Des soldats britanniques à bout de souffle

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Selon le ministère britannique de l'Intérieur, 22 000 soldats ont été classés en surpoids au cours des trois dernières années.

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Tristan De Bourbon

collaboration spéciale

La Presse

(LONDRES) L'armée de Sa Majesté a perdu de sa superbe: 20% des militaires britanniques ont été recalés aux tests d'aptitude physique. La mauvaise alimentation et, surtout, le manque d'entraînement expliquent cette dégradation sans précédent.

Pas aptes à protéger la patrie? Selon les chiffres révélés par le ministère britannique de la Défense à la suite d'une requête du public, 29 600 hommes et 2819 femmes soldats n'ont pas rempli les critères de forme requis par leur corps armé.

Ce chiffre représente 20% de l'ensemble des militaires de Sa Majesté. Deux fois par an, chacun d'entre eux doit en effet réussir un test physique qui comprend une course à pied de 2,4 km, des pompes et des abdominaux. Ceux qui ne remplissent pas les critères requis, qui varient selon l'âge et le sexe des participants, ont une semaine pour retenter le test.

Ces échecs ont abouti au licenciement de 50 militaires entre janvier 2002 et mars 2013, dont 28 depuis 2010. «Pourtant, je vous assure que ces tests ne sont pas difficiles et que n'importe quelle personne en bonne condition physique doit pouvoir les réussir», indique Mo Ahmed, un ancien militaire qui a créé l'Army Boot Camp Fitness, dont les adhérents se livrent à des exercices de conditionnement physique dans plusieurs parcs de Londres.

Un rapport interne du ministère de la Défense, rédigé en 2009 - alors que la situation était loin d'être aussi grave -, expliquait déjà cette décrépitude physique par un manque d'exercices physiques généralisé.

Son auteur, le major Brian Dupree, membre du corps d'entraînement physique, estimait que l'armée était sur le point de perdre son «éthique guerrière» en raison de l'«indifférence» des soldats par rapport à l'entraînement physique. «L'impossibilité de déployer du personnel [dans les zones de combat] et les inquiétudes à propos de l'obésité dans l'armée sont clairement liées aux attitudes actuelles vis-à-vis de l'entraînement physique. [...] L'armée établit pourtant que pour être apte à combattre, il faut un minimum de deux à trois heures d'entraînement physique par semaine.»

Après avoir critiqué les comportements individuels des militaires, Brian Dupree n'a pas hésité à pourfendre l'institution elle-même. «Elle n'a pas constamment maintenu nos critères de bonne santé physique, [...] une attitude qui doit changer,» déplorait-il alors.

Critères assouplis

En 2006, l'institution a en effet assoupli les critères physiques d'embauche des militaires afin de remplir ses quotas - l'indice de masse corporelle (IMC) de la plupart des candidats dépassait les limites autorisées.

Les hommes et femmes ayant un IMC de 32, c'est-à-dire considérés comme «obèses modérés», peuvent maintenant s'enrôler. Selon le ministère de l'Intérieur, 22 000 soldats ont été classés en surpoids au cours des trois dernières années.

Ces chiffres confirment que l'armée n'est plus immunisée contre le style de vie plus que médiocre des Britanniques. Selon une enquête du ministère de la Santé réalisée en 2011 et publiée l'an dernier, 66% des Anglais et 61% des Anglaises de 16 ans et plus sont en surpoids, parmi lesquels 24% des hommes et 26% des femmes sont obèses. Leurs habitudes alimentaires sont directement montrées du doigt.




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