Une Pussy Riot dénonce un système pénitentiaire qui forme des «esclaves»

Dans un entretien avec une journaliste du journal... (IMAGE NOVAÏA GAZETA/AP)

Agrandir

Dans un entretien avec une journaliste du journal d'opposition Novaïa Gazeta, Maria Alekhina, 24 ans, dénonce «des violations des droits de l'homme omniprésentes» dans la colonie n° 28, près de Perm, en Oural, où elle est détenue depuis fin octobre.

IMAGE NOVAÏA GAZETA/AP

Partager

Agence France-Presse
Moscou

L'une des deux jeunes membres du groupe russe Pussy Riot condamnées à deux ans de camp s'insurge contre les conditions de détention et la «mentalité d'esclaves» qui domine en détention, dans un entretien publié mercredi.

Dans un entretien avec une journaliste du journal d'opposition Novaïa Gazeta, Maria Alekhina, 24 ans, dénonce «des violations des droits de l'homme omniprésentes» dans la colonie n° 28, près de Perm, en Oural (1400 km à l'est de Moscou), où elle est détenue depuis fin octobre.

«La chose la plus dure est de réaliser comment marche ce système, comment il forme une mentalité d'esclave chez les gens et comment ils s'y résignent», a déclaré Maria Alekhina.

«Ignorance, lâcheté, trahison, dénonciations sont une règle de conduite», dit-elle.

«Les droits de l'homme y sont violés partout : pour les conditions de vie, le niveau de salaire, l'attitude des employés envers les détenus ordinaires (pas envers moi) qu'ils tutoient le plus souvent», a dit la jeune femme.

«Normalement, les détenues ne se plaignent pas ici», a-t-elle constaté.

«Mais je tiendrai le coup, rien ne m'arrivera. S'il y a des pressions sur moi, j'entamerai une grève de la faim et on me mettra dans une cellule de punition, ce n'est pas grave», a assuré la jeune femme, isolée depuis novembre dans une cellule après un conflit avec des co-détenues.

L'autre membre emprisonnée des Pussy Riot, Nadejda Tolokonnikova, 23 ans, détenue dans un autre camp en Mordovie (500 km à l'est de Moscou), se plaint moins, de son côté.

«Je suis une ascète», explique à la journaliste de Novaïa Gazeta cette ancienne étudiante en philosophie, qui passe désormais ses journées à coudre des blousons pour l'armée.

«Je ne regrette pas, comment peut-on le regretter?», répond-elle, interrogée sur les conséquences de sa participation à l'action des Pussy Riot qui lui a valu sa condamnation.

Trois membres des Pussy Riot ont été condamnées en août à deux ans de camp pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse» après avoir chanté dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou une «prière punk» demandant à la Sainte Vierge de chasser du pouvoir le président russe Vladimir Poutine.

La troisième, Ekaterina Samoutsevitch, a bénéficié d'une libération anticipée en octobre.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1607523:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer