Indépendance de l'Écosse: Alex Salmond reprend la main

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Le premier ministre écossais Alex Salmond prête un parapluie aux couleurs de l'Écosse à un pêcheur.

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Tristan de Bourbon
La Presse

(Londres) Le premier ministre indépendantiste écossais Alex Salmond a répliqué hier aux attaques du président de la Commission européenne et des responsables économiques des trois principaux partis britanniques, alors que l'approche d'un référendum sur l'indépendance fait monter les tensions.

Remonté contre ses adversaires, le premier ministre écossais Alex Salmond s'est déclaré hier plus déterminé que jamais à faire la promotion de l'indépendance de son pays - «une indépendance que nous devons décrocher si nous voulons obtenir les avancées sociales et économiques que les gens méritent d'avoir».

À l'occasion d'un long discours prononcé à Aberdeen, le politicien indépendantiste s'est montré agacé par la campagne négative menée par les trois principaux partis britanniques - même s'il estime «qu'elle a déjà commencé à se retourner contre eux» - ainsi que par les instances européennes.

Ce mordant était nécessaire après plusieurs jours d'attaques directes venues de toutes parts. Interrogé sur la possibilité qu'une Écosse indépendante devienne membre de l'Union européenne (UE), le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a indiqué dimanche qu'il sera «très difficile de recevoir l'accord de tous les autres États membres pour avoir un nouveau membre issu d'un État membre. Nous avons même vu l'Espagne s'opposer à la reconnaissance du Kosovo, par exemple. Dans un certain sens, la situation est similaire, car c'est [l'Écosse] un nouveau pays, et je pense donc que ce sera extrêmement dur, pour ne pas dire impossible».

Si la vice-première ministre écossaise Nicola Sturgeon s'est insurgée contre cette «déclaration absurde», Alex Salmond est resté mesuré en indiquant que l'UE avait accepté tellement de nouveaux pays en son sein qu'elle trouverait un moyen «pragmatique» de garder l'Écosse.

Capitale question monétaire

Trois jours auparavant, le chancelier de l'échiquier britannique George Osborne avait replacé au centre du débat actuel la question du maintien ou non de la livre sterling dans une Écosse indépendante. En visite à Édimbourg, il a assuré que «la livre sterling n'est pas un actif que l'on peut diviser entre deux pays après une séparation, comme une collection de CD. [...] Si l'Écosse quitte le Royaume-Uni, il quitte la livre sterling britannique». Un point de vue confirmé par ses homologues au sein des partis travailliste et libéral-démocrate.

Alex Salmond leur a expliqué hier qu'il ne croyait pas un tel scénario possible, accusant ses adversaires de bluff. «C'est de la fanfaronnade, car nous sommes invités à croire que lors de l'élection générale de l'an prochain, George Osborne annoncera aux entreprises en Angleterre l'imposition d'une nouvelle "taxe" de plusieurs centaines de millions de livres sterling contre le privilège d'exporter leurs biens en Écosse.»

Selon son estimation, le surcoût pour les entreprises découlant d'une séparation monétaire s'élèverait à environ 500 millions de livres sterling (850 millions CAN) par an, un chiffre calculé à partir des échanges estimés en 2012 entre le Royaume-Uni et l'Écosse. Une analyse confirmée de manière très ironique par l'économiste Jim Walker: «À moins que le gouvernement britannique ne réintroduise un contrôle sur le mouvement des capitaux, il n'y a aucun doute à avoir sur les bénéfices mutuels d'une union monétaire entre l'Écosse et le reste du Royaume-Uni.»

Londres ne peut empêcher Édimbourg d'utiliser sa devise à l'avenir, mais elle peut l'empêcher de se joindre à une union monétaire. Sans elle, l'Écosse n'aura aucun droit de parole lors des prises de décisions liées à la stratégie monétaire. Coincées dans ce que l'ancien premier ministre britannique Gordon Brown a qualifié «de colonialisme auto-imposé», les autorités écossaises pourraient alors abandonner la livre sterling, s'engageant dans un processus incertain.

Si ce débat peut sembler technique et éloigné des considérations des Écossais, toutes les enquêtes d'opinion assurent que les questions économiques détermineront l'issue du référendum du 18 septembre prochain. D'où l'acharnement des différents camps.

Un référendum en septembre

Le référendum sur l'indépendance de l'Écosse aura lieu le 18 septembre. Tous les résidants écossais, qu'ils soient Écossais, citoyens d'un pays de l'Union européenne ou d'un pays du Commonwealth, seront appelés à répondre oui ou non à la question: «L'Écosse doit-elle être un pays indépendant?» L'âge minimum requis pour voter a été abaissé exceptionnellement à 16 ans par le Parti national écossais, car les jeunes sont plus favorables à l'indépendance. Selon le dernier sondage en date, l'écart entre partisans et opposants de l'indépendance se réduit (46% pour et 54% contre), ce qui rend le résultat pour l'instant imprévisible.




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