France: Hollande sommé de réagir après la déroute socialiste

Le président français François Hollande.... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

Le président français François Hollande.

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martine NOUAILLE, Raphaël HERMANO
Agence France-Presse
PARIS

Au lendemain de la lourde défaite des socialistes aux municipales, le président François Hollande était sous pression, jusque dans son camp, pour changer de gouvernement et de politique et devait s'adresser rapidement aux Français pour annoncer ses intentions.

François Hollande va prendre la parole «sans doute à la télévision», a annoncé lundi matin un proche, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll.

Moins de deux ans après son accession au pouvoir en mai 2012 et à deux mois d'élections européennes qui s'annoncent au moins aussi périlleuses pour la majorité, le président français a essuyé à travers ce scrutin local une défaite personnelle.

Les électeurs de gauche lui ont fait défaut, une grande partie d'entre eux se réfugiant dans l'abstention, ne lui pardonnant pas son incapacité à faire baisser le chômage comme il s'y était engagé.

«Hollande pris dans le piège d'une défaite historique», titrait lundi le quotidien Le Monde, tandis que Libération, constatant que «le Président est nu», soulignait que François Hollande, qui déteste agir sous la pression, ne pourra «pas se dérober», et «devra dévoiler ses intentions très vite».

Plusieurs ténors de la gauche n'ont pas attendu pour réclamer un changement d'orientation. Il faut «changer de trajectoire» vers plus de «solidarité» envers les plus modestes, et «indiquer à nos partenaires européens que la politique d'austérité telle qu'elle est menée n'est plus supportable», a estimé le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis.

Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs écologistes, a brandi de son côté la menace d'une rupture de la majorité, à laquelle participent les écologistes avec deux ministres, si l'exécutif ne change pas de politique. Les écologistes ont tiré leur épingle du jeu dans le scrutin municipal où ils ont ravi la ville de Grenoble (est) aux socialistes.

Le «pacte de responsabilité» lancé par François Hollande, qui a pour objectif d'abaisser les charges des entreprises dans l'espoir de relancer les embauches, «est invotable en l'état», a averti lundi M. Placé. François Hollande a promis d'engager la responsabilité de l'exécutif au printemps devant le Parlement sur le «pacte de responsabilité».

Se préparer à «l'alternance»

En perdant au moins 155 villes de plus de 9000 habitants - certaines à gauche depuis plus de 100 ans - le camp socialiste abandonne à la droite son statut de premier pouvoir local conforté lors du précédent scrutin municipal en 2008.

Alain Juppé, ancien ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, a estimé que cette «défaite cuisante» de la gauche met la droite «devant ses responsabilités» en préparant d'ores et déjà «l'alternance».

Le Front national, qui était quasiment absent à l'échelon local, remporte pour sa part 11 mairies, ce qui a permis à la présidente du parti d'extrême droite Marine Le Pen de saluer «une nouvelle étape» dans l'histoire de son parti.

Évoqué depuis des semaines, le changement de premier ministre paraît plus que jamais inéluctable.

La reconduction de Jean-Marc Ayrault «après cette gifle, ne pourrait apparaître que comme une surdité au message des électeurs», juge l'éditorialiste Jean-Marcel Bouguereau dans le quotidien régional La République des Pyrénées.

Selon un sondage BVA pour le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France, près des trois quarts (74 %) des Français ne souhaitent pas que M. Ayrault reste premier ministre.

L'entourage de François Hollande a laissé entendre dimanche soir qu'il avait entendu le message: «C'est une défaite, on ne va pas barguigner», a-t-on commenté.

«Les électeurs ont exprimé une attente vive... et parfois de la colère», a pour sa part noté le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, donné comme favori pour prendre la tête du prochain gouvernement. «Il s'agit bien d'une défaite locale et nationale pour la gauche et le gouvernement», a-t-il reconnu sans ambages.

François Hollande paie notamment très cher son incapacité à inverser, comme il l'avait promis, la courbe du chômage. Le nombre de demandeurs d'emploi a atteint en février le chiffre record de 3,34 millions.

Une mauvaise nouvelle est encore tombée lundi avec les chiffres du déficit public. Alors que l'objectif était de le ramener à 4,1 % du PIB en 2013 (contre 4,9 % en 2012), il a encore atteint 4,3 %. Le gouvernement s'est engagé auprès de Bruxelles à faire passer le déficit public sous 3 % du PIB en 2015. La dette publique s'est également creusée à 93,5 % du PIB (contre 90,6 % fin 2012) tandis que les investissements des entreprises sont restés au plus bas.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer