La Grèce érige une barrière anti-migrants face à la Turquie

Le chantier prévoit une double rangée de barbelés... (Photo AFP)

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Le chantier prévoit une double rangée de barbelés de 2,5 mètres de haut surmontée de 25 caméras thermiques.

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Agence France-Presse
Athènes, Grèce

La Grèce a commencé lundi la construction d'une clôture censée barrer la route aux migrants irréguliers sur une portion de sa frontière terrestre avec la Turquie, devenu l'une des principales portes d'entrée clandestine en Europe, a indiqué le ministère de la Protection du citoyen.

«Il s'agit d'un ouvrage à valeur pratique et symbolique (...) pour décourager la migration clandestine et envoyer le message que l'on ne rentre pas en Grèce comme dans un moulin», a déclaré lors d'une visite sur place le ministre Christos Papoutsis, cité par l'agence de presse grecque Ana (semi-officielle).

Le ministre s'est prévalu d'une «coopération gréco-turque» sur cet ouvrage, alors que l'UE reproche aux autorités turques de fermer les yeux sur le trafic de migrants à leurs frontières.

Réclamée en particulier par la France, en dépit des réticences de la Commission européenne qui l'estime inefficace, la barrière barbelée doit courir sur quelque 10,3 kilomètres, dans la portion de la frontière où le fleuve Evros, qui constitue ailleurs un obstacle naturel, entre en territoire turc.

Le chantier, annoncé depuis des mois et chiffré à 5,498 millions d'euros (7,17 millions de dollars) prévoit une double rangée de barbelés de 2,5 mètres de haut surmontée de 25 caméras thermiques.

En 2011, quelque 55 000 arrestations de migrants ont été enregistrées dans la zone, en augmentation de 16,77% par rapport à 2010, selon le ministère. À un rythme moyen de 300 par jour, ces arrivées clandestines ont représenté l'an dernier le tiers des entrées irrégulières recensées dans l'UE, selon l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex.

Les ONG de défense des migrants ainsi que le haut-commissariat aux réfugiés de l'ONU ont exprimé leurs réserves face à un verrouillage menaçant de refoulement les candidats à l'asile politique, et rendant le passage plus dangereux.

Depuis le début de l'année, une Africaine et un Palestinien sont morts, et six personnes, dont une fillette afghane, ont été portés disparus en tentant de franchir le fleuve Evros.

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