Premières inculpations dans l'affaire des comptes de campagne de Sarkozy

Guy Alvès et Bastien Millot (ci-dessus), anciens dirigeants... (PHOTO MATTHIEU ALEXANDRE, AFP)

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Guy Alvès et Bastien Millot (ci-dessus), anciens dirigeants de la société chargée d'organiser les réunions de campagne de Nicolas Sarkozy, ont été mis en examen pour complicité de faux et usage de faux à l'issue de 48 heures de garde à vue, a annoncé l'avocat du premier, Me Patrick Maisonneuve.

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Agence France-Presse
PARIS

Trois anciens dirigeants de la société Bygmalion ont été mis en examen mercredi par un juge français auquel l'un d'eux a confirmé l'existence d'un système de fausses factures dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.

Il s'agit des premières inculpations dans un dossier qui fragilise l'ancien président alors qu'il a entrepris son retour en politique dans la perspective de la présidentielle de 2017.

Guy Alvès et Bastien Millot, anciens dirigeants de la société chargée d'organiser les réunions de campagne du président-candidat, ont été mis en examen pour complicité de faux et usage de faux à l'issue de 48 heures de garde à vue, a annoncé l'avocat du premier, Me Patrick Maisonneuve.

Franck Attal, l'ancien patron de la filiale événementielle de Bygmalion, Event and Cie, a lui été mis en examen pour faux et usage de faux.

M. Alvès «a confirmé devant les enquêteurs et devant le magistrat instructeur qu'il y a eu un dispositif qui a été mis en place aux termes duquel l'UMP (le parti de droite dont Nicolas Sarkozy était le champion) prenait en charge de façon irrégulière des frais de campagne» de l'ex-président, a déclaré l'avocat.

S'exprimant devant les journalistes à sa sortie du bureau des juges, Bastien Millot a répété qu'il n'avait «strictement rien à se reprocher» et qu'il n'avait eu «aucune responsabilité» dans la campagne.

Bastien Millot a toujours nié avoir eu connaissance d'un système de fausses factures qui aurait permis d'extraire des dépenses des comptes de campagne dans le but de dissimuler un dépassement du plafond de dépenses autorisé dans une campagne présidentielle, fixé à 22,5 millions d'euros (près de 32 millions de dollars).

Il a regretté mercredi que «certains responsables, non des moindres, de la campagne présidentielle de 2012 essaient de se draper dans la posture d'une victime alors même qu'ils le font sans doute un peu grossièrement et un peu rapidement».

Selon une source proche du dossier, les dépenses indûment prises en charge par l'UMP se seraient élevées à 18,5 millions d'euros (26 millions de dollars).

Fin juin, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour «faux et usage de faux», «abus de confiance» et «tentative d'escroquerie».

L'un des objectifs des enquêteurs est de déterminer qui était informé au sein de l'UMP et de l'équipe de campagne du système de fausses facturations et si les premiers rôles, tels que Jean-François Copé qui dirigeait alors le parti, et Nicolas Sarkozy lui-même, pouvaient l'ignorer.

Le directeur adjoint de la campagne, Jérôme Lavrilleux, a toujours dit qu'ils n'avaient pas été informés de la mise en place d'un tel système de fausses factures.

Ce système n'avait cependant pas pu empêcher l'invalidation des comptes de campagne par le Conseil constitutionnel, qui avait quand même estimé que le plafond avait été dépassé, à quelque 23 millions d'euros, privant Nicolas Sarkozy du remboursement public. L'UMP avait alors fait appel aux dons des militants pour payer la facture.

Nicolas Sarkozy est cité dans plusieurs autres affaires judiciaires susceptibles de gêner ses ambitions politiques.

Nicolas Sarkozy a notamment été mis en examen en juillet 2014 pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel. Il est soupçonné d'avoir tenté, avec son avocat, d'obtenir des informations couvertes par le secret sur une procédure le concernant.

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