. Fin 2015, Patrick Pouyanné endossera aussi la responsabilité de la présidence, ce qui fera de lui le PDG de la première entreprise française par les bénéfices, a-t-on précisé de même source.

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Patrick Pouyanné, 51 ans, actuel directeur général de la branche Raffinage-Chimie, a été nommé nouveau directeur général.

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Dans l'intervalle, cette fonction présidentielle sera assurée par Thierry Desmarest, 68 ans, ex-patron de l'entreprise (1995-2010) et actuel président d'honneur. Thierry Desmarest sera atteint en décembre 2015 par une limite d'âge qui le contraindra alors à quitter ses nouvelles fonctions.

Le nouveau duo exécutif du géant pétrolier aux 100 000 employés et présent dans plus de 130 pays, qui affichait en 2013 un chiffre d'affaires de 189,5 milliards d'euros (270,5 milliards de dollars), va devoir gérer les défis d'une croissance moindre de la production d'hydrocarbures, d'une crise du raffinage en Europe et de retards pris dans le développement de certains projets.

Christophe de Margerie, 63 ans, est mort lundi à Moscou dans une collision de son avion en phase de décollage avec un chasse-neige. Il devrait être inhumé dans l'intimité à Saint-Pair-sur-Mer, dans l'ouest de la France, «a priori après une cérémonie officielle avec des personnalités à Paris», selon des sources officielles.

À Moscou, l'enquête s'est accélérée sur les causes de l'accident du jet d'affaires de type Falcon dans lequel ont également péri deux pilotes et un membre d'équipage.

«Aujourd'hui (mercredi), avec des spécialistes du Bureau d'enquête et d'analyse (BEA, français) et en présence de représentants du comité d'enquête (russe) nous avons procédé avec succès (...) à la copie des informations d'un enregistreur de bord», a déclaré le vice-président du Bureau d'enquête pour la sécurité de l'aviation civile russe (MAK), Sergueï Zaïko, à la chaîne de télévision publique Rossiya 24.

Le but de cette expertise «n'est pas d'identifier les coupables - ce qui incombe aux enquêteurs et aux juges -, mais d'établir les causes de l'accident», a rappelé ce responsable.

«Nous sommes en train d'étudier les enregistrements de tous les enregistreurs de bord, nos experts analysent la situation météorologique au moment de l'accident et toute la documentation, y compris celle qui concerne les préparatifs du vol», a-t-il ajouté.

Perte de «repères»

Le conducteur du chasse-neige, accusé par les enquêteurs russes d'avoir été en état d'ébriété au moment de l'accident - ce qu'a démenti son avocat -, a déclaré avoir «perdu ses repères» et ne pas avoir entendu l'avion s'approcher de son véhicule.

Placé en garde à vue pour 48 heures, cet homme de 60 ans qui, selon la chaîne de télévision russe Pervyi Kanal, travaille à l'aéroport moscovite de Vnoukovo depuis 10 ans, est apparu pour la première fois dans des images «amateur» réalisées pendant son interrogatoire par des enquêteurs.

«J'ai perdu mes repères et je ne me suis pas rendu compte que j'entrais sur la piste de décollage, donc on peut considérer que j'y suis entré», déclare l'homme sur ces images apparemment prises par un téléphone portable.

«L'avion était en train de décoller, je ne l'ai pratiquement pas vu ou entendu parce que ma machine fonctionnait (et faisait du bruit) et qu'il n'y avait pas de lumière», ajoute-t-il sans qu'il soit possible de déterminer s'il parle des feux de position du Falcon 50 ou de balises lumineuses sur la piste.

«Et il y a eu le choc», conclut le conducteur qui devait être présenté devant un juge dans la journée.

Le rôle du conducteur du chasse-neige, la responsabilité des aiguilleurs du ciel, ainsi qu'une possible erreur des pilotes et les conditions météorologiques, sont au centre des investigations des enquêteurs russes, épaulés par les spécialistes du BEA, deux conseillers techniques de la compagnie Unijet qui possédait l'appareil et un conseiller du groupe français Dassault Aviation, constructeur du Falcon détruit.

Mardi, les hommages de responsables économiques et politiques s'étaient multipliés en France, mais aussi en Russie, où le patron de Total était considéré comme «un véritable ami» du pays, selon les mots de son président Vladimir Poutine.

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