Espagne: des milliers d'opposants à la monarchie manifestent

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La Puerta del Sol peinait à contenir la foule lundi soir.

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Agence France-Presse
MADRID

«L'Espagne, demain, sera républicaine !», hurlaient lundi soir des milliers de manifestants, certains juchés sur la bulle de losanges en verre de la bouche de métro de la Puerta del Sol à Madrid, réclamant la fin de la monarchie espagnole après l'abdication du roi Juan Carlos.

«L'Espagne, demain, sera républicaine !», hurlaient lundi soir... (Photo Andres Kudacki, AP) - image 1.0

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«Plus de rois, un référendum», «les Bourbons aux élections» ou encore «Transition royale... Sans roi», pouvait-on lire sur les pancartes agitées par les manifestants, aux côtés des drapeaux rouge, or et violet de la Seconde république espagnole, proclamée en 1931.

Ils répondaient à l'appel de plusieurs partis politiques et organisations de gauche ou écologistes, qui espéraient qu'il y aurait des rassemblements similaires dans une quarantaine d'autres villes d'Espagne.

«Je pense que ce serait un bon moment pour proclamer une République», a affirmé Paola Torija, une thérapeute pour handicapés âgée de 24 ans, tandis que la place de la Puerta del Sol peinait à contenir la foule.

Craignant des débordements, la police de Madrid avait fermé les accès au Palais royal, à environ 300 mètres de la Puerta del Sol.

Le roi Juan Carlos «a eu son heure de gloire, mais aujourd'hui, (la monarchie) c'est un peu archaïque, un peu inutile, un coût élevé surtout dans la situation de crise que nous vivons», a-t-elle estimé.

«Je suis ici parce que je veux élire mon chef de l'État», a renchéri Daniel Martin, un étudiant de 25 ans à la maîtrise en sociologie à l'université Complutense de Madrid, rappelant les attributions du roi d'Espagne, qui est à la tête de l'État depuis près de 40 ans et dirige les armées.

«Je ne vais pas attendre encore 40 ans pour retrouver cette situation. Nous devons changer maintenant», a-t-il dit.

Pour lui, le prince Felipe, qui doit accéder au trône, «n'a aucune légitimité. Le roi tient sa légitimité au moins grâce à la transition» démocratique qu'il a menée après la dictature franquiste (1939-1975). Là, il a été utile, mais après non», a-t-il tranché.

Plus loin, un travailleur humanitaire de 52 ans, Nacho Vila, comme de nombreux autres, avait le même point de vue.

«Je pense que le pays est arrivé à un moment où c'est vrai qu'une partie des gens de 20 à 50 ans veulent changer le modèle actuel parce qu'ils sont le moteur du pays», a-t-il affirmé. «La monarchie est discréditée. Cela n'a pas de sens dans une Europe démocratique».




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