Russie: des bustes de Staline vendus dans l'enceinte de la Douma

Lors d'une manifestation du parti communiste russe le... (Photo Kirill Kudryavtsev, AFP)

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Lors d'une manifestation du parti communiste russe le 23 avril dernier, une femme brandit le portrait de Staline.

Photo Kirill Kudryavtsev, AFP

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Agence France-Presse

Des bustes en bronze et des statuettes à l'effigie du dictateur soviétique Joseph Staline sont en vente au magasin de souvenirs de la chambre basse du Parlement russe (Douma) à Moscou, a rapporté lundi l'agence Interfax.

Dans l'un des halls, au rez-de-chaussée de la Douma, les bustes en bronze de Staline se vendent de 6000 à 30 000 roubles pièce (194 à 420 $CAN) et les statuettes de 8000 à 18 000 roubles (257 à 580 $CAN).

Interrogés par l'agence sur le succès et la demande de ces souvenirs, les vendeurs se sont refusés à tout commentaire.

Des responsables de trois des quatre groupes parlementaires de la Douma - le parti Russie unie de Vladimir Poutine, le parti libéral-démocrate de l'ultra-nationaliste Vladimir Jirinovski et le Parti communiste - ont indiqué qu'ils ne voyaient rien d'étrange à la vente de ces objets, selon Interfax.

Le chef du quatrième groupe parlementaire (Russie juste), Sergueï Mironov, a en revanche estimé que ces «souvenirs» n'avaient rien à faire dans les murs de la Douma.

De son côté, l'ex-dissidente soviétique Lioudmila Alexeeva, a estimé qu'il s'agissait d'un signe inquiétant: «Cela montre que notre société n'est pas en bonne santé», a-t-elle déclaré à Inferfax.

Le règne stalinien a été marqué par un régime de terreur et d'arbitraire, la déportation de peuples entiers (Tchétchènes, Ingouches, Tatars de Crimée, etc.) et la mort de millions de personnes, fusillées ou exterminées dans les camps de travail.

Mais depuis le milieu des années 1990, son image s'est progressivement améliorée, les réformes libérales provoquant une montée de la nostalgie pour l'époque soviétique.

Avec l'arrivée de Vladimir Poutine à la tête de l'État en 2000, le processus de réhabilitation du dictateur s'est poursuivi, la position du président russe sur le sujet n'étant pas sans équivoque.

L'attitude des Russes envers Staline demeure ambivalente, entre la condamnation de la terreur et des répressions, et son rôle dans la victoire à la fin de la Seconde guerre mondiale.




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