Crise à l'UMP: le «sage» Sarkozy entre devoir de réserve et nécessité d'agir

L'ex-président français Nicolas Sarkozy tente en coulisse de... (PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS)

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L'ex-président français Nicolas Sarkozy tente en coulisse de mettre un terme à la crise qui secoue l'UMP depuis l'élection controversée visant à lui trouver un succeseur à la tête du parti.

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Nadège Puljak
Agence France-Presse
Paris

Nicolas Sarkozy, quasi-silencieux depuis sa défaite face à François Hollande, se retrouve aujourd'hui au front pour tenter de ramener le calme dans la première formation de l'opposition, l'UMP, avec cependant l'obligation de le faire dans la discrétion.

Selon plusieurs de ses amis, l'ancien président est «excédé» par la lutte fratricide entre Jean-François Copé et François Fillon pour la présidence de l'UMP et «le spectacle de dévastation» qui en résulte.

Comme tous les anciens présidents, il est membre de droit du Conseil constitutionnel, mais tenu à un devoir de réserve. Selon une ordonnance de 1959, ses neuf «sages» doivent «s'abstenir de tout ce qui pourrait compromettre l'indépendance et la dignité de leurs fonctions».

S'engager ouvertement dans la bataille de l'UMP serait considéré comme un manquement à l'indépendance du Conseil. En allusion à ses multiples interventions en coulisse, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol lui a d'ailleurs demandé mardi de démissionner du Conseil constitutionnel.

En tant que «sage», Nicolas Sarkozy a «le droit de déjeuner» avec son ancien premier ministre, et «pour l'instant, on ne lui prête que des propos rapportés», remarque Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel. «Mais si cela devenait public, je serais contraint de le rappeler à l'ordre».

De ses bureaux installés non loin de l'Élysée, l'ancien chef de l'État ne sort que pour donner des conférences privées à travers le monde : New York, le Brésil, Shanghai... À part un communiqué cet été sur la Syrie, pour regretter l'absence d'aide internationale, M. Sarkozy, 57 ans, semblait s'en tenir à sa promesse de campagne : «Si je perds, vous n'entendrez plus jamais parler de moi».

Une voie étroite

De facto, c'est tout l'inverse depuis quelques jours. «Sarkozy, reviens! Ils sont devenus fous», titre en Une l'hebdomadaire Valeurs actuelles (droite), en kiosque jeudi. Même son ex-chef de la diplomatie, Alain Juppé, qui pensait que M. Sarkozy «devait un peu se protéger de ces querelles partisanes», a jugé qu'il était «le seul aujourd'hui à avoir l'autorité suffisante pour proposer éventuellement une sortie» de crise.

Les faits les plus récents dans la guerre Copé-Fillon semblent toutefois contredire cette assertion.

Depuis lundi, le ciel s'est encore assombri. «Copéistes» et «fillonistes» se regardent en chiens de faïence, personne ne voulant céder le premier. La situation paraissait totalement bloquée mercredi, après une petite éclaircie mardi basée sur l'idée d'un référendum sur une nouvelle élection, à l'initiative, dit-on, de Nicolas Sarkozy.

Ces derniers jours, l'ancien président s'est beaucoup activé en coulisse pour jouer les faiseurs de paix, téléphonant aux uns, aux autres, recevant à déjeuner M. Fillon, obtenant de ce dernier qu'il rencontre son rival... Peine perdue!

Alors qu'il continue d'entretenir sciemment l'équivoque sur son éventuel retour en politique, Nicolas Sarkozy dispose d'une voie étroite. Le 6 mai au soir, le président vaincu, jugeant que sa défaite était loin d'être «humiliante», avait pris soin de ne pas injurier l'avenir en ne fermant pas la porte à tout retour à la vie politique.

Pour préserver ses chances, il avait intérêt à voir l'élection de son successeur le 18 novembre à la tête de l'UMP se jouer dans un mouchoir. Ce poste de président de l'UMP est en effet considéré comme un sérieux tremplin dans la perspective de la prochaine présidentielle de 2017.

Dans le même temps, un effondrement de l'UMP, via une scission, ne serait pas non plus à son avantage.

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