La France est-elle en crise?

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La Presse fait le point sur l'état de la France avec quatre Français s'illustrant chacun dans leur champ d'activité respectif.

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Ses finances publiques sont dans le rouge. Son gouvernement propose des réformes qui ne laissent personne indifférent. Sa capitale, Paris, vient d'être détrônée par Londres en tant que ville la plus populaire auprès des touristes étrangers. Tout n'est pas parfait en France, qui célèbre lundi sa fête nationale, mais ses citoyens sont tout de même généralement optimistes. La Presse fait le point sur l'état de la France avec quatre Français s'illustrant chacun dans leur champ d'activité respectif.

Axelle Lemaire... (Photo Andrew Testa, archives The New York Times) - image 2.0

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Axelle Lemaire

Photo Andrew Testa, archives The New York Times

Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du numérique de la France

«La France est prête à s'en sortir»

Née à Ottawa d'un père québécois et d'une mère française, ayant vécu au Québec jusqu'à l'âge de 16 ans, Axelle Lemaire est députée socialiste des Français établis en Europe du Nord depuis 2012 et secrétaire d'État chargée du numérique depuis avril dernier.

Pourquoi êtes-vous fière d'être française?

Le premier mot qui me vient à l'esprit en pensant à la France, ce sont les droits de l'homme.

La France est-elle en crise?

[L'économiste américain et Prix Nobel d'économie] Paul Krugman disait que la France était un malade imaginaire. C'est un petit peu vrai. C'est un pays qui a des atouts extraordinaires, mais qui choisit de les ignorer, pour parfois se complaire dans une attitude défaitiste. C'est la raison pour laquelle je fais partie de ce gouvernement de combat, très actif, optimiste, qui croit que la France est prête à s'en sortir.

Que doit-on changer en France?

Le fatalisme. Et parfois le sentiment qu'il ne faut rien changer.

Quels sont le plus grand point commun et la plus grande différence entre la France et le Québec?

Le plus grand point commun, c'est l'histoire et la langue. La plus grande différence, c'est l'océan qui les sépare. Le Québec, c'est l'Amérique du Nord. Je reste convaincue que les Québécois sont les Latins de l'Amérique du Nord.»

Anne Roumanoff... (Photo fournie par Juste pour rire) - image 3.0

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Anne Roumanoff

Photo fournie par Juste pour rire

Anne Roumanoff, humoriste

«Faudrait changer de président!»

Née à Paris, de souches russe et marocaine. Elle a fait du théâtre de 12 à 22 ans, a été diplômée de Sciences po Paris en 1986 et est humoriste et actrice depuis 1987.

Pourquoi êtes-vous fière d'être française?

Mes origines mêlées font que j'ai un certain recul et cela me donne un côté moqueur et observateur. Mais je trouve qu'on est un peuple attachant, même si on est chiants, baveux et râleurs!

La France est-elle en crise?

On est dans une crise morale et une perte de repères. Le monde politique, actuellement, c'est un shaker! On ne sait pas trop ce qui va en sortir! Il y a quand même une prise de conscience de la nécessité de changer. Ça va laisser la place, si un jour on a un homme politique compétent, à de vrais changements de société.

Que doit-on changer en France?

Faudrait changer de président! Ça nous prend quelqu'un de courageux pour prendre des mesures impopulaires mais nécessaires. Mais il y a une force d'inertie, une résistance au changement en France et une crise des valeurs et d'identité autant de la gauche que de la droite. Ni l'une ni l'autre n'ont de leader auquel s'accrocher.

Quels sont le plus grand point commun et la plus grande différence entre la France et le Québec?

Le plus grand point commun, c'est la langue. Mais les Québécois ont un grand respect de la culture française alors que nous, Français, on ne l'a pas. Nous, on est bêtement fascinés par les Américains. Et la plus grande différence, c'est le pessimisme en France et notre côté négatif, alors qu'ici il y a une énergie de faire les choses.

Frédéric Rose... (Photo Alain Roberge, archives La Presse) - image 4.0

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Frédéric Rose

Photo Alain Roberge, archives La Presse

Frédéric Rose, directeur général du Groupe Technicolor

«S'adapter au contexte international»

Né en Belgique, Frédéric Rose est citoyen français et a étudié à l'Université Georgetown, aux États-Unis. Depuis 2008, il est le grand patron du Groupe Technicolor, une multinationale française comptant 14 000 employés dans 25 pays.

Pourquoi êtes-vous fier d'être français?

