Le retour en grâce de Ségolène Royal

Ségolène Royal devient ministre pour la quatrième fois... (PHOTO CHARLES PLATIAU, REUTERS)

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Ségolène Royal devient ministre pour la quatrième fois de sa carrière politique, une situation qui était inimaginable il y a quelques mois seulement pour des raisons plus personnelles que politiques.

PHOTO CHARLES PLATIAU, REUTERS

La France s'est dotée hier d'un nouveau gouvernement de taille réduite, comprenant peu de visages nouveaux et une surprise : le retour à l'avant-scène de l'ex-conjointe du président François Hollande, Ségolène Royal, qui avait elle-même tenté il y a quelques années d'accéder à la tête de l'État.

Au soir du second tour de l'élection présidentielle française de 2007, Ségolène Royal avait gardé la tête haute dans la défaite, promettant à ses partisans de les mener vers « d'autres victoires ».

La résilience affichée à cette occasion a bien servi la politicienne socialiste, qui a dû surmonter d'autres revers d'envergure par la suite en attendant de retrouver le chemin du pouvoir.

Son retour en grâce s'est confirmé hier lorsqu'elle s'est vu attribuer un « superministère » de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie dans un gouvernement remanié et réduit qui comporte peu de nouveaux visages.

Mme Royal, âgée de 60 ans, devient ministre pour la quatrième fois de sa carrière, une position qui était inimaginable il y a quelques mois à peine pour des raisons plus personnelles que politiques.

Selon le quotidien Le Monde, la nomination à de hautes fonctions de l'ex-conjointe du président François Hollande, avec qui elle a eu quatre enfants, était freinée par ses liens tendus avec la première dame, Valérie Trierweiler.

Ces tensions s'étaient manifestées de caricaturale façon en 2012 quand Mme Trierweiler avait pris position, par tweet interposé, en faveur d'un candidat socialiste dissident se présentant contre Ségolène Royal dans le cadre des élections législatives.

La rupture du président et de la première dame en janvier a levé le dernier obstacle empêchant le rapprochement politique définitif entre Mme Royal et le chef d'État, selon le journaliste Thomas Wieder.

« Ici, tout s'entremêle, et le citoyen qui assiste à ces retrouvailles si particulières ne peut qu'hésiter : suis-je dans un vaudeville ? Suis-je dans l'histoire ? Peut-être un peu dans les deux, en fait », soulignait-il hier.

Tout en espérant son retour à l'avant-scène, Ségolène Royal avait critiqué le gouvernement, reprochant à l'équipe de Jean-Marc Ayrault, qui vient d'être remplacé par Manuel Valls, sa lenteur et son manque de cohésion.

Parcours cahoteux

La candidate socialiste avait connu sa propre part de ratés lors de la campagne présidentielle de 2007 après avoir facilement remporté l'investiture contre plusieurs caciques de la formation.

Elle avait notamment fait des vagues en saluant l'efficacité du système judiciaire chinois, en plus de soulever une vive polémique diplomatique en se prononçant ouvertement en faveur de la souveraineté du Québec à l'occasion d'une rencontre avec l'ex-chef du Parti québécois André Boisclair.

Après sa défaite devant Nicolas Sarkozy, elle essuie un nouveau revers en 2008 lors de l'élection du premier secrétaire du Parti socialiste. Elle est devancée par la mairesse de Lille, Martine Aubry, dans un scrutin entaché, selon elle, d'irrégularités.

Tout en cherchant à se positionner comme la principale opposante au chef d'État, elle se prépare par la suite en vue de solliciter l'investiture socialiste pour le scrutin présidentiel de 2012. Elle ne récolte cependant que 7 % des voix au premier tour de la primaire socialiste et décide de se rallier à François Hollande, faisant activement campagne pour lui jusqu'à sa victoire.

Les deux politiciens, qui se sont séparés en 2007, s'étaient rencontrés à la fin des années 70 à l'École nationale d'administration. Ségolène Royal s'est intégrée peu après sa sortie de l'établissement dans l'équipe du président socialiste François Mitterrand, avant d'hériter successivement des ministères de l'Environnement, de l'Enseignement scolaire et de la Famille et de l'Enfance.

Une expérience marquante pour l'ex-candidate présidentielle, qui s'est dite « honorée » hier de reprendre la tête d'un ministère « majeur pour le redressement du pays ».

Un député dans l'embarras

Un député de l'opposition, Philippe Vitel, s'est retrouvé dans l'embarras hier après avoir lancé, sur Twitter, que l'ex-conjointe du président François Hollande, Valérie Trierweiler, devrait recevoir un ministère tout comme Ségolène Royal « au nom de la justice du plumard ». L'élu a retiré le message et s'est confondu en excuses après avoir été submergé de messages d'internautes outrés qui l'accusaient de machisme.




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