Catalogne: vaste chaîne humaine malgré la pluie

Le village d'Arenys de Munt, bastion de l'indépendance... (PHOTO JOSEP LAGO, AFP)

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Le village d'Arenys de Munt, bastion de l'indépendance de la Catalogne, se prépare, malgré la pluie, à s'unir en une vaste chaîne humaine pour réclamer un referendum d'autodétermination.

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Daniel BOSQUE
Agence France-Presse
Arenys de Munt, Espagne

Sur les collines qui surplombent le littoral au nord de Barcelone, le village d'Arenys de Munt, bastion de l'indépendance de la Catalogne, se prépare, malgré la pluie, à s'unir en une vaste chaîne humaine pour réclamer un referendum d'autodétermination.

Comme tous les 11 septembre, pour la Diada, le Jour de la Catalogne, «il y a beaucoup d'ambiance, mais cette année il y a quelque chose de particulier», explique Teresa Forn, une vendeuse ambulante de 53 ans, tout en écoulant son stock de drapeaux et de maillots aux couleurs catalanes.

«Ici, tout le monde a déjà une estelada», le drapeau indépendantiste frappé d'une étoile, «mais ils en prennent d'autres», se réjouit-elle, alors qu'une mère vient d'en acheter une où est écrit «nous sommes une nation» que son fils s'attache autour du cou avec fierté.

Et tandis qu'un groupe joue un air de sardane, la musique traditionnelle catalane, des dizaines d'habitants se rassemblent, portant les typiques «géants de Catalogne», figures issues des légendes locales, pour prendre part quelques kilomètres plus bas à l'immense chaîne humaine qui doit dans l'après-midi traverser la Catalogne du nord au sud, sur 400 kilomètres.

Symbole de l'indépendantisme catalan, Arenys de Munt s'est fait connaître en organisant en 2009 la première d'une série de consultations sur l'indépendance de la région. Des centaines de villages ont suivi.

Par cette farandole géante, les indépendantistes entendent attirer l'attention internationale et organiser une nouvelle démonstration de force, un an après une manifestation qui avait réuni des centaines de milliers de personnes à Barcelone. Objectif: faire pression pour obtenir un referendum d'autodétermination en 2014, en dépit de l'opposition farouche de Madrid.

«On va voir s'ils nous écoutent à l'extérieur, parce qu'avec Madrid, il n'y a pas moyen» de négocier, estime Montserrat Sal, une septuagénaire qui devise avec ses amies.

«Je pense que nous devons tenir tête à Madrid, qu'ils fassent ce qu'ils veulent et nous, nous continuons à travailler pour ce qu'on veut», lance Dolores Zafra, une boulangère retraitée de 65 ans qui, bien qu'originaire d'Andalousie, dans le sud, se sent «plus que tout Catalane».

«Toute la famille ira à la chaîne humaine, du grand-père de 70 ans à la petite-fille de quatre ans», assure-t-elle.

«Avant, je n'étais pas indépendantiste. Je me suis radicalisé avec le temps», souligne Albert Solé, un enseignant de 46 ans qui avec toute sa famille est au rendez-vous. «Je me suis toujours senti très catalan, mais aujourd'hui, nous sommes arrivés à un point où l'asphyxie économique est telle que le sentiment indépendantiste se trouve exacerbé».

À 40 kilomètres plus au sud, le sentiment était le même à Barcelone, où les rues, les immeubles et les voitures étaient pavoisés de senyeras, le drapeau catalan, et d'esteladas. Nombreux sont ceux qui se sont drapés de ces bannières ou qui portent le maillot jaune de la chaîne où est écrit «via catalana cap a la indépendancia» (voie catalane vers l'indépendance).

«Ce n'est pas une question de sang, mais une question de culture. Mon mari vient de Galice et mes cousins de Cadix, mais nous nous sentons avant tout Catalans. Au départ, je n'étais pas indépendantiste. Je pourrais voir un état fédéraliste, mais eux à Madrid n'en veulent pas», regrette Merce Juan Rodriguez, une éducatrice de 54 ans qui part en voiture avec son mari et deux cousins à El Perello, à 160 kilomètres au sud de Barcelone, pour participer à la chaîne.

À Barcelone, Joan Sabaté, un octogénaire, veut y croire. «Je pense que cette fois c'est la bonne. J'ai 81 ans et je n'imaginais pas voir l'indépendance avant de mourir. Aujourd'hui j'y crois, je suis sûr que je la verrai», confie-t-il.

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