Je suis né en Belgique d'une famille francophone et j'ai choisi de devenir citoyen français. Une chose qui m'a attiré en France, c'est le rayonnement intellectuel, la propension à partager ses idées avec les autres pays. La France est aussi un leader mondial en matière de créativité dans des industries de pointe. Et la France est aussi la patrie du cinéma.

La France est-elle en crise?

La France a pris du retard dans ses réformes structurelles. Nous avons attendu plus longtemps que d'autres pays. Nous avons des débats très intenses sur des réformes déjà effectuées en Allemagne, en Espagne, en Angleterre. Nous aimons débattre en France, et nous sommes en plein dans ces débats. Nous avons besoin d'adapter les atouts de la France au contexte international.

Que doit-on changer en France?

Il faut augmenter les réformes structurelles, redonner confiance aux Français et à nos partenaires internationaux, et promouvoir la stabilité. Depuis quatre ans, il y a eu énormément d'instabilité au niveau fiscal et réglementaire. Ça crée une situation d'attentisme profond. Nous devons aussi regarder l'ensemble de la situation. Si nous touchons au Code du travail, il faut aussi se poser des questions sur la fiscalité et la réglementation.

Quels sont le plus grand point commun et la plus grande différence entre la France et le Québec?

Le plus grand point commun, c'est la place importante réservée à l'histoire, à la culture et aux arts. C'est assez unique au niveau mondial. La plus grande différence, c'est qu'il y a au Québec une «culture business» plus développée qu'en France. Les différents partis politiques au Québec ont une volonté commune de travailler sur des politiques publiques comme l'emploi, les grappes industrielles. Le Québec a une réputation de stabilité sur ces aspects.

Hassoun Camara... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 5.0

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Hassoun Camara

Photo Bernard Brault, La Presse

Hassoun Camara, défenseur de l'équipe de soccer l'Impact de Montréal

«La crise est aussi identitaire»

Né en banlieue de Paris de parents originaires du Sénégal, Hassoun Camara a joué au soccer professionnel avec l'Olympique de Marseille puis en Corse. Il joue pour l'Impact de Montréal depuis 2011.

Pourquoi êtes-vous fier d'être français?

Il y a plusieurs raisons. Mes parents sont venus du Sénégal dans les années 70 pour avoir une vie meilleure. La France nous a accueillis et nous a permis de vivre une vie meilleure. La France est aussi le pays des droits de l'homme.

La France est-elle en crise?

Oui, même si la crise économique est plus limitée que dans d'autres pays comme la Grèce et l'Espagne. La crise est aussi identitaire. Le phénomène d'intégration n'a pas réussi comme on l'aurait souhaité. Dans la montée du populisme, on observe la frustration de certains Français. C'est un mouvement, mais il ne faut pas incriminer les Français en soi. La crise économique fait qu'on se replie sur soi-même, qu'on se barricade. Une relance économique va faire annuler [ce mouvement].

Que doit-on changer en France?

Avec la mondialisation et les pouvoirs de l'Union européenne, c'est difficile de décider soi-même, il faut l'aval de pays comme l'Allemagne. La France aimerait être dans la relance [économique], mais ce n'est pas possible dans le contexte européen actuel. Il faudrait laisser les pays être plus autonomes à l'intérieur de l'Union européenne.

Quels sont le plus grand point commun et la plus grande différence entre la France et le Québec?

Le plus grand point commun, c'est la langue, qui m'a permis de bien m'intégrer au Québec. Une différence sur le plan sportif, c'est la domination de la popularité du hockey par rapport aux autres sports. Nous sommes des fans de soccer en France, mais il y a une ferveur supplémentaire pour le hockey qui est presque une religion au Québec. Il y a une ferveur similaire pour la Coupe du monde de soccer en France, mais c'est seulement une fois aux quatre ans.

En chiffres

66,3 millions

Population de la France, qui est le 22e pays quant à la popularion. Le Canada est 38e, avec une population de 34,8 millions de personnes.

35 700$

PIB par habitant en France, qui occupe le 39e rang mondial des pays les plus riches au prorata de sa population.

95,1%

Dette publique de la France (en pourcentage de son économie, soit le produit intérieur brut)

82,2 milliards

Déficit en euros de la France en 2014

18%

Cote de popularité du président de la République François Hollande le mois dernier

16,6 millions

Nombre de touristes étrangers accueillis en 2013 dans la grande région de Paris (12,1 millions dans la ville seulement)

16,8 millions

Nombre de touristes étrangers accueillis en 2013 à Londres, qui a détrôné Paris en tant que ville la plus populaire dans le monde auprès des touristes étrangers.




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