Rumeurs de remaniement au gouvernement français

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Si un remaniement est décidé par François Hollande (ci-dessus), Jean-Marc Ayrault, premier ministre depuis presque deux ans, pourrait en faire les frais.

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Philippe RATER
Agence France-Presse
Paris

Le président français François Hollande a promis mercredi de tirer les leçons de l'échec de la gauche aux municipales alors qu'un remaniement, de plus en plus évoqué, pourrait intervenir au lendemain du 2e tour de ce scrutin prévu dimanche.

Après le revers subi par le Parti socialiste lors du premier tour de ce scrutin municipal, M. Hollande va annoncer «une nouvelle étape» de son quinquennat avec un gouvernement «resserré», a résumé le patron de cette formation, Harlem Désir.

Lors du Conseil des ministres de mercredi, le chef de l'État a appelé son gouvernement à «entendre les Français» et à «travailler au redressement de ce pays avec plus de rapidité, plus de force, plus de cohérence et de justice sociale», a rapporté la porte-parole de l'exécutif, Najat Vallaud-Belkacem.

Si un remaniement est décidé par François Hollande, Jean-Marc Ayrault, premier ministre depuis presque deux ans, pourrait en faire les frais.

La gestion de l'ex-maire de Nantes (ouest), sans charisme et au ton monocorde, a en effet été émaillée de «couacs» dans une équipe que même certains ministres qualifient de pléthorique (sept ministres à l'Économie, cinq aux Affaires étrangères...).

L'ancien professeur d'allemand a cristallisé les mécontentements alors que la France peine à sortir de la crise économique et à inverser la courbe du chômage.

En février, le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a bondi avec 31 500 nouveaux inscrits pour atteindre le niveau record de 3,34 millions de personnes, a annoncé mercredi le ministère du Travail.

Depuis plusieurs semaines, les rumeurs vont bon train sur le remplacement de Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls (Intérieur) ou Laurent Fabius (Affaires étrangères).

Au-delà de ces municipales, le calendrier de François Hollande, très impopulaire, lui impose de nouvelles orientations.

En mai, il y aura les élections européennes, puis un scrutin régional en 2015 avant la présidentielle et les législatives de 2017.

Dans l'immédiat, la France doit transmettre fin avril à la Commission européenne une version actualisée de son programme de stabilité avec, à la clef, le détail de 50 milliards d'économies dans les dépenses publiques promises par le président d'ici 2017.

François Hollande a promis d'engager la responsabilité de son exécutif au printemps devant le Parlement sur son «pacte de responsabilité» qui a pour objectif d'abaisser les charges des entreprises en échange de davantage d'embauches.

Paysage politique secoué

Dimanche, le premier tour des municipales a été marqué par une très forte abstention - 36,4% des électeurs n'ont pas été aux urnes - qui a profité au Front national (FN, extrême droite). Quelque 30 000 mairies ont été attribuées et il en reste environ 6000 à pourvoir dimanche prochain, dont la quasi-totalité des grandes villes.

Parmi elles, un millier de mairies verront s'affronter trois candidats, environ 200 des «quadrangulaires» (quatre candidats).

Le FN, qui tente depuis des années de dédiaboliser son image, est arrivé en tête dans une vingtaine de communes et espère conquérir entre dix et quinze municipalités.

Entre 1995 et 2001, ce parti avait déjà géré quelques villes dans le sud mais avec des résultats contrastés. À l'époque, les maires avaient «voulu faire de leur ville une vitrine idéologique, ils ont eu tort» et «c'est une erreur qui ne sera pas commise aujourd'hui», a assuré la présidente du Front, Marine Le Pen.

L'entre-deux tours a été marqué par du désordre à gauche avec des alliances ou des retraits à géométrie variable.

À Béziers (sud), le candidat socialiste, arrivé troisième, a refusé de se retirer comme le lui demandait sa direction à Paris. Toujours dans le sud, à Fréjus et Perpignan, les socialistes se sont retirés à contrecoeur et parfois dans les larmes, ce qui devrait favoriser le candidat de la droite face au FN.

Certaines villes ont vu des alliances entre socialistes et candidats de la gauche radicale, jusqu'alors dans l'opposition à l'exécutif socialo-écologiste. C'est le cas à Avignon (sud), Rennes (ouest) ou Montreuil, en banlieue parisienne.

À Paris, arrivée en tête au premier tour contre toute attente, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP, opposition), a rassemblé son camp, mais la candidate socialiste Anne Hidalgo a elle aussi verrouillé ses chances en scellant un accord avec les Verts.




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