Ukraine: l'opposition reste mobilisée

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Le nombre de manifestants était comparable à celui observé lors du rassemblement analogue une semaine plus tôt.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Oleksandr SAVOCHENKO, Michel VIATTEAU
Agence France-Presse
KIEV

L'opposition ukrainienne a mobilisé à nouveau dimanche quelque soixante-dix mille manifestants à Kiev tandis que les services spéciaux ont annoncé des mesures destinées à répondre à des menaces d'actes terroristes.

Alors que le meeting de l'opposition se poursuivait sans incident, les services spéciaux, le SBU, ont indiqué qu'ils «activaient» leur Centre anti-terrorisme en raison du «nombre croissant» d'informations reçues sur des «faits de placer des mines dans des endroits fréquentés par un grand nombre de personnes», sur des «menaces d'explosion» visant des sites importants, tels centrales nucléaires ou gares, aéroports et oléoducs, et aussi sur «le blocus de locaux du pouvoir exécutif» et «des appels à occuper des sites abritant d'importantes quantités d'armes».

Les mesures prises «sont publiques et ont avant tout un caractère préventif», a précisé le SBU. Il s'agit notamment d'échanger des informations, contrôler les forces et moyens nécessaires, vérifier «des menaces anonymes d'attentats à l'explosif», rechercher les responsables et définir leurs motivations.

Au rassemblement de Kiev, l'opposition a affiché sa détermination à poursuivre son action.

«Nous n'avons pas l'intention de nous rendre. Nous irons plus loin», a affirmé le militant torturé Dmytro Boulatov, actuellement soigné en Lituanie, qu'une animatrice du rassemblement, la chanteuse Rouslana, a appelé au téléphone, mettant ensuite l'appareil contre le micro. La foule a répondu par des applaudissements.

Rouslana, très présente dans la contestation, a dit aux manifestants qu'elle se sentait physiquement menacée par les partisans du pouvoir, les «titouchki», des «sportifs» que l'opposition soupçonne d'être mobilisés par le pouvoir pour agresser ses membres.

«Les titouchki m'ont de facto chassée de chez moi. Ils font le guet en bas de chez moi et surveillent ma voiture», a-t-elle dit, avant de révéler qu'elle recevait des textos «qui me menacent de me faire subir le même sort qu'à Boulatov».

Ce dernier avait été enlevé et torturé pendant plusieurs jours par des inconnus parlant russe qui lui ont coupé une partie de l'oreille.

L'un des principaux dirigeants de l'opposition, Vitali Klitschko, a défié le président Viktor Ianoukovitch, appelant les Ukrainiens à observer une grève générale d'une heure jeudi 13 février à 11h00 et à sortir à cette occasion dans la rue avec les drapeaux nationaux.

«Je suis Ukrainien, je n'ai pas peur»

«On ne peut pas nous briser. Nous allons continuer à nous battre», a-t-il lancé avant d'exhorter les gens à s'inscrire dans les unités d'autodéfense partout dans le pays et à suivre le mot d'ordre «Je suis ukrainien, je n'ai pas peur».

Le nombre des participants au rassemblement de dimanche était comparable à celui observé au moment du rassemblement analogue une semaine plus tôt, mais inférieur aux foules vues au cours des grandes manifestations en novembre, puis en décembre et en janvier, ont estimé des journalistes de l'AFP.

«Les gens doivent rester dans la rue jusqu'au bout, sinon on aura des représailles. Et l'opposition doit être plus résolue, ne pas se limiter aux discours à partir du podium. Il faut une présidentielle anticipée et une nouvelle Constitution», a dit à l'AFP Anna Rebenok, une jeune secrétaire de direction. «Sinon, tout restera comme avant».

Gouvernement technique

Côté pouvoir, le chef de l'État est pris en étau entre différentes forces puissantes, ce qui limite sa marge de manoeuvre.

La pression la plus explicite est celle de la Russie, vers laquelle il s'était tourné fin novembre en renonçant soudainement à signer un accord d'association avec l'UE, qu'il avait lui-même promu pendant trois ans.

A la suite de cette volte-face, Moscou lui a offert une aide financière conséquente, 15 milliards de dollars de crédits et une baisse d'un tiers du prix du gaz russe.

Mais en l'acceptant, pour son pays au bord de la cessation de paiement, M. Ianoukovitch a offert au Kremlin un excellent moyen de pression, en faisant dépendre les versements consécutifs à Kiev de la situation politique en Ukraine.

C'est pourquoi l'opposition et les partenaires occidentaux de l'Ukraine étaient impatients de connaître les résultats de sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine. Celle-ci a bien eu lieu vendredi soir à Sotchi en marge de l'ouverture des JO d'hiver, mais rien n'a transpiré sur ce qui y a été dit ou décidé.

Tant la Russie que l'UE et les États-Unis attendent de M. Ianoukovitch la nomination d'un nouveau Premier ministre pour remplacer Mykola Azarov, qui a démissionné le 28 janvier, et en font dépendre leur assistance.

Il semble peu probable qu'il puisse trouver un candidat acceptable pour tout le monde.




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