Référendum: le président suisse tente de rassurer les étrangers

Le président suisse, Didier Burkhalter... (Photo Thomas Hodel, Reuters)

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Le président suisse, Didier Burkhalter

Photo Thomas Hodel, Reuters

Agence France-Presse

Le président de la Confédération helvétique, Didier Burkhalter, a tenu à rassurer mercredi les étrangers vivant en Suisse au titre de la libre circulation, après le résultat du referendum limitant l'immigration.

À l'adresse des étrangers, qui ont déjà exprimé leurs inquiétudes dans les médias, et des Suisses vivant à l'étranger, M. Burkhalter a déclaré que «rien ne change immédiatement».

Pour ceux «qui ont des droits au titre de ces accords de libre circulation, une disposition prévoit que ces droits restent acquis», a-t-il ajouté.

«Les accords de libre circulation s'appliquent jusqu'à leur révision ou leur résiliation», a-t-il encore indiqué, au cours d'une conférence de presse.

Un plan de mise en oeuvre des dispositions de ce referendum sera élaboré d'ici fin juin, suivi d'un projet de loi avant la fin 2014, a précisé mercredi le gouvernement. Le projet sera alors soumis au Parlement.

M. Burkhalter, également ministre des Affaires étrangères, a indiqué n'avoir pas eu de «réactions positives» de la part de ses collègues, qui ont eu l'impression que le referendum était dirigé contre leurs pays.

«La Suisse a pris sa décision en connaissance de cause, on savait qu'il y avait un risque» en votant ce texte, et il faut «l'accepter et rester calme». «C'est une phase difficile, pas une crise, car on connaissait d'avance» les risques encourus, a-t-il ajouté.

Toujours selon le président suisse, le Secrétaire d'État aux Affaires internationales, Yves Rossier se rendra prochainement à Bruxelles, pour expliquer le vote suisse.

Celui-ci a suscité une levée de boucliers de la part des pays européens, qui accusent les Suisses de repli sur soi et de frilosité, pour avoir décidé de limiter leur immigration.

Depuis dimanche soir, les autorités européennes ont menacé de dénoncer tous les accords bilatéraux avec Berne.

Lundi, des négociations en cours entre la Suisse et l'UE à propos d'un accord sur l'électricité ont été suspendues unilatéralement par la Commission européenne à titre de représailles, alors qu'elles étaient presque bouclées.

Une courte majorité (50,3%) des Suisses ont approuvé dimanche une initiative du parti UDC (droite populiste) demandant le retour de quotas et contingents, un système que le pays connaissait avant la libre circulation, pour mettre «fin à l'immigration de masse».

Selon le système de démocratie directe en vigueur en Suisse, le gouvernement a l'obligation de mettre en oeuvre les dispositions d'une initiative adoptée par le peuple, même s'il est d'un avis contraire.

En l'occurrence, les autorités politiques suisses, ainsi que le patronat et de nombreux partis avaient tous fait part de leur opposition à ce texte, finalement voté par les électeurs.

La Suisse a 3 ans pour mettre le résultat de ce referendum en oeuvre.




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