Les premières dépouilles du vol MH17 sont arrivées aux Pays-Bas

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Les premières dépouilles des victimes du vol MH17 sont arrivées aux Pays-Bas mercredi après-midi, à l'aéroport d'Eindhoven.

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Nicolas DELAUNAY
Agence France-Presse
EINDHOVEN, Pays-Bas

Dans un silence chargé d'émotion, les cercueils contenant les premières dépouilles mortelles des 298 victimes du de l'avion malaisien sont arrivés mercredi après-midi à l'aéroport d'Eindhoven, aux Pays-Bas, où les attendaient le couple royal et de nombreuses familles anxieuses de récupérer les corps de leurs proches.

Le Boeing 777 de la Malaysia Airlines s'est écrasé jeudi dernier à la suite d'un tir de missile et ce mercredi, près d'une semaine après, deux avions de chasse ukrainiens ont été abattus à quelques dizaines de kilomètres de la catastrophe dont Kiev rend la Russie responsable.

Vers 16h00, les Pays-Bas étaient à l'arrêt lorsque les deux avions transportant 40 cercueils de bois clair ont atterris à Eindhoven, dans le sud du pays.

Ont alors retenti les clairons de l'armée, en hommage aux disparus. Parmi eux, 193 étaient néerlandais.

Les drapeaux des pays ayant perdu des ressortissants dans la catastrophe étaient en berne à l'aéroport et une minute de silence a été observée par les familles présentes, ainsi que par Willem-Alexander et Maxima, le roi et la reine des Pays-Bas en tenue de deuil, et par le Premier ministre Mark Rutte.

Les membres des forces armées néerlandaises ont ensuite transporté, dans un silence absolu, les cercueils vers les corbillards qui devaient les emmener à la base militaire d'Hilversum, près d'Amsterdam, où le processus d'identification, qui pourrait prendre plusieurs mois, devait commencer.

La solennité de la cérémonie, retransmise en direct à la télévision, constituait un fort contraste avec les scènes de chaos filmées après l'accident en Ukraine.

Sur les bords de l'autoroute, sur les ponts ou devant la base militaire, des milliers de Néerlandais s'étaient massés et au passage du convoi, jetaient des fleurs et applaudissaient, en hommage aux victimes.

Alors que les familles ont dû attendre dans l'angoisse le rapatriement des premiers corps, de nombreux autres seraient encore sur place «à l'air libre», exposés «aux ravages de la chaleur et des animaux», affirme Tony Abbott, le Premier ministre de l'Australie, dont 28 citoyens ont péri dans le drame.

Une mer de fleurs à l'entrée de l'aéroport 

Le silence était impressionnant à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, d'où était parti l'avion jeudi midi, un lieu d'ordinaire bouillonnant d'activité.

Les larmes ont coulé devant la mer de fleurs déposées à l'entrée de l'aéroport, où aucun avion n'a atterri ou décollé pendant une minute.

Ailleurs dans le pays, la journée de deuil national, la première depuis la mort de la reine Wilhelmina en 1962, a été marquée par l'arrêt de trains, des tramways et du métro afin que chacun puisse observer la minute de silence tandis que sonnaient  les cloches des églises du pays.

L'Ukraine a affirmé que ses deux avions de chasse abattus mercredi dans la zone rebelle avaient été touchés par des missiles lancés depuis le territoire de la Russie.

«Deux de nos avions ont été abattus à l'altitude de 5200 mètres. Selon les premières informations, le tir des missiles a été effectué à partir du territoire de la Russie», a déclaré le Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien dans un communiqué.

Les séparatistes prorusses ont été montrés du doigt par de nombreuses puissances, notamment les États-Unis. Selon les services de renseignement américains, il y avait dans la zone rebelle, au moment de la chute de l'appareil malaisien, un engin lance-missiles Bouk.

Il pourrait s'agir «d'une erreur» de la part d'un «équipage manquant d'entraînement», a assuré un haut responsable du renseignement américain qui a requis l'anonymat.

Mission policière internationale

Selon Kiev, les Pays-Bas et l'Australie se sont dits prêts à envoyer «une mission policière sous l'égide de l'ONU», afin de préserver le lieu de l'accident, situé  dans une zone contrôlée par les séparatistes, et d'assurer une enquête indépendante.

Après avoir été longtemps bloquées par les rebelles, la plupart des dépouilles mortelles avaient été acheminées mardi à Kharkiv à bord d'un train réfrigéré.

Le président américain Barack Obama a affirmé que Moscou ferait face à des «coûts supplémentaires» en cas de poursuite de sa stratégie de déstabilisation en Ukraine.

Les ambassadeurs des pays de l'UE doivent se réunir jeudi à Bruxelles pour décider d'une nouvelle liste de personnalités et d'entités russes visées par des sanctions ciblées en raison de leur soutien aux séparatistes.

Les boîtes noires de l'avion malaisien sont, quant à elles, arrivées mercredi au Royaume-Uni pour y être analysées. Les données contenues dans l'une d'entre elles y ont été téléchargées avec succès.

Il est peu probable, cependant, qu'elles permettent d'identifier l'origine du tir fatal.

Les enquêteurs, qui examinent les boîtes noires, ont constaté que celle qui enregistre les conversations dans la cabine de pilotage n'avait pas été altérée.

Des fleurs ont été déposées sur le tarmac... (PHOTO SERGEY BOBOK, AFP) - image 2.0

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Des fleurs ont été déposées sur le tarmac de l'aéroport d'Eindhoven, où les avions transportant les dépouilles des victimes du vol MH17 ont atterri, le 23 juillet.

PHOTO SERGEY BOBOK, AFP

Mission policière internationale

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est entretenu mardi soir au téléphone avec le premier ministre Mark Rutte.

Ce dernier s'est dit prêt à envoyer avec l'Australie et d'autres pays victimes de la catastrophe «une mission policière sous l'égide de l'ONU» afin de préserver le lieu de l'écrasement en zone contrôlée par les séparatistes et assurer une enquête indépendante.

Après avoir été longtemps bloquées par les rebelles, la plupart des dépouilles étaient arrivées mardi à Kharkiv à bord d'un train réfrigéré.

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé mercredi la Russie à «faire plus en direction des séparatistes qui empêchent de façon inacceptable le contrôle de la zone» de l'écrasement, dans un entretien avec le premier ministre malaisien Najib Razak.

Le président américain Barack Obama a affirmé que Moscou ferait face à des «coûts supplémentaires» en cas de poursuite de sa stratégie de déstabilisation en Ukraine.

L'Union européenne établira pour sa part jeudi une nouvelle liste de personnalités et entités russes visées par des sanctions ciblées en raison de leur soutien aux séparatistes.

Sur le terrain, la situation a été très tendue dans les deux capitales régionales de Donetsk et de Lougansk sous contrôle des séparatistes.




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