Matteo Renzi chargé de former le nouveau gouvernement italien

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À 39 ans, Matteo Renzi devrait devenir le plus jeune premier ministre de l'Union européenne.

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Françoise KADRI
Agence France-Presse
Rome, Italie

Le chef du Parti démocrate Matteo Renzi a promis lundi de consacrer toute son «énergie et son enthousiasme» à réformer l'Italie, après avoir été chargé de former un nouveau gouvernement par le président Giorgio Napolitano.

Plus prudent et l'air plus grave qu'à l'accoutumée, M. Renzi a indiqué avoir accepté de «tenter de former un nouvel exécutif». À 39 ans, il devrait devenir le plus jeune premier ministre de l'Union européenne.

Après sa démission de son poste de maire de Florence prévue lundi, il entamera des consultations mardi avec les différents partis politiques pour vérifier qu'il a bien une majorité au Parlement, avant de retourner au Quirinal (la présidence) pour présenter son gouvernement puis de soumettre son programme au Parlement pour un vote de confiance.

Il a énuméré les réformes à entreprendre : d'ici à la fin février, les réformes institutionnelles (mode de scrutin électoral, abolition du Sénat), en mars la question du travail alors que le taux de chômage atteint quasiment 13 %, en avril la bureaucratie et la réforme de l'administration publique, en mai la fiscalité alors que le patronat réclame d'urgence un allègement des charges sociales.

«Je mettrai toute l'énergie, l'enthousiasme et l'engagement dont je suis capable pour combattre le chômage et la résignation», a-t-il dit.

M. Renzi a souligné qu'il se fixe «comme horizon le terme naturel de la législature» à savoir 2018. Raison pour laquelle il a besoin de «quelques jours» pour «prendre le temps» de bien préparer son gouvernement.

M. Renzi, qualifié d'«homme pressé», a déjà rencontré un certain nombre de difficultés dans la composition de son équipe gouvernementale. Selon les médias, il a dû renoncer au choix de l'économiste Lucrezia Reichlin pour le poste de ministre de l'Économie, jugé trop peu «politique» pour faire le poids face à la Commission européenne et à la BCE.

Or, ce ministère est crucial pour la troisième économie de la zone euro qui peine à sortir de la récession avec un modeste +0,1 % de croissance au dernier trimestre 2013. «Le pays est impatient et a besoin de réponses immédiates, surtout sur l'économie», a prévenu le ministre sortant Fabrizio Saccomanni.

Il s'est vu aussi opposer un non de l'écrivain Alessandro Baricco pressenti pour la Culture et du patron de Luxottica (montures de lunettes) Andrea Guerra pour le Développement économique.

Un allié encombrant

«Il a un besoin désespéré de figures d'excellence, si possible nouvelles. Mais suffisamment expérimentées pour ne pas devenir immédiatement esclaves de chefs de cabinets très expérimentés», a noté un éditorialiste du Corriere della Sera.

M. Renzi, pour qui «la rapidité est un aspect constitutif de la personnalité», se rend compte que «la formation d'une équipe n'est pas un travail facile», renchérit Federico Geremicca dans La Stampa.

Autre difficulté et de taille : il se heurte déjà aux exigences d'un allié encombrant au sein de la majorité gouvernementale, le Nouveau centre droit (NCD), d'Angelino Alfano, ex-dauphin de Silvio Berlusconi.

«Nous sommes tout simplement indispensables pour la naissance de ce gouvernement. Si nous disons "non" au gouvernement, celui-ci ne peut pas voir le jour», a souligné dimanche Angelino Alfano.

M. Alfano exige notamment que le gouvernement ne soit pas déséquilibré vers la gauche et qu'un contrat soit signé, une sorte de «pacte à l'allemande», sur le programme du futur exécutif.

Semblant lui répondre lundi, M. Renzi a averti que «les forces politiques doivent être bien conscientes des prochaines étapes» et les a appelées à «faire bien attention aux contenus et aux programmes».

Dans le camp de M. Renzi, qui n'a jamais été ni parlementaire ni ministre, rien n'est simple non plus.

Pippo Civati un de ses anciens compagnons de route dans sa campagne pour «rottamare», mettre à la casse, les vieux caciques du PD, a menacé de ne pas voter la confiance au gouvernement, insistant sur la nécessité de donner un coup de barre à gauche. Il avait été l'un des seuls à critiquer jeudi dernier le vote par le PD d'une motion qui avait poussé Enrico Letta à la démission. M. Civati emmènerait dans son sillage une dizaine de parlementaires dont le vote sera crucial le jour J.




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