France: une enseignante poignardée à mort devant ses élèves

Des policiers montent la garde devant l'école primaire... (PHOTO ÉRIC CABANIS, AFP)

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Des policiers montent la garde devant l'école primaire où s'est déroulé le drame, à Albi, le 4 juillet.

PHOTO ÉRIC CABANIS, AFP

Loic VENNIN
Agence France-Presse
Albi, France

Une institutrice a été poignardée à mort vendredi à Albi (sud-ouest de la France) devant ses élèves par une mère souffrant de troubles psychiatriques, un meurtre qualifié «d'abominable» par le président François Hollande.

Ce drame exceptionnel, mais qui s'inscrit dans une hausse de la violence contre le personnel scolaire, a provoqué une vive émotion en France.

La victime est une femme de 34 ans, mère de deux petites filles, qui enseignait en dernière année à l'école maternelle située dans un quartier où règne la mixité sociale.

L'auteure des faits, une femme de 47 ans, s'est présentée vendredi matin, dernier jour de l'année scolaire, à l'ouverture des portes de l'école Édouard Herriot d'Albi et a poignardé à mort l'institutrice de sa fille devant plus d'une dizaine d'enfants.

Elle a été appréhendée par la police peu de temps après et immédiatement placée en garde à vue, où elle a fait l'objet d'un examen psychiatrique.

Cette expertise a conclu à l'existence de «troubles mentaux sévères sous forme d'idées délirantes de persécution», a indiqué le procureur d'Albi Claude Derens lors d'une conférence de presse.

«Lorsqu'elle a été arrêtée, elle n'était pas en train de fuir et marchait, semble-t-il paisiblement dans la rue», a expliqué le procureur, faisant état de «déclarations peu cohérentes qu'elle a faites dès le début de sa garde à vue».

Elle va être placée en milieu psychiatrique sous contrainte.

Cette femme avait déjà été signalée début 2014 au parquet pour des «troubles psychiques» et hospitalisée en milieu psychiatrique jusqu'au 18 mars. Elle avait ensuite récupéré sa fille qui vivait en Espagne et l'avait scolarisée en France en mai.

Selon la présidente d'une association de parents d'élèves locale Sandrine Soliman, «il n'y avait pas de problème particulier entre l'enseignante et cette femme».

Une cellule psychologique a été mise en place «pour accompagner les élèves et les personnels» de l'école, qui compte 284 enfants en maternelle et en primaire, a indiqué le ministère de l'Éducation nationale.

«Tous les services de l'État sont mobilisés pour prendre en charge les enfants et les personnels qui ont été témoins de ce drame abominable», a déclaré le président français François Hollande qui a assuré la famille de la victime de «toute sa solidarité».

Le premier ministre Manuel Valls a pour sa part exprimé son «effroi».

«Un acte isolé»

«C'est un acte isolé bien sûr, mais un acte épouvantable, abominable et il faut travailler à faire en sorte que demain on protège mieux l'école, on l'apaise, on la protège de cette violence, de ces conflits qui peuvent s'y nicher», a réagi le ministre de l'Éducation nationale Benoît Hamon, qui s'est rendu sur place.

Si l'homicide de l'institutrice d'Albi est tout à fait exceptionnel, une récente étude de l'INSEE publiée jeudi indiquait que plus d'une personne sur dix travaillant dans l'Éducation nationale déclarait avoir fait l'objet de menaces et d'insultes, soit près de deux fois plus que dans l'ensemble des autres professions.

Dans les collèges et lycées (écoles secondaires), ce sont généralement les élèves qui sont à l'origine des menaces et insultes tandis que dans les écoles, les enseignants sont le plus souvent la cible des adultes, principalement des parents, relevait l'étude.

L'étude soulignait également que l'âge est un facteur «très discriminant», les personnels âgés de moins de 30 ans étant les plus touchés par ces menaces et insultes.

Selon une enquête publiée en 2012, 35,8 % des personnels se sont dits victimes d'injures, 17,1 % de menaces, 14 % de harcèlement (par des parents d'élèves ou même des membres du personnel), 3,6 % de coups.

Près de la moitié (49 %) des directeurs d'écoles élémentaires et maternelles se sont ainsi fait agresser verbalement ou physiquement par des parents d'élèves durant l'année scolaire 2012-2013, révèle une autre étude publiée en avril par le quotidien Le Parisien.




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