Le paparazzi de François Hollande

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Cinq jours et trois nuits durant, Sébastien Valeila attendra devant l'immeuble de l'actrice Julie Gayet, dans l'espoir d'y voir entrer le président Hollande. Le paparazzi aurait reçu 40 000 euros pour ses photos.

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(Paris) Fin décembre, le paparazzi Sébastien Valiela a passé des heures devant l'immeuble de l'actrice Julie Gayet dans l'espoir de prendre des photos du président François Hollande en flagrant délit d'adultère. De 7h le matin à minuit, il a fixé l'entrée de l'édifice, son appareil photo à côté de lui, prêt à prendre des clichés qui feraient scandale.

La rumeur courait dans Paris depuis plusieurs mois : le président trompait sa conjointe, Valérie Trierweiler, avec la flamboyante Julie Gayet. Cette histoire trottait dans la tête de Sébastien Valiela, le paparazzi le plus célèbre de France. C'est lui qui a pris les fameuses photos du président François Mitterrand avec sa fille illégitime, Mazarine Pingeot, en 1994. Une fille dont il avait caché l'existence et qui avait 19 ans au moment où Valiela les a photographiés à la sortie d'un restaurant. Photos difficiles à prendre, car Mitterrand était entouré d'une quinzaine de gardes du corps. L'affaire avait fait le tour du monde. Un énorme scoop. Hollande, lui, n'était pas entouré. Valiela n'en revient toujours pas. «Il n'avait qu'un garde du corps qui allait de l'entrée de l'immeuble à l'appartement de Gayet. Quand Hollande partait en scooter, le garde du corps ne le suivait pas. Hollande ne conduisait pas. Il n'y avait que le chauffeur et lui sur un scooter, la nuit, dans les rues de Paris. C'est léger comme sécurité pour un président de la République.»

Mais avant de se planquer devant le désormais célèbre immeuble de la rue du Cirque qui abritait les amours secrets du président Hollande, Valiela devait trouver l'adresse. «Julie Gayet était au Café de Flore avec une amie, raconte Valiela. Un employé m'a appelé pour m'avertir. J'ai filé au café et je l'ai discrètement surveillée.» Valiela a des espions dans Paris, prêts à lui refiler des informations. «J'ai vu une voiture de l'Élysée avec un garde du corps de François Hollande s'approcher du café. Il venait chercher Julie Gayet . Je n'avais plus de doute, la rumeur était vraie.»

Valiela suit l'auto et se retrouve devant le 20 rue du Cirque. Il se planque avec un collègue photographe avec qui il travaille depuis quelques années. «C'est plus facile à deux, précise Valiela. On peut surveiller sans relâche et on est certain de ne rien rater.» C'était en juillet . Il a attendu. En vain. Des jours de perdus. Il a laissé tomber. Le 16 décembre, il écoute une émission sur Canal Plus. Julie Gayet est invitée pour parler de la sortie de son film. Un humoriste fait des blagues sur la présence de Hollande sur le plateau de tournage. Gayet ne rit pas. Sébastien Valiela se dit : «Si on fait ouvertement des blagues sur Hollande et Gayet, il est temps de passer à l'action.»

Il appelle Laurence Pieau, rédactrice en chef du magazine à potins Closer. Il lui dit qu'il connaît l'adresse de Gayet. Elle est prête à publier et à payer.

«Combien ? Je ne le dis pas, répond Valiela, mais moins cher que vous le croyez. Les photos de stars valent beaucoup plus que celles des politiciens.»

Selon pressenews . fril aurait reçu 40 000 euros (60 000 $). Valiela s'installe devant l'édifice de Gayet. L'attente commence. Cinq jours et trois nuits. Il voit Hollande entrer et sortir avec un casque de moto sur la tête. Son visage est caché par une visière, mais il reconnaît sa démarche, son garde du corps.

«Il arrivait vers 23h et il repartait tôt le matin, vers 7h», raconte Valiela. Il prend une cinquantaine de photos.

Un loup solitaire

Valiela se définit comme un « pur paparazzi », un loup solitaire. « Je ne fais que de la planque. Je veux être seul. Quand d'autres photographes arrivent, je laisse tomber l'histoire. » Il carbure aux scoops fumants. « Un bon paparazzi doit être patient, ingénieux et physionomiste. Le plus difficile, c'est d'obtenir les bonnes informations qui nous mettent sur la piste. » Il a 42 ans, il est séparé et sans enfant. Paparazzi, un travail de célibataire avec des heures de fou. Il fait ce métier depuis qu'il a 20 ans. «J'ai ça dans le sang.» Il s'est déjà fait agresser par des vedettes en colère. Vanessa Paradis et son copain de l'époque,

Lenny Kravitz, ont sauté sur lui pour lui arracher son appareil photo. Mais ce qu'il préfère, c'est traquer les hommes politiques. « On est plus près du journalisme et de l'investigation », dit-il. Comme Mitterrand et Hollande. Le 10 janvier, Closer publie ses photos de Hollande. Elles font le tour de la planète. Dans la foulée du scandale, le président rompt avec Valérie Trierweiler qui a confié ses états d'âme à Paris Match. Le numéro sort aujourd'hui. «Quand j'ai su, j'ai cru tomber d'un gratteciel », avoue-t-elle. Julie Gayet, elle, poursuit Closer pour 50 000 euros (75 000 $). Mais peu importe les dommages collatéraux, Valiela l'a eue, sa bombe. Ce qui lui fait deux scoops présidentiels en 20 ans.




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