France: les opposants au mariage gai à nouveau dans la rue

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Parmi les manifestants se trouvaient des adultes et des enfants, des jeunes ou retraités brandissent drapeaux français ou les étendards bleu, blanc ou rose de la Manif pour tous (MPT).

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Stéphane JOURDAIN, Ambre TOSUNOGLU
Agence France-Presse
PARIS

«Non aux mères porteuses»: les défenseurs de la famille «traditionnelle» se sont une nouvelle fois mobilisés dimanche à Paris et Bordeaux à l'appel de la Manif pour tous, de retour après avoir combattu en vain le mariage homosexuel.

Environ 70 000 personnes selon la police, 500 000 d'après les organisateurs ont défilé dans les rues de la capitale. À Bordeaux, ils étaient 7500 pour la police, 30 000 selon le collectif.

«Une marée bleu-blanc-rose», pour la Manif pour tous (MPT), alors que près d'un tiers des Français (31 %) se retrouvent dans les idées du mouvement, selon un sondage Ifop pour le site Atlantico.

Le cortège, qui s'est ébranlé en début d'après-midi de la Porte Dauphine, s'est dispersé rapidement dans le calme à Montparnasse en début de soirée.

Peu après, de brèves échauffourées sans gravité ont opposé les forces de l'ordre à quelques dizaines de «militants ultranationalistes». Ils ont été bloqués par les policiers qui ont procédé à des contrôles d'identité, selon une source policière. Au total, plus d'un millier de policiers avaient été mobilisés pour assurer la sécurité de la manifestation.

Malgré le froid et le ciel plombé, la Manif pour tous a mobilisé un public hétéroclite: des adultes accompagnés de leurs enfants, des jeunes ou des retraités qui ont battu le pavé en brandissant drapeaux français ou étendards aux couleurs du collectif.

Dans la ligne de mire des manifestants: le coup de rabot annoncé sur les allocations familiales, la procréation médicalement assistée (PMA), et surtout la gestation pour autrui (GPA).

La question d'un recours aux mères porteuses a cristallisé les craintes, malgré les garanties récemment apportées par le premier ministre, Manuel Valls, qui a assuré qu'elle «est et sera interdite» en France.

«Votre courage à manifester pacifiquement tant de fois depuis deux ans a fait comprendre à monsieur Valls» le danger de la GPA, s'est réjouie Ludovine de la Rochère, présidente de la MPT.

«Marchandisation» de la famille 

Dans la foule parisienne, un retraité s'est tout de même inquiété d'une «marchandisation» de la famille. «La prochaine étape ce sera des enfants dans les rayons des magasins et on choisira ceux qui nous plaisent», a-t-il lâché.

Pour Thibault, 30 ans, venu tout spécialement des Alpes, recourir à une mère porteuse c'est de «l'industrialisation», de «l'esclavagisme moderne», tandis qu'à Bordeaux, Jean-Baptiste Fayet, l'un des responsables de la MPT, a assuré que des agences de vente d'enfants «viennent faire leur démarchage en France [...] à 300 mètres de l'Assemblée nationale».

Plusieurs élus de l'UMP, dont Laurent Wauquiez, Michèle Alliot-Marie et Hervé Mariton, ont participé à la manifestation parisienne ainsi qu'une délégation du FN avec le vice-président du parti, Louis Aliot, et la députée Marion Maréchal-Le Pen. La benjamine de l'Assemblée nationale a rappelé que Manuel Valls s'était prononcé «en faveur de la GPA» en 2011.

L'ancienne figure de la MPT, Frigide Barjot, a de son côté tenté de se démarquer. Rassemblant une centaine de militants sur le parvis de la gare Montparnasse, à distance des manifestants, elle a regretté que son ancien mouvement «bloque le débat», réitérant son souhait de la mise en place d'une union civile pour les homosexuels.

La mobilisation a sans doute profité de l'annonce cette semaine d'un coup de rabot aux prestations familiales, une décision dont la droite s'est emparée pour attaquer le gouvernement. «On est en train d'étrangler financièrement des familles», a dénoncé le député UMP Laurent Wauquiez. «Nos élus locaux feront le nécessaire pour combler» les manques, a promis pour sa part Marion Maréchal-Le Pen.

Les décomptes laissent apparaître un léger tassement par rapport à la précédente manifestation qui avait rassemblé à Paris et à Lyon 100 000 personnes selon la police, 540 000 selon le collectif.

Pour ne pas laisser la Manif pour tous occuper tout le champ médiatique, quelques centaines de personnes se sont rassemblées dimanche matin à Paris, à l'appel de l'association «All Out», une ONG qui défend les droits de la communauté homosexuelle.

Dans la soirée, une trentaine de militants de la cause homosexuelle se sont par ailleurs rassemblés place Dauphine, à l'appel de l'Inter-LGBT et de l'association féministe FierEs, pour une opération «propreté de Paris» visant à ôter les autocollants et affiches collés sur le parcours de la Manif pour tous, a constaté un journaliste de l'AFP.

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