Ces «cadenas de l'amour» qui menacent les ponts

Une partie du grillage du pont des Arts... (PHOTO FRANÇOIS MORI, ARCHIVES AP)

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Une partie du grillage du pont des Arts à Paris s'est effondrée dimanche sous le poids des «cadenas de l'amour».

PHOTO FRANÇOIS MORI, ARCHIVES AP

On savait que l'amour peut déplacer des montagnes. Voilà qu'on découvre qu'il peut aussi faire ployer les ponts. Une partie du grillage du pont des Arts, à Paris, s'est effondré dimanche sous le poids des «cadenas de l'amour» - des objets accrochés aux ponts par les amoureux épris de romantisme, mais qui sont en train de devenir un véritable fléau mondial. Portrait du phénomène en quatre questions.

Q: Qu'est-ce qu'un cadenas de l'amour?

R: Vous brûlez d'amour pour votre dulcinée. Pour lui montrer que votre passion durera toujours, vous inscrivez vos deux noms sur un cadenas, vous fixez celui-ci à un pont, puis vous lancez la clé dans l'eau d'un grand geste romantique.

Q: Qui a lancé le bal?

R: Le rituel trouverait ses origines dans la petite ville de Vrnjacvka Banja, en Serbie. À l'époque de la Première Guerre mondiale, un officier serbe envoyé à l'étranger tombe amoureux d'une femme en Grèce, trahissant sa dulcinée serbe. Afin d'éviter le même sort, les jeunes femmes de l'endroit commencent à écrire leur nom et celui de leur amoureux sur des cadenas qu'ils attachent au pont Most Ljubavi (ou pont de l'Amour). Le phénomène s'est répandu partout dans le monde dans les années 2000, probablement inspiré des protagonistes du roman italien I Want You - duquel on a tiré un film -, qui se déclarent leur amour en fixant un cadenas au pont Milvius, à Rome. «Les gens se singent beaucoup, aujourd'hui. Aussitôt que quelqu'un fait quelque chose, les autres veulent faire la même chose», remarque Frédéric Metz, professeur de design à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). L'Agence France-Presse va jusqu'à parler d'une «épidémie».

Q: Est-ce une bonne idée?

R: Oui, répondront certainement les vendeurs de cadenas, dont certains offrent des modèles personnalisés sur lesquels peuvent être gravés les noms des tourtereaux. Non, répliquent les autorités municipales du monde entier, qui craignent à la fois pour l'esthétisme et la sécurité de leurs ponts. L'incident survenu il y a deux jours à Paris montre bien le danger de surcharger la structure d'un pont de lourds objets. La mairesse de la ville, Anne Hidalgo, a annoncé qu'elle cherche des solutions de rechange «à la fois artistiques, solidaires et écologiques». Frédéric Metz, de l'UQAM, juge quant à lui les cadenas de l'amour «ridicules». «Un cadenas est un objet lourd, laid... C'est carrément anti-amour, lance-t-il. Mariez-vous, faites-vous des déclarations, faites ce que vous voulez... mais trouvez autre chose!» À Paris, des journaux ont rapporté les cas d'ex-amoureux trahis ou désillusionnés s'acharnant à tenter de couper le cadenas qui les liait à leur ancienne flamme.

Q: Et chez nous?

R: Il y a quelques années, les autorités de Toronto ont retiré des cadenas de l'amour du pont Humber avant que l'affaire prenne des proportions comme à Rome, Florence ou Paris. La Ville de Montréal dit ne pas avoir le phénomène sur son radar, même s'il n'est pas impossible d'apercevoir de tels cadenas dans la métropole.




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