G.-Bretagne: le service public de santé en grève

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Véritable institution en Grande-Bretagne, le NHS (National Health Service) a été créé en 1948 par un gouvernement travailliste et garantit un service de soins gratuits à tous les résidents du pays.

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
LONDRES

Des centaines de milliers d'employés du service public de santé britannique (NHS) sont appelés à observer un arrêt de travail de quatre heures lundi pour protester contre le refus du gouvernement de leur accorder une hausse de salaire.

À l'origine de ce mouvement social inédit depuis 1982 et les années Thatcher, la décision du ministre de la Santé Jeremy Hunt de faire fi de la recommandation d'un organisme indépendant d'augmenter de 1% les salaires.

Ces hausses «sont inabordables et menaceraient la qualité des soins délivrés aux patients», avait justifié le ministre en mars.

Des arguments jugés inadmissibles par les syndicats face aux performances de l'économie britannique, attendue en croissance de plus de 3% en 2014, et aux sacrifices consentis ces dernières années.

«L'inflation continue d'augmenter depuis 2011 alors que dans le même temps le niveau des rémunérations des employés du NHS a baissé de près de 12%», affirme le secrétaire général du syndicat UNISON, Dave Prentis. «Refuser d'accorder une augmentation aussi dérisoire que 1% montre dans quelle estime ce gouvernement tient les salariés de la santé».

«Trop, c'est trop» 

Ce manque à gagner équivaut pour les salariés «à trois ans de factures de gaz et d'électricité», affirme de son côté Jon Skewes, un responsable du Royal College of Midwives, un syndicat de sages-femmes dont l'appel à la grève est le tout premier en 133 ans d'existence.

«S'entendre dire, malgré des années de stress, de pression et d'heures supplémentaires, que vous n'aurez droit à aucune hausse de salaire alors que dans le même temps, les factures augmentent... c'est inacceptable. Trop, c'est trop», lâche-t-il à l'AFP.

Malgré la grève et l'exaspération des syndicats, le ministère de la Santé ne semble, pour l'heure, guère disposé à plier et répète que le coup de pouce réclamé grèverait durablement les finances fragiles du NHS.

Il se dit en revanche «prêt à rencontrer les syndicats pour discuter de la manière dont nous pouvons travailler ensemble pour faire en sorte que le système de rémunération de la NHS soit plus équitable», selon un porte-parole.

Véritable institution en Grande-Bretagne, le NHS (National Health Service) a été créé en 1948 par un gouvernement travailliste et garantit un service de soins gratuits à tous les résidents du pays.

Cette machine compte plus de 1,2 million d'employés et seules l'Armée populaire de Chine, la compagnie de chemin de fer indienne et la chaîne américaine de supermarchés Wal-Mart emploient davantage de personnel dans le monde, selon l'administration britannique.

Services d'urgence assurés

Lundi, la grève pourrait mobiliser quelque 500 000 personnes, selon un sondage mené par le journal The Guardian. Au total, neuf syndicats ont appelé à un débrayage de quatre heures entre 7h00 et 11h00 (2h00 et 6h00, heure de Montréal).

Le mouvement social concerne tous les employés du NHS en Angleterre et Irlande du Nord, à l'exception des médecins et dentistes.

Si les services d'urgence devaient continuer à être assurés, les syndicats ont fortement recommandé aux patients de reporter leurs rendez-vous.

Au Great Western Hospital de Swindon, à l'ouest de Londres, des mesures ont été mises en place pour «faire en sorte que les perturbations soient minimales» lundi matin, a indiqué à l'AFP un responsable, Oonagh Fitzgerald, confirmant que «la grève ne touchera pas les patients qui ont besoin de soins d'urgence».

Ce mouvement social rarissime, largement soutenu par le public, intervient à seulement sept mois des élections législatives, et devrait donner du grain à moudre au parti travailliste, qui accuse régulièrement les conservateurs au pouvoir de mener une privatisation rampante du NHS.

«Le NHS est toujours un sujet majeur dans les élections», explique Kristian Niemietz, un expert de l'Institut des affaires économiques (IEA) de Londres, qui regrette cependant que le débat reste «très superficiel» et n'aboutisse pas à proposer des «visions» claires pour l'avenir d'un système qui, malgré les critiques essuyées sur les délais d'attente ou la qualité des soins réputée moindre que dans le privé, fait la fierté des Britanniques.

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