2000 migrants secourus en deux jours, alors que Lampedusa se souvient

Les cercueils de plusieurs des 360 migrants tués... (PHOTO ALBERTO PIZZOLI, ARCHIVES AFP)

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Les cercueils de plusieurs des 360 migrants tués lors du naufrage de leur navire sont vus dans un hangar de l'aéroport de Lampedusa, le 5 octobre 2013.

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Agence France-Presse
ROME

La marine italienne a secouru plus de 2000 migrants en deux jours, alors que l'Italie commémore vendredi le naufrage d'un bateau au large de Lampedusa (sud) qui l'avait poussée à prendre la tête de l'aide aux migrants en Méditerranée.

Sous le choc du naufrage du 3 octobre 2013, qui avait fait au moins 366 morts au large de l'île, l'Italie a mis en place le dispositif «Mare Nostrum», qui a permis de secourir au total 144 000 migrants en un an -- selon les derniers chiffres de la marine -- soit une moyenne de près de 400 par jour.

Mais l'opération coûte cher et sera remplacée à partir de novembre par un dispositif nettement allégé baptisé «Triton» et géré par l'Agence européenne pour la gestion des frontières Frontex.

Dans le cadre des cérémonies à Lampedusa, des survivants du naufrage et de lycéens de l'île ont peint vendredi des messages commémoratifs sur les cubes de ciment qui bordent la jetée «Favarolo», où furent alignés les cadavres il y a un an.

Des survivants et des proches ont aussi déployé une vaste banderole appelant à «Protéger les personnes, pas les frontières».

Lors d'une célébration intitulée «Mourir d'espoir», le cardinal Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour les migrants, a exhorté les pays européens à prêter main-forte à l'Italie et à Malte dans l'accueil des migrants.

«L'organisation de l'accueil par tous les pays européens signifie prendre acte de la réalité de la migration forcée afin qu'aucun pays de premier accueil ne soit laissé seul,» a-t-il déclaré dans son sermon.

Dans l'après-midi, à bord d'une vedette, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a déposé une gerbe de fleurs dans la mer en hommage aux victimes, en lançant que «plus rien ne pouvait être comme avant désormais».

Dans la matinée, un groupe d'habitants de l'île a manifesté à l'entrée de la jetée Favarolo, point d'arrivée des migrants, ainsi qu'à l'aéroport, où se déroulait un colloque en présence de rescapés, de M. Schulz et du directeur général de l'Office international des migrations (OIM), William Lacy Swing.

Les manifestants protestaient en particulier contre la décision de rouvrir le centre d'accueil de l'île et d'installer de nouveaux radars.

«Ceci est une farce, c'est vous les coupables, c'est vous les assassins», a crié un représentant du centre social de l'île pendant le discours de M. Schulz, qui a été hué.

Venir commémorer le triste anniversaire «n'est pas une farce mais notre ferme devoir politique, moral et institutionnel», a répondu Federica Mogherini, la ministre italienne des Affaires étrangères.

En vue de sa future charge de chef de la diplomatie européenne, Mme Mogherini a évoqué les trois axes à travailler: «continuer à sauver des vies, que ce soit avec Mare Nostrum ou Triton, avoir un accueil efficace et ouvrir des voies légales» d'immigration.

Le sujet devrait être abordé lors d'un sommet des ministres européens des Affaires étrangères et de l'Intérieur le 27 novembre à Rome, a-t-elle annoncé.

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