Guerre des mots au Bolchoï après l'attaque à l'acide

Le danseur de ballet vedette Nikolaï Tsiskaridzé, en... (Photo ALEXANDER NEMENOV, AFP)

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Le danseur de ballet vedette Nikolaï Tsiskaridzé, en 2004. L'homme a été accusé publiquement par le directeur du Bolchoï d'être à l'origine de l'agression à l'acude du directeur artistique de la compagnie, la semaine passée.

Photo ALEXANDER NEMENOV, AFP

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Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
Moscou

Le directeur du Bolchoï et un danseur vedette du théâtre se sont livrés mercredi à une guerre de mots sans merci, le premier accusant pratiquement ouvertement le second d'être derrière l'attaque à l'acide contre le directeur artistique Sergueï Filine.

«Je me sens coupable de ne pas avoir tenté d'arrêter Nikolaï quand c'était encore possible», a déclaré le directeur du théâtre, Anatoli Iksanov, évoquant le danseur Nikolaï Tsiskaridzé, dans une interview publiée sur le site internet du magazine Snob.

Dans cet entretien, M. Iksanov déclare n'avoir «aucun doute» sur l'implication de Nikolaï Tsiskaridzé dans la publication en 2011 sur l'internet de photographies compromettantes, à caractère sexuel, qui avait entraîné la démission du directeur du ballet du Bolchoï Guennadi Ianine.

«À l'époque Tsiskaridzé luttait ouvertement pour le poste du directeur artistique», auquel prétendait Guennadi Ianine, et qui a été finalement attribué à Sergueï Filine en mars 2011, a souligné M. Iksanov.

Selon lui, «la signature est exactement la même» dans les problèmes rencontrés par Sergueï Filine ces dernières semaines, comme le piratage de son compte Facebook, avant l'agression à l'acide dont il a été victime le 17 janvier.

«Je n'ai qu'un sentiment: tout ce qui s'est passé est le résultat logique de l'atmosphère délétère qui a été créée en premier lieu par Nikolaï Tsiskaridzé», a conclu M. Iksanov.

«Traîner dans la boue les collaborateurs du théâtre, se livrer à des intrigues en étant sûr de son impunité: voilà ce qui a rendu possible la tragédie», a-t-il ajouté.

Tsiskaridzé, 39 ans, qui danse depuis plus de 20 ans au Bolchoï et dont le conflit est notoire avec la direction, a répondu dans le même média.

«Sur la base de quoi le directeur général a-t-il fait une déclaration sur mon implication dans ce crime? (...) Pourquoi fallait-il prononcer mon nom à l'occasion de cet incident terrible? En me visant, il jette une ombre sur le théâtre», a lancé le danseur.

Le danseur, dont la rivalité avec Sergueï Filine était connue, avait été interrogé en tant que témoin dans le cadre de l'enquête sur l'attaque à l'acide du 17 janvier contre le directeur artistique du Bolchoï.

Aspergé d'acide par un inconnu et grièvement brûlé au visage et aux yeux, Sergueï Filine, a été transféré au début de la semaine en Allemagne pour poursuivre des soins.

Dès le début, il a lié l'attaque à son activité professionnelle, la piste privilégiée aussi par les enquêteurs.

Dans une interview à la télévision russe dimanche, il a dit être «absolument certain» de savoir qui était derrière l'agression.

Aucun suspect n'a cependant été officiellement désigné.

Rivalités féroces, luttes pour les rôles et les promotions, campagnes compromettantes: l'attaque au vitriol a attiré l'attention sur les coulisses du premier théâtre russe.

Dans l'interview à Snob, M. Iksanov a raconté subir des pressions tous azimuts.

De la part d'artistes «ambitieux» comme Nikolaï Tsiskaridzé «habitué à être une star et qui ne peut pas supporter sa chute», mais aussi «des amis de hauts fonctionnaires auxquels il faut un poste dirigeant dans le théâtre» ou encore «les épouses de gens influents qui invitent des artistes à leurs réceptions», a raconté le directeur du Bolchoï.

Voire de la part de «membres du gouvernement ou de l'administration présidentielle, qui ont leurs priorités spécifiques», a-t-il ajouté.

«De nouveaux responsables sont apparus au sein de gouvernement qui veulent diriger le Bolchoï via leurs protégés ici. La tension ne cessait de monter depuis mai» dans cette institution au budget annuel de plus de 90 millions d'euros, a raconté M. Iksanov.

Dans une récente interview à la télévision Dojd, Nikolaï Tsiskaridzé, qui ne cache pas son ambition de devenir le directeur du Bolchoï, avait confié connaître beaucoup de personnalités «du monde des affaires et de la politique».

La journaliste l'interrogeait sur ses relations présumées avec Sergueï Tchemezov, influent patron de l'agence russe chargée de la vente d'armes.

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