La Soudanaise condamnée à mort pour apostasie accueillie en Italie

À la mi-journée, à la résidence Sainte-Marthe où... (PHOTO AFP/OSSERVATORE ROMANO)

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À la mi-journée, à la résidence Sainte-Marthe où il habite, le pape François a rencontré la jeune femme pendant une demi-heure et l'a remerciée pour «son témoignage» et sa «constance».

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Laure BRUMONT
Agence France-Presse
ROME

La Soudanaise chrétienne, condamnée à mort pour avoir refusé de se convertir à l'islam puis acquittée après une mobilisation internationale, est arrivée jeudi à Rome, où elle doit passer quelques jours avant de gagner les États-Unis.

L'avion de la République italienne, à bord duquel voyageait Meriam Yahia Ibrahim Ishag en compagnie de son mari et de ses deux jeunes enfants, a atterri vers 9 h 30 (3 h 30, heure de Montréal) à l'aéroport militaire de Roma-Ciampino.

Tous les quatre passeront quelques jours à Rome, avant de reprendre un vol pour les États-Unis, l'époux de Mme Ishag, Daniel Wani, étant un ressortissant américain originaire du Soudan du Sud.

Le chef du gouvernement italien en personne, Matteo Renzi, accompagné de son épouse et de la ministre des Affaires étrangères, Federica Mogherini, les a accueillis sur le tarmac, en saluant «ce jour de joie».

L'arrivée de la jeune Soudanaise, âgée de 27 ans, dont les médias n'ont été informés que moins d'une heure avant l'atterrissage de l'avion, avait été gardée secrète.

Depuis fin juin, Mme Ishag et sa famille s'étaient réfugiées à l'ambassade américaine, après avoir tenté de rejoindre les États-Unis.

À l'ambassade d'Italie à Khartoum, une source a expliqué à l'AFP que cette «exfiltration» s'expliquait par «un geste d'amitié et de confiance» du Soudan envers l'Italie, en précisant que les services américains avaient également coopéré.

«Nous avons travaillé en étroite coopération avec les autorités soudanaises, qui ont fait preuve d'une disponibilité exceptionnelle», a-t-on précisé de même source.

À sa descente d'avion, Mme Ishag, qui paraissait en bonne santé, n'a pas fait de déclaration. Son mari a eu en revanche besoin d'un fauteuil roulant pour se déplacer.

«À présent, Meriam et sa famille ont besoin de tranquillité», a lancé à la presse Mme Mogherini, qui brigue la tête de la diplomatie européenne et à qui cette «libération» pourrait faire gagner des points.

À la mi-journée, à la résidence Sainte-Marthe où il habite, le pape François a rencontré la jeune femme pendant une demi-heure et l'a remerciée pour «son témoignage» et sa «constance».

Meriam et son mari l'ont remercié pour le «grand soutien et le réconfort» ressentis à travers les prières «du pape et de tant d'autres croyants», selon un communiqué du Vatican.

Par cette rencontre, le pape «a voulu manifester sa proximité, son attention et sa prière pour tous ceux qui souffrent pour leur foi, et en particulier les chrétiens qui subissent des persécutions».

Depuis début juillet, Meriam Yahia Ibrahim Ishag est la cible d'une nouvelle procédure devant la justice soudanaise lancée par des personnes affirmant être des membres de sa famille, à l'origine de la première plainte la visant.

Née d'un père musulman et d'une mère chrétienne orthodoxe, qui l'a élevée dans sa confession après le départ du père quand elle avait cinq ans, Mme Ishag s'est convertie au catholicisme juste avant d'épouser son mari chrétien fin 2011, selon l'archevêché catholique de Khartoum.

Elle a refusé d'abjurer sa foi chrétienne au profit de l'islam devant la cour qui l'a condamnée à mort le 15 mai.

Cette condamnation, prononcée en vertu de la loi islamique en vigueur au Soudan qui interdit les conversions, avait finalement été annulée en appel le 23 juin, après que l'affaire eut provoqué un tollé international.

Mère d'un garçon de 20 mois, Mme Ishag avait accouché fin mai d'une fille en prison.

Elle a également été condamnée à cent coups de fouet pour «adultère», car, selon l'interprétation soudanaise de la charia, toute union entre une musulmane et un non-musulman est considérée comme un «adultère».

Matteo Renzi avait évoqué le cas de la jeune femme dans son discours d'inauguration du semestre européen à Strasbourg.

Parlant de Meriam, et des jeunes Nigérianes enlevées par Boko Haram, le président du conseil italien avait lancé : «si l'Europe n'agit pas, alors nous ne sommes pas dignes d'être européens».




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