Cinq accusés reconnus coupables du meurtre d'Anna Politkovskaïa

Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre 2006 dans... (PHOTO JENS SCHLUETER, ARCHIVES AFP/DDP)

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Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre 2006 dans le hall de son immeuble à Moscou, était l'une des rares journalistes russes à dénoncer les exactions pendant et après la guerre en Tchétchénie.

PHOTO JENS SCHLUETER, ARCHIVES AFP/DDP

Anna MALPAS
Agence France-Presse
Moscou

Cinq hommes jugés à Moscou pour l'assassinat d'Anna Politkovskaïa ont été déclarés coupables par un tribunal moscovite, mardi, alors que les proches de la journaliste russe attendent toujours le procès du ou des commanditaires.

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Quatre des cinq accusés

Photo Alexey SAZONOV, Archives AFP

Son fils Ilya, cité par l'agence russe Interfax, a exprimé toute «sa déception» après ce verdict qui, selon lui, «ne va pas assez loin». Les cinq accusés, a-t-il dit devant la presse, ne représentent qu'«un petit nombre des personnes coupables de ce crime», et «aucun d'eux n'avait même seulement approché de près ou de loin le ou les commanditaires», a-t-il souligné.

A l'issue du procès de mardi, Vladimir Markin, porte-parole de la commission d'enquête chargée de ce dossier très sensible, a assuré que les enquêteurs prendraient «toutes les mesures nécessaires» pour identifier les commanditaires

Les avocats des prévenus ont quant à eux annoncé qu'il feraient appel du verdict, a annoncé Interfax dans la soirée.

Leurs clients seront fixés sur leur sort ultérieurement. Ils encourent la réclusion à perpétuité. Le journal indépendant Novaya Gazeta pour lequel travaillait Anna Politkovskaïa, précise sur son site que les délibérations pour déterminer leurs peines débuteront mercredi à 13h00.

Anna Politkovskaïa, assassinée à l'âge de 48 ans, s'était fait de nombreux et puissants ennemis en exposant au grand jour les atrocités perpétrées par des milices pro-Kremlin en Tchétchénie.

Quelques jours après sa mort, le président russe de l'époque, déjà Vladimir Poutine, s'était employé à relativiser l'importance de la journaliste d'investigation en jugeant «tout à fait insignifiante sa capacité à influer sur la vie politique en Russie».

L'attentat dont elle fut victime  avait ému le monde entier en 2006 et suscité l'indignation des médias étrangers et des organisations de défense des droits de l'Homme.

«Un assassinat soigneusement planifié» 

Quatre des cinq hommes jugés mardi ont été reconnus coupables d'avoir organisé l'assassinat de la journaliste à l'entrée de son immeuble tandis que le cinquième est «coupable» de l'avoir commis, a précisé Interfax.

Un ancien policier Dmitri Pavliouchenkov, accusé d'avoir localisé Anna Politkovskaïa et fourni l'arme pour l'assassiner, avait été condamné à 12 ans de détention dans un camp en 2012.

Deux des trois frères tchétchènes jugés mardi, Dzhabrail et Ibragim Makhmoudov, ont été reconnus coupables d'avoir organisé l'assassinat et le troisième, Roustam, de l'avoir commis. Ce dernier, alors en fuite, avait échappé au procès en premier instance.

L'oncle des trois hommes Lom-Ali Gaitoukayev a également été déclaré «coupable», mardi, d'avoir participé à la préparation de l'attentat avec la complicité d'un policier moscovite, Serguei Khadzhikourbanov.

Les deux frères Dzhabrail et Ibragim Makhmoudov et ce policier russe avaient été jugés et acquittés en première instance pour les mêmes faits, en 2009.

La Cour Suprême avait alors suspendu le procès en appel pour complément d'enquête, une instruction qui a finalement conduit, mardi, au verdict final de culpabilité.

Les accusés «ont soigneusement planifié le meurtre de la journaliste, acheté une arme et se sont réparti les rôles», selon les conclusions des enquêteurs, présentées après le verdict.

Le jour de l'attentat Ibragim Makhmudov a guetté le retour de la journaliste à son domicile et en a informé son frère Dzhabrail, qui a relayé l'information au troisième frère, Rustam, qui n'avait plus quà se cacher dans  le hall de son immeuble, situé en plein centre de Moscou, pour attendre sa victime.

«Quand Anna Politkovskaïa est entrée dans l'ascenseur, Rustam Makhmoudov a fait feu plusieurs fois sur la journaliste, et laissé son arme sur la scène de crime avant de prendre la fuite», selon les conlusions de l'enquête.




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