France: des centaines de migrants évacués à Calais

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Installés près de la zone portuaire de Calais, dernière étape avant de tenter de passer en Angleterre, de nombreux migrants avaient quitté d'eux-mêmes leurs abris de fortune à l'arrivée des forces de l'ordre.

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Marine LAOUCHEZ
Agence France-Presse
CALAIS, France

Plusieurs centaines de migrants, certains victimes d'une épidémie de gale, ont été évacués mercredi par les forces de l'ordre françaises de la zone portuaire de Calais (nord), où ils étaient installés depuis des semaines dans l'espoir de rejoindre l'Angleterre.

Au total, quelque 200 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour évacuer trois camps abritant environ 550 migrants, selon les estimations officielles.

L'opération, annoncée la semaine dernière, avait été vivement critiquée par les associations, parmi lesquelles Amnistie internationale, Médecins du monde ou encore le Secours catholique.

Arrivées à 7 h 30 (1 h 30, heure de Montréal) dans le «camp des Syriens», le plus important situé à quelques encablures des traversiers partant vers l'Angleterre, située à 38 km, les forces de l'ordre ont procédé presque sans bruit, vérifiant systématiquement l'ensemble des tentes sous l'oeil de militants associatifs et de migrants regroupés de l'autre côté de la rue.

Beaucoup de migrants de diverses nationalités avaient déjà quitté les lieux avant le début de l'opération pour gagner les dunes, appelées à Calais la «jungle», un site déjà évacué en 2009.

Une heure plus tard, l'évacuation était terminée, non sans qu'un petit groupe d'Afghans ait fait un peu de résistance. «Où sont les droits de l'homme?», s'interrogeait l'un d'entre eux, dans un anglais approximatif, au milieu des tentes abandonnées.

Peu avant midi, le camp était rasé à la pelleteuse, tandis que les négociations se poursuivaient avec des migrants réfugiés dans un centre de distribution de nourriture, barricadés derrière des bennes à ordures.

Plusieurs dizaines de migrants ont depuis deux jours... (PHOTO THIBAULT VANDERMERSCH, AP) - image 2.0

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Plusieurs dizaines de migrants ont depuis deux jours trouvé refuge dans le centre de distribution des repas, devant lequel des militants ont improvisé des barricades.

PHOTO THIBAULT VANDERMERSCH, AP

«Objectif de santé publique»

Selon les autorités françaises, représentées sur place par le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, l'évacuation répondait à un «objectif de santé publique» et visait à «mettre fin à un rassemblement devenu beaucoup trop important».

«Tous les rapports sont convergents, il y a une épidémie de gale. Ces camps sont très importants, et ils se situent en plein centre de Calais», a déclaré le préfet à la presse, soulignant les «risques» de tels camps «pour eux, qui sont sous la loi des passeurs, pour leur sécurité, les rixes augmentent, les risques sanitaires, la gale en est un témoignage».

La première partie de l'opération s'était déroulée mardi soir, avec la distribution de cachets contre la gale à une centaine de migrants.

Mercredi matin, après l'évacuation du camp, les migrants se sont vu proposer d'être transportés vers un «lieu médical» pour rencontrer un médecin, prendre une douche et changer de vêtements.

Un «hébergement d'urgence» devait également leur être proposé, selon le préfet qui a jugé «curieux» le rôle de «certaines associations en conseillant aux migrants de ne pas aller se faire traiter».

Ce déplacement est «sur la base du volontariat», a insisté Denis Robin, promettant «pas de contrôle, pas d'interpellation, pas de placement au centre de rétention administrative».

Mardi, plusieurs associations avaient écrit au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve pour l'alerter contre les risques de l'opération d'évacuation : «prise en charge médicale inappropriée, errance des personnes dans la ville de Calais, contrôles policiers quotidiens, violences, désespoir et prise de risques croissante pour tenter un passage vers le Royaume-Uni qui, depuis le début de l'année, ont déjà causé la mort de plusieurs exilés...».

«Notre mission c'est d'être témoin de ce qui se passe, de leur dire qu'on n'est pas d'accord, de les soutenir, et puis d'essayer de porter leur parole», déclarait mercredi matin Vincent Deconinck du Secours catholique, jugeant «indigne» la concomitance du traitement et de l'évacuation.

«Maintenant qu'est-ce que les gens vont faire? Aller dans la rue, errer? Ça fait 10 ans que la situation est comme ça, c'est pas en leur pourrissant la vie qu'ils disparaissent», a-t-il ajouté.

Depuis le début de l'année, les autorités du port de Calais ont intercepté quelque 3000 clandestins, contre 300 à la même période en 2013. Passés par l'Italie, la Grèce, la Bulgarie ou l'Espagne, les principales portes d'entrée dans l'Union européenne, la plupart ne souhaitent pas rester en France, préférant gagner l'Angleterre perçue comme un «Eldorado».




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