Kosovo: vers la création d'un tribunal pour crimes de guerre

Deux enfants jouent à proximité du momument «Missing«... (PHOTO HAZIR REKA, ARCHIVES REUTERS)

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Deux enfants jouent à proximité du momument «Missing« (Disparu) érigé à Gračanica, en banlieue de Pristina, en l'honneur des Serbes disparus durant le conflit au Kosovo, le 22 avril.

PHOTO HAZIR REKA, ARCHIVES REUTERS

Agence France-Presse
PRISTINA, Kosovo

Le Parlement du Kosovo a approuvé mercredi un projet visant à mettre en place un tribunal international chargé de juger des crimes de guerre commis par la guérilla indépendantiste kosovare pendant le conflit serbo-kosovar (1998-99).

Le projet a obtenu le soutien de 89 députés sur les 120 que compte l'Assemblée. Vingt-deux députés ont voté contre et deux se sont abstenus.

Avant le vote, le premier ministre Hashim Thaçi a expliqué aux députés que ce tribunal allait «blanchir le nom du Kosovo terni par les accusations injustes contenues dans le rapport Marty».

Le rapport du Conseil de l'Europe, rédigé par Dick Marty, fait état d'exactions commises par des membres de la guérilla indépendantiste (UCK).

Il évoque notamment un trafic d'organes présumé sur quelque 500 prisonniers serbes et roms durant la guerre et met en cause l'ex-chef de la guérilla, M. Thaçi lui-même, ce que l'intéressé a vivement démenti.

Ce tribunal «est injuste et représente la plus grande insulte qui puisse être adressée au Kosovo», a déclaré M. Thaçi ajoutant que sa création restait néanmoins «l'unique option».

Une de ses premières tâches sera de se saisir d'une enquête menée actuellement par une équipe spéciale d'enquêteurs de l'UE pour vérifier les allégations contenues dans le «rapport Marty» publié en 2010 par le Conseil de l'Europe.

Les Occidentaux avaient mis la pression sur les autorités kosovares pour faire approuver la nouvelle juridiction avant que le Parlement soit dissout en vue des élections générales qui auront lieu plus tard dans l'année.

La décision du Parlement a été aussitôt saluée par Bruxelles et Washington, principaux partisans de l'indépendance kosovare de la Serbie, proclamée en 2008.

«Je félicite le gouvernement et les membres de l'Assemblée pour leur leadership et leur engagement en faveur de la justice, dont ils ont fait preuve en prenant une décision que nous estimons sensible et difficile», a déclaré dans un communiqué Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne.

Le vote en faveur de la mise en place de la nouvelle juridiction «aidera à fermer un chapitre difficile dans l'histoire du Kosovo», a affirmé l'ambassade américaine à Pristina.

Par ailleurs, le Parlement a également approuvé la prolongation jusqu'à juin 2016 du mandat de la mission de police et de justice EULEX de l'Union européenne.

Lancée en 2008, quelques mois après la proclamation de l'indépendance du Kosovo de la Serbie, EULEX a pour mandat de renforcer l'État de droit sur ce territoire, en se chargeant, entre autres, des dossiers jugés trop sensibles pour la justice locale.

Le conflit au Kosovo a fait environ 13 000 victimes, la plupart des Albanais kosovars. Il s'est achevé par des frappes aériennes de l'OTAN contre la Serbie qui ont mis fin à la répression des forces serbes contre les indépendantistes kosovars et les civils albanais du Kosovo.




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