La fille du roi d'Espagne entraînée dans un scandale de corruption

L'infante Cristina, âgée de 47 ans, est le... (PHOTO NICHOLAS KAMM, ARCHIVES AFP)

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L'infante Cristina, âgée de 47 ans, est le premier membre de la famille royale directement soupçonné dans cette affaire, qui porte sur le détournement de plusieurs millions d'euros d'argent public, et devra répondre aux questions du juge sur un possible «délit de trafic d'influence».

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Sylvie Groult
Agence France-Presse
Madrid

L'infante Cristina, la fille cadette du roi d'Espagne, est appelée à s'expliquer devant un juge dans l'enquête pour corruption qui vise son époux, Iñaki Urdangarin, un rebondissement spectaculaire dans le scandale qui ternit depuis plus d'un an l'image de la monarchie et du roi Juan Carlos.

L'infante Cristina, la fille cadette du roi Juan Carlos d'Espagne, est appelée à s'expliquer devant un juge dans l'enquête pour corruption qui vise son époux, Iñaki Urdangarin, un rebondissement spectaculaire dans le scandale qui frappe à présent le coeur de la monarchie.

L'infante, âgée de 47 ans, est le premier membre de la famille royale mis en cause dans cette affaire. Elle est convoquée le 27 avril par le juge d'instruction José Castro qui la soupçonne de «coopération» avec son mari, poursuivi pour le détournement de plusieurs millions d'euros d'argent public.

Le Parquet a cependant annoncé son intention de déposer un recours, estimant qu'il n'existait pas «d'indices» sur «la participation à des faits délictueux».

La Maison royale s'est dite «surprise» de cette décision, qu'elle a attribuée à un revirement du juge, alors que la monarchie espagnole traverse une crise sans précédent depuis l'arrivée sur le trône du roi Juan Carlos, deux jours après la mort du dictateur Francisco Franco le 20 novembre 1975.

Aux ennuis de santé répétés du roi, âgé de 75 ans, s'est ajouté, au printemps 2012, un scandale né d'une coûteuse partie de chasse au Botswana, après laquelle le souverain avait dû présenter des excuses au pays. Un faux pas que l'Espagne, plongée dans la crise économique, ne semble pas lui avoir pardonné.

Cristina n'avait jusqu'à ce jour jamais été mise en cause dans l'enquête ouverte à la fin 2011 par le juge Castro, du tribunal de Palma de Majorque, aux Baléares, dans laquelle est poursuivi Iñaki Urdangarin, un ancien champion de handball de 45 ans reconverti dans les affaires.

Au fil de l'enquête, l'ex-champion olympique a cherché à protéger la famille royale et notamment son épouse, affirmant que tous avaient été tenus à l'écart de ses activités suspectes.

Mais ces dernières semaines, le scandale s'est rapproché dangereusement du cercle royal le plus proche.

Ce fut le cas notamment lorsque Carlos Garcia Revenga, secrétaire et homme de confiance de Cristina et de sa soeur aînée, Elena, a été convoqué le 23 février par le magistrat instructeur.

Ou lorsque le nom de l'infante est apparu la semaine dernière dans le goutte-à-goutte de révélations distillées, via la presse, par l'ex-associé d'Iñaki Urdangarin, Diego Torres.

Accusé lui aussi dans l'enquête sur des détournements d'argent public via l'institut Noos, une société de mécénat présidée par le gendre du roi entre 2004 et 2006, Diego Torres cherchait ainsi à prouver que Cristina était au courant des activités de son mari, alors qu'elle était membre du comité de direction de l'institut.

Dans son arrêt publié mercredi, le juge Castro fait état d'indices laissant entendre que l'infante a pu «consentir à ce que son lien de parenté avec le roi Juan Carlos soit utilisé par son mari» et l'associé de ce dernier.

Pour le magistrat, ne pas convoquer Cristina reviendrait à «discréditer la maxime selon laquelle la justice est la même pour tous».

Le scandale, après avoir écorné la popularité de la famille royale, touche maintenant directement la princesse, diplômée en sciences politiques, connue pour ses activités sociales ou humanitaires et directrice du département social de la Fondation La Caixa, à Barcelone.

Blonde et souriante, septième dans l'ordre de succession au trône d'Espagne, Cristina est considérée comme «l'enfant turbulente» de la famille, soulignait Emilio de Diego, professeur d'Histoire contemporaine à l'université Complutense de Madrid.

Née le 13 juin 1965, passionnée de sport, la princesse avait rencontré son futur époux aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996, où il jouait dans l'équipe espagnole de handball, lauréate de la médaille de bronze.

Le couple s'était marié le 4 octobre 1997 à Barcelone et le roi avait alors offert le titre de duchesse de Palma à sa fille.

«Elle a un goût extrême pour la compétition, elle est obstinée», disait d'elle l'écrivain britannique Andrew Morton, biographe de Lady Di, qui vient de publier le livre Ladies of Spain. Sofia, Elena, Cristina et Letizia: entre le devoir et l'amour, consacré à la reine Sofia, à ses deux filles et à la princesse Letizia, l'épouse du prince héritier Felipe.

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