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Émeutes à Kiev: cinq militants tués, 300 blessés

Les affrontements se sont encore intensifiés, avec plusieurs... (PHOTO DMITRY SEREBRYAKOV, AFP)

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Les affrontements se sont encore intensifiés, avec plusieurs assauts successifs lancés depuis le petit jour par les forces anti-émeute contre les barricades dressées par les manifestants.

PHOTO DMITRY SEREBRYAKOV, AFP

Dmytro GORSHKOV
Agence France-Presse
Kiev, Ukraine

Cinq militants de l'opposition en Ukraine ont été tués et 300 blessés mercredi dans les violents affrontements à Kiev entre manifestants et forces de l'ordre, a annoncé dans la soirée le centre du service médical improvisé de l'opposition.

«Pour le moment, nous avons dénombré cinq morts. Et environ 300 personnes ont été blessées aujourd'hui depuis minuit», a déclaré le coordinateur du centre médical, Oleg Musiy, à la radio pro-opposition Hromadske. Selon le site Ukrainska Pravda, quatre des cinq personnes qui sont mortes avaient des blessures par balles.

La police ukrainienne a donné l'assaut, utilisant même pour la première fois un blindé, mercredi, pour démanteler les barricades et chasser les manifestants des alentours des bâtiments officiels, déclenchant de nouvelles batailles de rue avec les opposants à Kiev où la confrontation a fait ses deux premiers morts.

Les forces de l'ordre ukrainiennes ont fait avancer en milieu de journée un blindé en direction des manifestants pro-européens rassemblés à Kiev, pour la première fois depuis le début de la confrontation il y a deux mois.

Le véhicule de transport de troupes blindé a avancé dans la rue Grouchevski, traversant les anciennes barricades reprises dans la journée aux manifestants, selon les images de la télévision. Des centaines d'hommes des forces anti-émeutes le suivaient, dans l'épaisse fumée des pneus enflammés par les manifestants.

Les affrontements se sont encore intensifiés, avec plusieurs assauts successifs lancés depuis le petit jour par les forces anti-émeute contre les barricades dressées dans la rue Grouchevski où se trouvent le siège du gouvernement et le Parlement, et théâtre depuis dimanche de heurts d'une violence inédite à Kiev.

Les manifestants jetaient des cocktails Molotov en masse sur les forces de l'ordre, et celles-ci ripostaient avec des tirs de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes.

Les protestataires et les forces de l'ordre étaient plusieurs centaines de chaque côté, sans qu'il soit possible de connaître leur nombre précis.

Les hommes des unités anti-émeute Berkout, casqués et équipés de boucliers, gagnaient du terrain au fil de leurs avancées, alors que des ambulances emmenaient des blessés.

Les manifestants isolés ou tombés étaient battus sans ménagement à coup de pieds et de matraque.

Le président Viktor Ianoukovitch a de son côté appelé les Ukrainiens à ne pas suivre les «extrémistes».

Les Etats-Unis ont annoncé de premières sanctions en révoquant les visas de responsables ukrainiens.

La diplomate en chef de l'UE, Catherine Ashton, a condamné «l'escalade violente» et exprimé une inquiétude «extrême» après la mort de manifestants.



Deux morts par balle

Le parquet ukrainien a en effet confirmé la mort de deux hommes, tués par balle dans la zone du centre-ville où ont lieu les affrontements.

Selon une source au sein du service médical improvisé de l'opposition, un des manifestants a été «probablement tué par un tireur embusqué».

L'opposition, qui a fait état d'un troisième mort, un jeune homme décédé mardi après être tombé dimanche de plus de 10 mètres de haut alors qu'il cherchait à échapper aux forces anti-émeutes, a fait porter l'entière responsabilité sur le pouvoir.

«Quatre blessures par balle à la tête et au cou pour l'un des morts, ce n'est pas de la légitime défense mais des tirs délibérés sur des citoyens pacifiques», ont déclaré les partis des leaders de l'opposition Arseni Iatseniouk, Oleg Tiagnikok et l'ancien boxeur Vitali Klitschko.

«Tout ce qui va se produire désormais dans le pays, la vie et la sécurité de chaque citoyen, et la mort de manifestants, est la responsabilité personnelle (du président) Viktor Ianoukovitch, qui a ignoré durant deux mois les revendications légitimes et provoque sciemment une escalade», ont-ils averti.

Depuis dimanche, la situation est très tendue à Kiev, où les affrontements à coups de cocktails Molotov, tirs de balles en caoutchouc et grenades assourdissantes n'ont quasiment pas cessé.

Selon le ministère de l'Intérieur, avant l'assaut de mercredi, au moins 200 personnes ont été blessées.

Des sources médicales ont affirmé qu'au moins une personne avait eu la main amputée et que plusieurs avaient perdu la vue.

Par ailleurs, un militant et blogueur d'opposition, Igor Loutsenko, a affirmé avoir été kidnappé et battu par des inconnus, qui l'ont retenu de force pendant 15 heures avant de le relâcher dans une forêt.

Il a ajouté avoir été enlevé avec un autre militant dont le sort reste inconnu jusqu'à présent.

Soutien russe

L'offensive musclée des forces de l'ordre intervient alors que le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a menacé mardi soir de recourir à la force.

«Si les provocateurs ne s'arrêtent pas, les autorités n'auront pas d'autre choix que d'utiliser la force dans le cadre de la loi pour assurer la sécurité des gens», avait-t-il dit.

Il faisait référence à la législation controversée entrée en vigueur mardi à minuit et qui durcit les sanctions contre les manifestants pro-européens défiant le pouvoir dans les rues de Kiev.

Après déjà deux mois de contestation dans les rues de Kiev, l'adoption de ces lois a relancé la mobilisation en Ukraine.

Dimanche, une manifestation de 200 000 personnes pour les dénoncer a été suivie par d'intenses violences.

Les autorités ukrainiennes ont reçu le soutien de Moscou, qui a dénoncé une situation qui «échappe à tout contrôle».

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a aussi pointé du doigt le soutien «indécent» apporté selon lui à l'opposition par les Européens.

Ceux-ci ont accusé le pouvoir ukrainien d'avoir provoqué l'escalade de la violence en adoptant des lois répressives contre les manifestants.

Le mouvement de contestation a mobilisé des centaines de milliers de personnes dès la fin novembre après la volte-face du président Ianoukovitch, qui a choisi de ne pas signer un accord d'association avec l'UE, pour se tourner vers la Russie.




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